Rillettes périmées au menu !

Un canapé moelleux, deux grosses miches, de pain bien sûr, un poulet fermier bien cuit, une demi-douzaine de pots de rillettes et un godet de Limoncello… Voici la panoplie idéale pour voir le match Monaco – Le Mans sur la télé à péage.

Et pour voir ce match, rien de mieux que la compagnie de deux gus dont le nom m’échappe (les commentateurs) et de vaillants cousins alsaciens issus de germain, dont le sport favori est de sauter sur le canapé dès que Rothen fait un râteau à 45 mètres des buts (oui oui, il y a la le fan-club n° 1 de ce cher « Boucle d’oreille »), d’insulter copieusement les joueurs adverses ou l’arbitre (bon c’est pas du tout fair-play, mais ça déride), et surtout de hurler à la mort dès que Monaco rate une occasion.
Trois minutes de jeu, et vla, tien, premiers cris, et quels cris ! Coup franc de Rothen déposé sur la tête à Rodriguez qui place le ballon au fond des filets de Bedenik… Pffffffffff sale con cet arbitre d’e… (le reste sera censuré et remplacé par une citation de feu Frédéric Dard : « Quand l’amour croît en toi, croît en lui ») But refusé, hors jeu !
Mais qu’à cela ne tienne, Boucle d’oreille promène sa chevelure d’or sur le flanc gauche et fait un bon début de match ! Booom… Un membre du REF (Rothen en force) vient de se pâmer. Rothen va tirer un corner à droite, et on l’a vu en gros plan, et de dos ! Et quelle grâce qu’il a quand il tire le corner, et qu’elle belle passe !
BUUUUUUUUUUUT !!!!! Fernando Morientes ouvre le score sur ce superbe corner d’une tête décroisée sous la barre… imparable !

Monaco 1 – 0 Le Mans

C’est l’euphorie sur le canapé, le dernier va prendre la rouste annoncée, et un pot de rillettes vient de prendre un sale coup. Pas grave, il en reste d’autres !
Un petit tour dans l’œsophage, et vla t’y pas que le malotru qui a éventré le pot de rillettes s’en court aux gogues pour tout rebalancer par l’hémisphère nord… Peyrelade lance dans un trou Cousin qui dribble Roma facilement et qui s’en va égaliser !

Monaco 1 – 1 Le Mans

Mon cousin (un autre) se tourne vers moi « Promis, juré, ce n’est pas moi le fautif sur le but ! ». Il était même prêt à me divulguer l’intégralité d’un pater noster en teuton walloné quand le commentateur explique que le Cousin en question vient de Roquefort la bedoule, petit bled paumé pas loin d’Aubagne et de cassis. Mon cousin, qui vient de Alkirsch, petit bled paumé dans le désert campagnard sud-alsacien, s’en trouve fort aise et se reprend un peu de Limoncello pour l’occasion. Sur le ralentit on se rend compte que la passe de Cissé contrée n’a pas la pêche, que Rodriguez et Squillaci sont dans les choux, ce qui a bien aider Cousin pour envoyer Roma aux fraises et retrouver le sourire banane. Pas le temps d’épiloguer que Le Man obtient un bon coup franc dans le coin de la surface, frappé très fort devant le but… et but…

