Robin des Bois s’est mis au pastis… (1)

tn_002820_gd960_-_11_commandements… Et malheureusement, cela ne lui réussit pas trop. La noble enseigne du « prendre aux riches pour donner aux pauvres », passée à travers les rouages des usines Ricard, cela devient « Prendre aux pauvres et aux moins pauvres pour m’enrichir »…

Et dans ce pathétique combat, lamentable comme un clown qui ne fait pas rier, notre Robin des Bois a trouvé sa tête de Turc : l’ASMonaco. Enfourchant son fidèle destrier médiatique dont il connaît parfaitement les rouages pour en avoir fait partit pendant de longues années, il charge tous azimuts, fonçant dans le tas sans vraiment regarder où il tape, préférant attirer l’attention plutôt que faire réellement mal sur un point précis. Une dent contre Monaco, il en a une, c’est certain, et même une très grosse, façon vampire qui serait fait faire un plombage sur la canine gauche.

Tout part d’un constat simple, d’un argument, le seul d’ailleurs qui est valable, le seul et unique point sur lequel notre Robin des Bois a raison : L’ASMonaco possède quelques avantages fiscaux qui lui confèrent un pouvoir d’attraction légèrement supérieur à celui des autres clubs français.
À partir de là, on constate un acharnement systématique sur cet aspect, afin de discréditer les performances sportives d’un club qui cette saison l’a battu au niveau du championnat, et éliminé de la coupe de la Ligue, d’un club qui a été élu officieusement comme club le plus régulier au haut niveau depuis plus d’un demi-siècle.
Acharnement qui ne ressort dès lors que Monaco est au premier plan, durant les deux dernières saisons où on végétait sur la face sud du ventre du championnat, on n’avait pas entendu ce genre d’argument. C’est là que l’on voit les mauvais perdants, et les charognards.
Acharnement contre un club qui est là depuis dès lustres, contre un club qui participe au Championnat de France depuis les calendriers grecs (les archives de la Fédé montrent que l’ASM était inscrite bien avant l’OGCNice par exemple), depuis une époque où les avantages de la Principauté niveau fiscal et social étaient bien plus important que maintenant, ce qui à l’époque, n’a gêné personne.
Acharnement d’une méchanceté pure, quand on sait ce que l’ASMonaco a apporté au football français lors des 20 dernières années, club qui pratique un des plus beaux jeux de France, club le plus présent en coupe d’Europe (juste après Bordeaux), club qui a formé de nombreuses stars, comme Amoros, Petit, Thuram, Henry, Trezeguet, qui ont fait la fierté de la France entière !
Acharnement complètement ironique d’ailleurs, surtout à la veille de la coupe d’Europe où les clubs français (dont celui de notre cher tireur à l’arc) vont affronter d’autres clubs ayant aussi une situation financière avantageuse. Mais face à ces clubs, notre héros ne se plaint pas.

Notre Robin des Bois, en s’acharnant sur Monaco, ne se tromperait-il pas un peu de cheval ?
Lui qui cherche avant tout à développer son club (ce qui n’est pas forcement une mauvaise chose), quitte à marcher sur la gueule des autres (pour le Fair Play, on repassera), pourquoi ne change t’il pas sa vindicte, passant de pourquoi Monaco ne suit pas les mêmes règles que nous ? Et pourquoi nous ne pourrions pas avoir les mêmes avantages que Monaco ?
Alors Monaco fausse t’il le championnat, ou Monaco est-il l’exemple à suivre afin d’équilibrer les chances des clubs français par rapport aux voisins européens ? L’« État parasite » en tant que précurseur, c’est une idée qui ferait mourir notre franc tireur, à n’en pas douter.
Monaco fausse le championnat ?
Voyons alors, ce que cela donnerait un championnat 2002-2003 sans Monaco !

1 Lyon 68
2 Monaco 67
3 Marseille 65
4 Bordeaux 64
5 Sochaux 64
6 Auxerre 64

On enlève tous les points que les clubs (les 6 premiers) ont gagnés sur Monaco :
Lyon = deux défaites, donc 0 point gagné = 0
Marseille = une victoire, un nul, donc 4 points gagnés = -4
Bordeaux = une victoire, un nul, donc 4 points gagnés = -4
Auxerre = une défaite, un nul, donc 1 point gagné = -1
Sochaux = une défaite, un nul, donc 1 point gagné = -1

on se retrouverait donc avec :

1 Lyon 68
2 Sochaux 63
3 Auxerre 63
4 Marseille 61
5 Bordeaux 60

Voilà…
En définitive, un championnat sans Monaco, c’est un large vainqueur lyonnais, c’est Sochaux en champions League, et Marseille seulement en UEFA.
Monaco a t’il faussé le championnat ? Pour Sochaux et Auxerre, peut être (surtout que Sochaux a perdu en finale de coupe de la ligue face à Monaco), mais sûrement pas pour les autres ni pour tous les observateurs du football français qui se sont extasié du suspens du championnat, ils ont été bien contents que Monaco soit là pour contrarier le champion lyonnais, sinon l’OL finissait largement devant tout le monde, dans un championnat morne et triste…

Maintenant, pourquoi donc cet acharnement ?
Cela ne cache t’il pas une volonté de détourner l’attention ailleurs, pour que notre Robin (des bois, et pas celui en culotte verte dans Batman) puisse faire sa petite cuisine dans son coin (le terme « cuisine » n’a aucune volonté de Paul et Mickey, juste celui de montrer que si certains clubs ont des soucis internes, celui de notre Robin des Bois n’échappe pas à la règle) ? Cuisine qu’il a déjà usée d’ailleurs, avec les droits télé, et sa médiocre tentative de récupérer son titre de 1993, comme si à un voleur ont lui rendait son butin une fois qu’il a purgé ses 20 ans de tôle…
Mais revenons un peu en arrière :
L’OM début de la saison 2003, c’est un club en recrutement contrôlé, avec la DNCG effectuant un marquage à la culotte strict depuis deux saisons, disposant de très peu de marge, avec un déficit budgétaire estimé à 27 millions d’euros, et un actionnaire majoritaire ayant déclaré ne plus vouloir mettre la main au morniflard pour renflouer le club…
L’OM début de la saison 2004, c’est un club qui dispose d’un budget de 20 millions d’Euros rien que pour les recrutements, sans, n’avoir vendu personne (enfin, personne de grande valeur genre un Ronaldhino à 30 patates), et en se payant même le luxe d’avoir enrôlé plusieurs joueurs durant l’exercice précédant (Celestini, Johansen, Sytchev), et en se payant aussi le luxe d’annoncer à l’avance que l’exercice 2003-2004 serait plutôt mauvais, voire déficitaire…
Cherchez l’erreur…