Les origines du cheptel…

Vous êtes conviés le samedi 6 avril 2002 à 20 h

À un tournoi de soule qui aura lieu sur le champ de foire du Louis II (anciennement appelé durant les temps glorieux Stade Louis II).
Ce tournoi opposera la légion mercenaire méditerranéenne de la Maison de Monaco à la légion teutonne des marches des frontières de l’est de Metz.
Une grande nouveauté pour ce tournoi : les traditionnels cloportes seront remplacés par des bœufs, afin de faciliter la vision et de sauver ce qui peut l’être encore.
Le public est convié à assister à ce tournoi et à s’exprimer à l’aide des sifflets pour ceux qui savent ou à l’aide du fameux haka monégasque « BBBBOOOOOUUUUUUUUUU »
Ces troupeaux étant de piètre qualité et afin de réveiller les gents damoiseaux présents, le tournoi sera suivi d’agapes dont le programme reste à définir.

Quelques précisions :

  • Sur le jeu de soule

Ce jeu se joue avec une vessie de porc métallisée que l’on doit essayer de faire pénétrer, à l’aide des membres postérieurs, dans un rectangle vertical de 7,23 sur 2,44 nommé « but ». Ceci paraît a priori facile, mais dépend de la qualité des belligérants. En effet chaque légion se compose de 11 bœufs mercenaires que l’on appelle « joueurs » chargés de faire progresser la vessie vers le but adverse et de la faire pénétrer dans ce but. La station debout est pénible pour ces animaux ; frapper dans la vessie avec les membres postérieurs devient un exercice quasi impossible pour certains animaux qui arrivent même à se faire mal tous seuls. La qualité du cheptel est primordiale dans cet exercice qui peut, s’il est bien pratiqué, porter les spectateurs au septième ciel, voire au nirvana cosmique ou à l’orgasme incontrôlé.

En réalité, actuellement, les « joueurs » du Mare Nostrum ont plus l’air de regarder passer les carrosses que de jouer, et le déroulement d’un tournoi ressemble plus à une cacophonie babylonienne bovine ou à une séance d’hypnose collective qu’à un jeu réfléchi.

Trois pantins humanoïdes, primitivement habillés en noir, sont chargés du bon déroulement du tournoi et de l’application stricte des règles de chevalerie. En réalité, ces « arbitres » semblent être encore plus mercenaires que les 22 autres bovidés, et sont souvent en état d’ébriété avancée qui leur porte souvent sur leur acuité visuelle (exemple tournoi du Languedoc).

Un chargé d’élevage, choisi par le Présidentus Omnipotens, est chargé de la préparation des bêtes, aidé de sbires, apothicaires et autres cultivateurs. L’actuel chargé d’élevage principalien, nommé Didirius Despratus, nouvellement arrivé de sa campagne piémontaise, a failli à sa charge : choix de bestiaux exténués par 20 ans de charrue, bêtes d’origine non définie, affublées d’un pedigree falsifié, d’autres confondant luzerne et téquila, ou se parquant elles-mêmes dans un cercle dont elles ne trouvent pas la sortie.

  • Sur le troupeau principalien :

Origine des bœufs

Porato : Chargé de protéger le « but », c’est le seul animal qui peut toucher la vessie avec ses membres antérieurs. Originaire de Lutèce, il remplace un transalpin. Souvent « bouc » émissaire pour certains, et considéré comme responsable de défaites. Remplaçant devenu titulaire parce que le titulaire est en stage d’infirmerie.

Cubilier : De race Aiglonne, apprend auprès de vieilles carnes le b.a.ba du métier

Marquez : Aussi appelé Merguez, d’origine mexicaine des troupeaux de Pedro Domeq, confond luzerne et téquila ; confonds les couleurs ce qui dernièrement le perturbe dans sa tâche. Victime souvent de « malatia diplomaticus » qui lui permet de se réserver. À vide et regonflé, il reste cependant un élément indispensable de l’attelage

Pierre Fanfan : Appelé Peter GroupieGroupie, victime d’une blessure mal détectée par les services vétérinaires qui ont confondu triple fracture aponévrosienne et engelure du tube stomacal, il ne peut être jugé cet an de grâce

Givet : Élevage local. Une des rares satisfactions de l’année.