Monaco 1 – 2 Le Mans

Le Mans vient de passer à Monaco autant de buts qu’ils en ont marqués durant tout le début de saison… Pas mal. Nous restons de marbre, comme abasourdis par ce qui arrive. Mon cousin qui revenait tout juste des gogues est quitte pour la deuxième tournée, et un pot de rillettes (malheureusement, il était plein) valse à travers la fenêtre…
Sur le cul, vla que c’est ce qui nous arrive, on ze ass comme diraient William, un autre cousin à moi qui n’a pas pu venir, car il devait discuter avec un certain Omlette sur un point précis de be or not de be, telle est la question, mais je n’ai pas tout compris. Les rillettes ont un goût fade, je refous la dinde, non, le poulet au four, car personne n’a l’air de vouloir la toucher, enfin, la manger (on est pas zoophile quand même). Cet état de torpeur va durer 10 bonnes minutes. La reprise de Giuly arrachera bien un cri et un petit saut sur le canapé, mais rien de vraiment bandant… Et le superbe lob de Peyrelade à peine contrarié par la transversale ne nous affectera pas plus que ça… des tombes nous sommes… mené à domicile face au cancre de la L1 sur notre pelouse alors qu’on aligne l’équipe type… ça de quoi se la jouer autruche là !
Mais cela va changer… grâce à qui ? Grâce à mon cousin bien sûr, qui s’esclaffe, puis se roule par terre, culbute la table de salon au bord duquel se trouvai ma tartine de rillettes qui fini en pâture sur le tapis persan… Il se relève, la larme à l’œil pour nous dire « la blague de l’année » : Il a vu Michel Vaillant sur le terrain !!! Eh oui, car là c’est les 24 heures du Le Mans !
Un cri s’échappe de l’autre côté de la salle !
C’est encore un cousin (le plus jeune, supporter assidu qui ne manque pas une miette du match, quitte à foutre des miettes de pain sur tout le tapis), qui a vu le superbe coup de tête de Cousin… dans ses propres filets !

Monaco 2 – 2 Le Mans

Éclats de rier général ! Mon cousin qui a sorti sa blague vaseuse le prend pour lui et roule des mécaniques !
Quel but !
Sur le ralentit, on voit le sens du buteur impressionnant de Cousin qui loge sa tête pile-poil là où il faut… sauf que ce sont ses propres cages ! Mais quel instinct ! Il fera parler la poudre ce gars, pour peu qu’il ne se trompe pas de cages !
La passe décisive (qui n’en sera pas une) vient de Jérôme Rothen, encore une fois dans le bon coup, au grand bonheur des membres du REF en ruth !
La tension se calme et l’attention croît sur le match qui se retrouve relancé. On n’en mène pas large à être accroché par le maillon faible de L1, mais 2-2, c’est comme 0-0, il suffit d’un but pour prendre 3 points. Et les trois points, c’est tout ce qui importe ce soir !
Le match va retomber un peu, normal après vingt minutes à trois cents à l’heure. Les rouges et blancs dominent sans être vraiment dangereux, et ne sont pas à l’abri d’une nouvelle erreur de la défense.
Pendant ce temps là, sur le canapé, ça râle, ça insulte un peu l’arbitre qui ne sanctionne pas suffisamment les rillettes boys du Mans qui appuient un peu beaucoup leurs tacles. Morientes est constamment foutu par terre (après avoir ridiculisé ses chiens de garde), Rothen de même, et Giuly ne touche pas une bille… C’est la bronca sur canapé, et le match se traîne lentement jusqu’à la mi-temps.
Le gus en jaune siffle la pause des citrons, sous les sifflets de la foule, sous le fameux haka monégasque « Booooooo » de mon canapé, déçu par la prestation des nôtres, en quart-teinte…

Alors que j’attaquais un nouveau pot de rillettes, pendant que la télé repassait non pas mon linge sale devenu propre par l’opération d’OMO Micro (touti rikiki, maousse costo), mais les buts de la semaine précédente, cousin Christophe se leva et nous distribua des prospectus, qui stipulaient en ces termes précis :
Samedi soir en quinze (non pas de France puis qu’il est en Australie pour la coupe du monde de rugby, mais en 15, à savoir dans quinze jours) à Saint-Locdu-le-vieux se tiendra une compétition hors normes au profit de l’association « Grande gueule, pisse pas loin » qui œuvre pour la réhabilitation des personnes atteintes du cancer de la prostate. En effet, sous les vivats d’une foule en délire scandant le slogan : « Ramassons du fric pour les pauvres Zizis » le grand concours pétomaniaque annuel aura lieu, réunissant la fine fleur des anus français. Au menu, les épreuves du pet le plus sonore, celle du pet le plus long, et la fameuse épreuve de la bougie. Viendez nombreux, c’est pour une bonne œuvre, et du grand spectacle son et lumière est garantie !

