L’origine du football

C’est un cas de divorce, une occasion pour faire la fête, un moyen de vibrer, un moyen de sortir du marasme du quotidien, une raison pour passer du temps avec sa progéniture avant que celui-ci aille courir la gueuse en boite, il fascine, il passionne, il bande, il tue, il blesse, il vénère, il énerve, il adule, il magouille, il enrichit. Le football, c’est tout cela, et bien plus encore. Mais ce sport qui ne laisse pas indifférent, d’où vient-il exactement ?

Les origines du football sont plutôt floues, ce qui est normal, vu que les premières bases légales proviennent d’Angleterre, la patrie du cochon bouilli sauce à la menthe, du fog, des pubs… et donc du football ! (voir un petit peu plus loin que quelques lignes plus bas pour le détail)
C’est d’autant plus flou que certaines formes de football apparaissent un peu partout dans le monde, et ce dès l’antiquité et il est difficile d’en tirer une origine exaquette…
Était-ce ce jeu de balle très pratiqué par les Aztèques ?
Serait-il scandinave ? La légende des fils de Thor (tue) raconte que des vikings ont célébré pendant des années une victoire face à une autre tribu en se faisant passer avec les pieds la tête d’un vaincu à corne
Ou est ce cette forme primitive de jeu mentionnée dans un texte militaire chinois du 4e siècle avec J.C. (V.D.) ?
Peut être que les Anglais ont leur mot à dire, vu qu’un document exclusif de Goscinny et Uderzo présente les Bretons en train de jouer à une forme de jeu de balle rustique peu avant l’invasion romaine. Et déjà à cette époque, ils ont dû recourir à la main d’œuvre gauloise pour gagner le match…
Les Grecs aussi ne sont pas en reste, vu qu’Homère (oui, l’ancêtre grec de la famille Simpson) en parle dans l’Odyssée (Champs Huitième pour l’esthète qui lit cela sur les gogues en guise de pousse après manger)…
Mais je vois de là se lever les fiers Italiens, revendiquant haut et fort l’Harpastum (en latin dans le texte : Balle à jouer), qui est l’ancêtre plus ou moins directe du seault (Soleil en celtique), jeu organisé par les druides de villages afin de favoriser la pousse du gui (le soleil, c’est comme Alain Delon, il est de symbole fertilité chez certaines tribus), qui deviendra quelques siècles plus tard, en bon franchouillard des cavernes, la Soule. L’hérédité, le lien direct entre l’Harpastum et la Soule est assez facile à faire même pour le mécréant inculte en histoire.
En effet, tu n’es pas sans savoir que la Rome antique était célèbre pour ses nombreuses conquêtes et son immense territoire (mais seul un petit village d’Armorique résiste encore et toujours à l’envahisseur), conquêtes réalisées afin de développer leur culture, culture comprenant au fond d’un carton cet Harpastum qui sera apporté jusqu’aux Bretons et autres celtes barbares buveurs de cervoise tiède et de nuage de lait dans de l’eau chaude (le thé ne sera rapporté des Indes que plus tard) qui en feront la Soule.

Qu’est-ce que la Soule au juste ?
Primo, ce n’est pas le genre de musique popularisé par Barry White. Ce n’est pas non plus une façon de finir une soirée après avoir éclusé les bars et autres caves à vin de ton quartier. Ce n’est enfin pas l’abréviation de ton livre de chevet, le Kama Souldrap…
Non, la Soule, c’est un jeu bien moyenâgeux, pouvant selon les coins de France et de Navarre (hein ? D’agneau !) s’appeler aussi choule, savate ou melle, et qui consiste à aller déposer une balle, pouvant être une boule de bois ou une vessie de porc remplie de son ou d’air, dans un lieu défini à l’avance, un talus, une place, le parvis d’une église, la cabane au fond du jardin…
Deux camps d’environ 100 personnes (le nombre est illimité) s’affrontent et se disputent la victoire. Il n’existe pas encore de règles de jeu, et tout était permis tant que ça permettait de faire progresser la balle. Bourre pif, claque à 5 doigts, coup de boule, wasato tatane, et même coup de canne pour les plus vieux, les parties de soule finissent toujours en grandes mêlées violentes et décadentes.