Domoraud : Origine italo-phocéenne, la pire de toutes. Tout a été humanitairement fait. Incapable d’assumer les moindres tâches. Valeur marchande nulle. N’amortis ni la vessie ni son salaire.

Nyarko : venu par erreur, échappé d’un pâturage de la Perfide Albion, confond soule et base-boule. Ne quitte jamais sa base symbolisée par un cercle au milieu du champ de foire dont il cherche toujours l’issue. Peut-être devrait-on demander aux services horticoles de ne pas fermer le cercle lors du traçage.

Farnerud : Origine viking. Année famélique. Semble se réserver pour le tournoi mondial de soule.

Gallardo : Origine élevage fameux « Millionarios » du Rio de la Plata. À perdu de sa superbe. Mal soutenu, a du mal à éviter les banderilles et ne comprend pas le langage ghanéen (qui lui ne comprend pas la langue de Gardel). Ne peut tenir la ferme à lui tout seul. Gros risques de changement de pâturage.

Jugovic : Origine Elevage de Peille/Carpathes. À besoin de 1 mois de repos après chaque tournoi. S’il a besoin de vessie, c’est d’une vessie d’oxygène qu’il s’agit.

Camara : Origine élevage principalien déplacé. Jeune taureau fougueux, mais un peu brouillon. Doit s’aguerrir

Nonda : Le veau d’or ! Sensé remplacer Trezegold, acheté à prix d’or, n’a toujours pas justifié la cassette d’or remise aux Celtes de Rennes.

Bierhof : Le Panzer élevage wisigoth. Problème de langue (de bœuf !) avec Nonda et les autres qui n’y touchent rien en Teuton (j’ai bien dit teUton). N’a toujours pas compris la loi dite du « hors-jeu ». Est venu uniquement à Fontvieille pour rejoindre sa sœur (et pour son salaire qui lui permet de transformer son brouet en hydromel royal)

Giuly : Élevage charollais. Victime du croche-patte d’un mulet. Le brave peuple principalien attend son retour.

Rothen : Élevage champenois. Devrait être utile l’an de grâce 2003

Eloi : Elevage Iles du Pacifique. Ne réagis qu’au son du ukulélé. Confonds champ de foire et piste de menuet. On doit acheter son départ.

Suit un troupeau de chèvres, béliers, mulets, d’origines diverses (Outre-Quiévrin, Gitane, …), ne présentant que peu d’internet.

  • Sur l’environnement

Habitués à des passés glorieux, les sujets de Sa Majesté ont du mal à comprendre comment on a pu tomber si bas ; certains se remémorent même les temps préhistoriques kovackiens où les bœufs de race danoise avaient mis un pastrouillis pas possible dans l’étable, allant même à se taper sur la truffe dans les déshabilloirs communautaires. Ces temps semblaient révolus, mais hélas ils ont hanté à nouveau les coursives du célèbre Louis II.
L’éviction de la race transalpine n’a pas éradiqué le mal. Priés d’aller voir dans les pâturages italiques si l’herbe bouliche poussait bien, les deux paillassi avaient déjà trop gangréné le troupeau. Albatorus est allé rejoindre son chargé d’élevage préféré dans la fosse colyséenne, tandis que Marcus Hibernatus Detritus s’est vu confier une tâche honorifique de lustreur de strapontins dans les terres lombardes.