On se retrouve tous sur le canapé. J’ai pris la mi-temps pour aller chercher une petite Adelscott, et pour aller sortir le four du poulet, afin que nous passions à autre chose que des rillettes. Un bon poulet fermier de Louët, avec des petites pommes de terre sautées… hummmm.
Une assiette en carton chacun, un blanc par ci, une cuisse par là, le foie, le cœur et la rate pour Pantoufle, le basset hound de mon cousin Germain, et c’est parti pour trois quarts d’heure de foot…
Et le match est monocorde, monochrome, monosyllabique voire même monoski ! Monaco domine, et Le Mans reste calfeutré derrière, attendant que l’orage passe. Le seul fait à noter, Giuly, auteur d’un non-match en huitième teinte sera remplacé par Plasil. Un blond à droite, un blond à gauche, les membres du REF s’insurgent, même avec du poulet plein la bouche !
Surtout que Rothen et Plasil permutent assez souvent, ce qui n’est pas pour tournebouler les pauvres défenseurs qui n’avaient pas besoin de cela pour perdre leurs plumes. Et devant cette domination, un homme se tient seul devant tout le monde : Bedenik, le portier puceau, euh, manceau, qui fait quelques miracles. Coup franc de Rothen « Oh, ouiiiiiiii Jérôme, que tu es beau de dos !!!! », superbement tiré, pleine lucarne… mais le gardien se détend et la sort… Quelle injustice, quelle infamie pour les membres du REF qui attendent de voir son poulain marquer depuis des lustres. Le gardien sera la cible principale de la vindicte populaire et je ne sais pas si c’est à cause du sponsor et de son maillot bleu fluo, mais Bedenik deviendra « la poule mouillée » jusqu’au coup de sifflet final… dont acte.
Sur l’action d’après, Prrrr glisse à Cissé, qui surpris, glisse avant de faire sa volée qui aurait fait sûrement mouche dans les buts vides désertés par la poule mouillée… argh
Le match se continue au rythme des mandibules astiquant le poulet, le compteur tourne et l’Asm est toujours avec ce petit point du match nul… Re-coup-franc de Rothen, re-oh-qu’il-est-beau-de-dos, re lucarne mais ce n’est pas la même et le ballon rase le coin des poteaux…
Monaco aura une succession de corner. Sur l’un d’eux, à gauche, Rothen (encore lui, mais il est toujours excellent quand le REF mate le match) adressera une super balle au second poteau pour Squillaci, totalement seul, qui n’a plus qu’à s’appliquer et à pousser le ballon, poule mouillée est battu… Buuuuuuuuuuuuuuuuut !!

