La fin d’un mythe

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Mesdames, messieurs. C’est sur ce thon solennel et à l’huile que j’ai l’honneur de vous annoncer, non sans tristesse et sanglots dans la voix, que notre ennemi intime numéro un, le Cardinal de C., a déposé le géranium lundi, dans la soirée.

Il s’en est allé, en toute discrétion, tournant une page d’histoire des plus cornée
Il s’en est allé, sans chproumer, sans faire du pet, sans scandaliser ;
Il s’en est allé, celui qui nous a appris à gagner, appris à rêver ;
Il s’en est allé, l’empereur des vérités contre formulées ;
Il s’en est allé, il a discrètement démissionné ;
Il s’en est allé, il s’en est allé… Quelqu’un va se mettre à pleurer ?

Notre cher Cardinal a donc mis les adjas, bien entendu sans faire son m’éencule pas quant aux dernières saisons catastrophiques du club, restant sur la sensation d’avoir participer au sauvetage du club, en mettant sous cloche le fait que c’est lui le seul responsable de la grande bloblote qui a secoué les supporters monégasques durant le mois de Juin. Ce départ, longtemps repoussé aux calendriers grecs depuis plusieurs années, est enfin arrivé ! Oh joie, oh allégresse, allons nous taper la cloche de milles feuilles et d’abricots aguichants, le tout arrosé de limoncello bien frais !
Le Camp aux Rats a donc fermé ses portes, sans gargarisme et en tenant (enfin) une promesse, à savoir de partir une fois que l’ASM se sera plus empéguée, une fois que l’épée de Damoclès DNCG sera moins pesante. C’est fait : bye-bye au revoir et ciao Pantin !!!

Bon, là, je pette, je gaze, je joue le mal. Et ce n’est pas très réglo…
Parce que si on en est arrivé à raller et à pleurer biscotte le club se casse la gueule, c’est justement parce que le club avait atteint un certain standing, pour pas dire un standing certain, avec l’apogée sûrement en 97 quand le club, futur champion de France, était aussi cité parmi les favoris de la coupe d’Europe de l’UEFA, chose dont peu de clubs français peuvent se targuer. Et en tant qu’omnipotent président, il a une part de responsabilité dans cette ascension irrésistible vers le firmament franco-européen.
Malheureusement, la suite fut plus triste, le porte-lasagne et les Eurodollars prenant le pas sur le bon sens sportif. Et devant une telle déchéance, on ne peut que s’interroger : il a sacrément dû se baffrer le Cardinal sur ces transactions-là… Mais bon, on n’est pas là pour gazer on a dit plus haut, même si l’on cherche encore une partie du transfert d’Anderson, selon les rumeurs colportées par ma décacheuteuse de courrier à moustache qui l’avait entendu de son délayeur de gomina amateur de bouliche cendrée dont le beau fils était serveur à la Bodega…
Certes il a fait des erreurs, comme tout le monde, et on peut dire qu’il a même fait de belles boulettes mémorables, et ce depuis toujours ! Pour preuve, il n’a pas voulu prolonger le contrat de Delio Onnis, prétextant qu’il était trop vieux et sur le déclin… Delio a ensuite enchaîné deux saisons à plus de trente buts par matchs avec Tours, et raflé une troisième fois le titre de meilleur buteur avec Toulon en 84… pas mal pour un soi-disant papy. De ses belles boulettes, c’est peut-être la première… d’une longue série. L’explosion des groupes de 97 et 2000, l’acquisition de stassi chère et inutile, il est difficile de tout relever…

Mais comme il est plus facile de se tromper que d’avoir raison, on va arrêter là les frais, et revenir à nos moutons, à savoir la part de responsabilité du Cardinal dans la place de « club le plus régulier depuis un demi-siècle » officiellement attribué par le site Internet Maxifoot.
Car notre Cardinal, s’il a fait des erreurs pendant 28 ans de règne, il a aussi montré qu’il était loin d’être une baltringue complètement à la masse ou un cataplasme bon pour le 54…
S’il a fait des erreurs, il est aussi un peu responsable des grands moments de joie, des évènements fantasmorgasmiques qui ont jalonné l’histoire du club pendant les 28 ans de son règne. En vrac : 5 fois Champion en 77/78, 81/82, 87/88, 96/97 et 99/2000, 1 coupe de la Ligue en 2003, 3 coupes de France en 79/80, 84/85 et 90/91, 4 fois vice champion en 83/84, 90/91, 91/92 et 2003, et Vice-Champion d’Europe en 91/92, avec des qualifications Européennes quasiment tous les ans, doublé du second plus grand nombre de matchs en coupe d’Europe disputés en France (derrière Bordeaux)… Un palmarès éloquent auquel viendra se greffer une aura naturelle.
C’est lui qui à imposer sa patte au sein de la Ligue nationale et de la Fédération française, où il était presque un pilier, forçant le respect de nombre de « gros » présidents de clubs, comme Gervais Martel qui disait de lui « quand il parle, on se tait… »
C’est lui qui a arraché des griffes du PSG un certain Glenn Hoddle, qui a recruté Gallardo, Anderson, Ikpeba (meilleur buteur rouge et blanc au Stade Louis 2), Barthez, Rothen,
c’est lui qui a fait venir (ou revenir) de très grands techniciens à la tête de l’équipe, Leduc, Wenger, Tigana,
c’est lui, un des premiers en France, à avoir compris l’importance d’un vrai centre de formation et qui a basé une partie de la politique du club là-dessus, avec de superbes réussites comme Amoros, Petit, Thuram, Henry, Trezeguet…
Arrêtons tout !
Aucun président de club en France ne peut se targuer d’un tel palmarès, d’une telle longévité, d’une telle « puissance »…
Il s’en est allé, et même s’il devait partir au vu des dernières saisons catastrophiques et de la tonne de mauvais choix, de mauvais paris qu’il a faits et ratés, il va laisser un vide immense, et ce même si son successeur fait du 175 Y de tour de poitrine…

Au revoir Cardinal, tu nous manqueras…

Et nous, pauvres mousquetaires ???

Nous sommes à présent désœuvrés, on risque de sérieusement se peler le haricot… Avec un Cardinal démissionnaire, un DD dont la cote remonte en flèche, un Simone qui ne pointe plus son piège à macaroni depuis des mois, que faire ?

Plus d’ennemi à combattre, plus de champs de batailles, plus rien…

Arf, mais si, parait qu’il y a une belle belette du côté de Marseille…