Les bardes spécialistes fort éminents se sont penchés sur le mal afin d’en déterminer l’origine.
Certains se sont demandé si le mal n’était pas d’origine philosophique existentialiste et si une méthode siniestre (rappelons-nous que Marx n’est pas encore né) ne devrait-elle pas être appliquée dans les étables « Ton foin est le mien, mon foin n’est pas le tien ». Difficile d’appliquer à des bœufs habitués à se déplacer en carrosses teutons ou italiques surbaissés ! C’est la théorie « Mimonelovitch », du nom de son auteur.
D’autres ont rendu responsables les services horticoles. Le champ de foire servant à la préparation du troupeau serait en mauvais état et entraînerait des lésions graves des articulations du jarret ou du sabot. Rien aujourd’hui n’a filtré au sujet des services horticoles du champ de foire.
Ces blessures seraient de plus très mal détectées et soignées par les services vétérinaires. Leur compétence a été gravement mise en cause, les bêtes blessées ressortant plus gravement atteintes de ses services. Beaucoup d’animaux se sont blessés lors de tournois précédents et l’incapacité des services vétérinaires à remettre sur leurs pattes les bêtes à cornes amochées a entraîné une carence totale dans la production de « jeu » ; on a même envisagé l’abattage pur et simple d’une partie du cheptel. Aux dernières nouvelles colporté par les « Ménestrels du Chat Puant Forumique », organisme de renseignement hautement qualifié, le service vétérinaire en entier serait remplacé par des apothicaires transalpins qui viendraient, armées de seringues et d’ampoules, appliquer leurs potions magiques au cheptel princier. Chargés précédemment du troupeau « Vecchia Signora », ils agiraient sous les conseils de Richard Cœur de Virenk et de Marcus Pantanicus.

D’autres, très nombreux, ont mis en cause les compétences du Chargé d’Élevage. Celui-ci est en effet un débutant en la matière ; il était encore l’année précédente un bœuf lui-même et a ainsi commis un nombre incalculable d’erreurs : a confondu la carte d’identité de Jugovic avec celle de Lacombe, fixé Nyarko dans son pâturage central, n’a pas réussi à expliquer à Domoraud que marquer un « but » c’est bien, surtout si c’est dans la cage adverse ! etc… La liste est très longue et son visage après le tournoi contre les Atlantiques était pitoyable et m’aurait arraché un pleur si ce n’était que, lui aussi, reçoit sa pitance en fin de mois !

Enfin,  » the last but not the least  » comme dirait Henri VIII ou Anne Boleyn tant qu’elle pouvait parler, le Présidentius Omnipotens. Certains ont critiqué sa faculté (gag) à faire les bons choix dans la constitution du troupeau, d’autres ont mis en cause sa qualité vestimentaire, en particulier ses langes d’origine animale des lointaines terres australes, sa corpulence mal contenue dans les fameuses langes. D’autres lui ont découvert des talents de magicien manipulateur, en particulier dans le maniement des sesterces ou écus(n’oublions pas que le franc a disparu), et auraient inventé la prestidigitation avant le Grand Houdin. D’autres, après avoir fouillé profondément dans les arcanes comptables de la ferme, se sont penchés sur le type de fermage, ont révélé au grand jour un vaste trafic de caissettes dites « caissettes VHS (Vaches historiquement sodomisées) » qui aurait eu lieu et dont l’enquête n’est pas encore terminée. Il serait le grand responsable de la débâcle et de la guerre de Cent Ans. Exténué par le spectacle affligeant du dernier tournoi, le bon peuple principalien a demandé son départ avec force calicots et bâches déployées.

D’autres enfin ont mis en cause divers éléments, comme le chien du concierge du champ de foire, les bougies servant à l’éclairage, les sbires palatins empêchant toute manifestation d’allégresse ou de dépit, le cours du dollar Cheyenne (les USA ne sont pas encore colonisés), le manque de populasse, etc..

Des solutions ont été proposées. La liste est longue, je citerai le remplacement massif de bêtes du troupeau, du chargé d’élevage, du Presidentius Omnipotens, des différents services fermiers, du chien du concierge… Certains ont proposé de mettre leur bétaillère à la disposition de la troupe, afin de tout jeter dans le port d’Hercule. D’autres implorent Sainte Dévote, Notre-Dame-de-Laghet, Saint-Jacques-de-Compostelle ; d’autres proposent de dresser un pilori en Place d’Armes et d’organiser un immense bûcher.

La liste des problèmes et solutions a été soumise aux Membres très influents de la Divine Assemblée des Mousquetaires du Prince qui doit statuer en son âme et conscience et dont le jugement papal, urbi et orbi, ne souffre aucune discussion ou remise en cause (si vous avez des PV à faire sauter c’est le moment de les refiler !). De plus amples détails peuvent être rajoutés à ce moratoire.

Fais en l’étude du Château de Gorbio ce 24 mars 2002