Monaco 3 – 2 Le Mans

C’est pogo sur canapé là ! Sous des cris de joie répondant au doux nom de Toto, la joie est palpable, les assiettes en carton sont lancées en l’air… Malheureusement, une d’elles était encore pleine, et c’est une cuisse de poulet volante que nous observons tous pendant un quart de seconde, avant qu’elle aille s’écraser sur cousin Avi (le plus vieux de mes cousins) qui était en train de lécher la fin de son pot de rillettes sans demander son reste.
Nous desserrons un peu les fesses, l’équipe mancelle n’étant pas dangereuses depuis des lustres, Monaco mène, tout va bien… ou presque.
Surtout que Basil (nouveau nom donné à Plasil par un cousin, car c’est soit disant trop compliqué) déborde, centre pour Prrr qui dévie… Morientes ne peu contrôler, mais gêne Boucle d’Oreille qui arrivait en trompe, et lève trop sa frappe… dommage, c’était un but tout fait là, et sur une superbe action en plus ! Des cris, toujours des cris, de désespoir malheureusement…
Sur l’action suivante, c’est l’arbitre qui a dû avoir les oreillers qui siffle. Capron tente de piquer le maillot de Prrr qui filé au but dans la surface. Ainsi gêné, il tombe, la faute est évidente, mais évidemment, l’arbitre fait fissa et s’enfuit dans l’autre sens. Bronca générale, et jet de rillettes sur la télé, enfin, sur l’arbitre !
Aaaaaaaah !! Peyrelade s’infiltre entre deux défenseurs monégasques (dont nous tairons le nom pour préserver leur anonymat) et tente une volée… Heureusement qu’il est à court de jus, et qu’il est court, car c’est totalement foireux et Roma fait son premier arrêt du match !
Sur l’action d’après, Basil hérite d’une touche, il combine, puis s’enfonce dans la défense adverse passe un joueur, puis deux, puis trois, puis quatre, puis cinq, puis six…. STOP, c’est bon, on a vu que tu sais compter ! Il passe donc en revue la défense mancelle (de cheval), et se présente face au gardien. Mais Moléfé, le chien de garde de Rothen, arrive à toute bourre et percute Basil, et propulse le ballon hors de portée de son gardien… dans ses propres filets… Buut !!!

Monaco 4 – 2 Le Mans

Sur le ralenti, on constatera que l’extérieur du pied de Moléfé est d’une pureté déconcertante pour un défenseur latéral. Ce second but contre son camp fait les affaires des Monégasques, et notre plus grande joie… Les assiettes étant déjà éparpillées sur le tapis suite au but de Toto, on s’enlace tous comme un seul homme, et on se met à danser, un peu comme les handballeurs de l’EDF à Barcelone, en cercle et on saute. Malheureusement, la table basse pas loin, cousin Avi tape dedans, trébuche et nous entraîne avec. On finit tous avachis par terre, sur un tapis persan d’assiettes en carton, de graisse de poulet, de cannettes vides, de miettes de pain, de pots de rillettes vides, et d’un peu de contenu de ces dit pots…
Pour parachever le tout, mon cousin comique nous ressort une grosse blague digne de Jean Roucas : « Le Mans, je connais, j’ai fait de la planche à voile une fois une année dessus. C’était pendant notre voyage de noces à Genève, près du lac LeMan… »

Le temps de se relever, et le match est fini. Mis à part le grand rangement qu’il y a à faire dans la proximité proche du canapé, plusieurs conclusions s’imposent :
– Le Mans a marqué plus de buts dans ce match que dans les 11 matchs précédents, à savoir 4 buts ! Vive la honte pour notre défense soi-disant de fer…
– Le coup du sort du match à Gerland a été inversé : Monaco avait marqué 3 buts et avait perdu 3-1. Là Monaco marque 2 buts et gagne 4-2… Compensation de chance, pour une fois !
– La branlée annoncée n’a pas eu lieu, mais vu le souk dans la pièce, on ne s’est pas ennuyé
– Si on joue comme ça contre La Corogne, on va prendre une branlée de maître… Surtout qu’avec les incertitudes concernant Adebayor et Morientes sont réelles quant à leur participation à ce match…
– Monaco, malgré un match de merde, prend trois points sur l’OM et Lyon (qui a ridiculisé les Niçois), sept sur le PSG et 9 et plus sur le reste de la meute… À noter que l’OM et Lyon vont s’entre-tuer le week-end prochain alors que l’ASM se déplacera à Ajaccio.
– Mention spéciale aux cinq supporters du Mans qui ont fait le déplacement, très facilement repérable en rouge orangé dans une tribune tout en jaune !
– Mention spéciale à Jérôme Rothen, meilleur homme du match, ses coups de pied arrêtés sont un danger permanent pour l’adversaire, et si on plus il se fait violence sur son coté gauche (pour faire plaisir aux membres du REF), ça fait très mal !