Au vu du manque de fair-play des participants, ces parties seront surtout pratiquées par le monde rural ou pauvre des villes, la noblesse et le clergé le répugnant. Et en raison des dégâts et des désordres causés par ces parties, sans parler du grand nombre de morts et de blessés, la Soule fut interdite, avec peine d’emprisonnement longue et sévère (instauré sous la régence du Baron Nicolas de Ronsard Cauzy)…
Même si l’origine est floue, on se rend vite compte que football rime avec guerre, violence, brutalité… De là à dire que cela ne change guère de notre époque moderne, il y a un pas que je ne franchirai pas…
Ces interdictions furent nombreuses en Europe, mais sans grand succès d’ailleurs, car de nombreux dérivés apparaissent très vite, la légende est en marche…

En effet, un jeu pratiqué en Bretagne supérieure (qui a entre temps découvert quelques herbes à mettre dans son eau chaude) ressemble fort à la soule, il porte le nom de « Hurling the goal », « Knappan » ou « Foethball ».
Nos amis ritals ne sont pas en reste, et quelques siècles avant Garibaldi, Guiseppe Meazza et Enzo Ferrari, ils mirent en place el « Giuco del calcio » (enfanté au 16e siècle après Jean Claude). Si je me permets de citer les Italiens, c’est qu’ils introduisent (avec de la vaseline bien sûr) diverses notions, comme la dimension du terrain, et celle de but…
Remonté on ne sait trop comment jusqu’aux oreilles des Anglais (on soupçonne un marchand de thé de l’avoir coincé entre deux plats de pâtes), il devint « Dribbling Goal » et fut même admis comme sport scolaire, alors que quelques trois cents ans avant, sa royale prestance, the Queen Edward II (lire, Edouuuarde hihi) avait proclamé que tout citoyen Anglais jouant à la baballe serait emprisonné…
En 1823, au Collège de Rugby, un pauvre malheureux plutôt gauche avec ses pieds, dont la vie n’était pas un long fleuve tranquille (tasse de thé, tasse de thé, dépucelage raté, tasse de thé), prit le ballon avec ses mains et s’enfuit claquer un but ! Le but fut refusé, mais l’histoire retiendra que ce William Webb Ellis venait d’inventer le Rugby, et par la même l’appellation « football », puisqu’il fallait le distinguer des hérétiques qui jouaient avec les mains… Ironie de l’histoire, Maradona se verra accorder un but de la main un siècle et demi plus tard… face aux Anglais !
En 1848, l’université de Cambridge tente d’instaurer ses propres règles, entre deux pintes de bière. Le but premier était que les élèves des publics-schools puissent s’affronter autrement qu’en se tapant dessus à coup de théière et autre sous tasses…
En 1863, le 26 octobre plus exaquettement, toujours dans la patrie de ce bon vieux Shakespeare, fut créé la « Football Association » (F.A. toujours en place de nos jours d’ailleurs), qui, pompant honteusement les règles édictées par Cambridge, va établir les règles de base du football que l’on pourrait qualifier de moderne.
Ils mirent 8 ans à décuver et en 1871 fut lancé la première compétition officielle : La coupe d’Angleterre, cette fameuse Cup qui fait encore frémir de nos jours les descendants de la perfide Albion. L’histoire retiendra que ce sont les Londoniens des Wanderers qui s’imposèrent 1 à 0 face aux Royal Engineers. À peine plus tard, la rencontre Écosse – Angleterre sera le premier match international d’un sport dont la popularité est grandissante.
En 1884 arrivèrent les premiers joueurs professionnels, sous l’égide de riches industriels qui admirent difficilement qu’ils payaient leurs joueurs, qui était accessoirement leurs mains d’œuvre, afin que ceux-ci profitent à bon escient des avantages bassement lâchés par les politiques sûrement corrompues qui voulaient la mort des patrons : le samedi de libre et une baisse substantielle du temps de travail…
En 1888, un beau bébé vu le jour. Il s’appelait championnat d’Angleterre et Preston (dont le proprio fut un des premiers à avouer qu’il payait ses joueurs) en deviendra le premier champion.
Les entreprises se mirent plus tard à financer des clubs et aussi les premiers stades (exemple du West Ham United en Angleterre) au début du 19e (environ 70 000 places).
La société venait de mettre les doigts dans un terrible engrenage qui un siècle après lui a tout pris… même la raison !

Et ailleurs alors ?
Ben le concept fit son petit bonhomme (de Michelin) de chemin, et le culte du ballon rond s’exporta en Europe, puis en Amérique latine, puis dans le reste du monde grâce aux nombreuses colonies que possédait l’Angleterre.
Et derrière les tout premiers clubs européens, il y avait souvent pas loin de là un anglais friqué et / ou passionné venu en gentleman exporter son savoir et sa babale de cuir, ou une entreprise s’inspirant de la réussite des entreprises anglaises. Ainsi naquirent la Juventus de Turin, le Real Madrid et Fluminese au Brésil, ou Le Havre en France, dont le maillot bleu clair et foncé s’inspire des couleurs des universités d’Oxford et de Cambridge, tandis qu’en Russie, le Dynamo (de bicyclette) de Moscou (créer là aussi par une entreprise) s’inspire quant à lui carrément de l’Histoire.
Staline aurait même dit à propos du football : « si le football avait été implanté plus tôt, la Révolution d’Octobre n’aurait pas eu lieu » ! La révolution a quand même eu lieu, et désormais plus qu’un sport battit au fil des âges, le foot est devenu un phénomène médiatique, un phénomène financier… un phénomène social, tout simplement !

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