Bambou espagnol et conséquences

Ola, olé, allo… Les Monégasques parlent au reste de la France, je répète, les Monégasques parlent au reste de la France… Et tant qu’à faire, rajoutons l’Europe, l’Espagne ou la Russie. Avec le 4-1 infligé à Lyon avec une équipe mixte (moitié titulaire ; moitié CFA), la qualification pour les quarts de finale de la coupe de France lance un message au reste de la planète Foot… Qu’on se le dise !

Et une froide déculotté en guise de message, ya pas à dire, ça a forcément de la gueule.
La gueule d’un Didier Deschamps tout sourire à la fin de match, ou celle d’un Paul Le Guen trouvant le col de son blouson pas assez grand pour se cacher dedans.
La gueule d’un Fernando Morientes rayonnant après son premier hat-trick Monégasque, ou celle d’un Coupet les yeux dans le vague après une nouvelle soirée cauchemardesque au pied du Rocher.
La gueule d’un match où chacune des deux équipes aura eu sa mi-temps. Les Lyonnais ont dominé en terme d’occasion la première moitié du match, s’offrant le luxe de marqué un but par Elber au quart d’heure de jeu, mais aussi de contrôler la partie, donnant l’impression de pouvoir mettre à sa guise la jeune défense Monégasque à la moindre accélération, à droite comme à gauche.

Monaco 0 – 1 Lyon

Mais alors que la mi-temps terminait sa course jusqu’aux escaliers menant aux vestiaires, l’AS Monaco ressortait de sa panoplie un geste technique oublié depuis les prémices du mois de janvier : le coup de bambou.

Et ce bambou là, il est espagnol.
Et ce bambou là, il est magnifique.
Et ce bambou là, je n’aimerai pas me le prendre sur la caboche !
Morientes, jusque là cantonné dans un rôle de meneur de jeu qui lui va presque à ravir, décide pour une fois de se la jouer perso et prend les choses en main de son pied droit. À 25 mètres des cages, il fume Edmilson d’un dribble et d’un intérieur du pied comme on l’apprend dans toutes les bonnes écoles de foot, il enroule le ballon qui va carboniser les filets de Coupet, non sans lui avoir passé un salut amical au passage.

Monaco 1 – 1 Lyon

La mi-temps est sifflée là dessus. La bande à Aulas vient de ramasser un grand coup de bambou sur le coin de la cafetière. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le spectacle ne fait que commencer.

Car comme on l’a dit, ce fut une mi-temps chacun. Celle des Lyonnais s’est terminée par un 1-1, celle des Monégasques peut commencer.
Didier Deschamps a certainement usé de tout son savoir-faire pour transformer des jeunes tâtonnants et hésitants en une véritable machine à broyer l’adversaire. Le jeu y gagne en fluidité, Monaco joue mieux, Monaco joue bien, et Lyon ne joue plus du tout.
Le symbole de cette transformation, c’est Gaël Givet. À la rue défensivement face à un Govou des grands soirs, il va trouver l’interrupteur et éteindre l’attaquant Lyonnais qui ne verra pas la couleur du ballon en acier de la seconde mi-temps. Mais en plus de cela, Givet, qui a certainement mis du « Evra » dans sa barre de céréales à la pause, va apporter un gros plus offensivement, servant de rampe de lancement à la fusée Rothen.
D’ailleurs à la fin du premier quart d’heure de la seconde période, Rothen se trouve lancé toutes voiles dehors sur son côté gauche. Il jette un œil (mais garde l’autre pour viser) et voit Morientes seul dans la surface autour de trois Lyonnais. Rothen centre, et c’est Morientes qu’il trouve de la tête, pour le second but monégasque. Pleine lucarne. Coupet n’a même pas réagi, pas plus que les autres défenseurs.

Monaco 2 – 1 Lyon

Morientes vient d’abattre Lyon.
Mais attend, ne part pas, ce n’est pas fini.
Trois minutes après, Givet se prend pour Rothen et centre à nouveau. Il a visé la tête à Adebayor, mais la grande cigogne anticipe mal la trajectoire du ballon et se trouve lobé. Pas Morientes qui y va d’un nouveau coup de bambou !

Monaco 3 – 1 Lyon

Enfin, Morientes 3 – 1 Lyon pour être plus juste.
Après cela, les Lyonnais seront groggy, sonnés, abattus, ankylosés, kaput ! Les rares sursauts d’orgueil seront désordonnés, et sans grande conviction. Et ce n’est pas le poteau d’Elber qui viendra changer quoi que ce soit.
Pire, alors que Morientes et Rothen sont partis chauffer le banc de touche, c’est Plasil qui va faire mumuse avec Coupet, l’attirer hors de sa surface pour déposer un caviar sur la tête de Prso qui propulse la gonfle dans les buts vide…

Monaco 4 – 1 Lyon

La messe est dite, le Lyon rentrera à la maison la queue entre les jambes et les oreilles basses, en espérant pouvoir se cacher derrière une quelconque future platitude pleine de non-sens de son président.

En attendant, Monaco avec son bambou espagnol, vient de lancer un grand message au petit monde du ballon rond :
NON Monaco n’est pas mort en janvier, les plus éminents spécialistes parleront d’hibernation courte.
OUI Monaco va reprendre sa marche en avant, car même avec une équipe à moitié bis, les rouges et blancs n’ont peur de personne.
OUI Monaco a joué avec une équipe A bis, et malgré toutes les vilénies lancées par la fédération française de Foot cette semaine, le match fut de grande qualité !
OUI Fernando Morientes est vraiment un très grand joueur. Trois tirs, trois buts, un sens du jeu monumental servi par une technique hors norme. Dit Papa, on peut le garder un peu plus longtemps ?
OUI la priorité reste le championnat avec une série en cours qui nous mènera jusqu’au titre… Mais je connais quelques supporters qui aimeraient bien user à nouveau les sièges du Stade de France…
OUI les Monégasques commencent à rejouer comme avant. Et après le coup de Bambou, on attend le retour de la bombe Atomique…

PS : Au passage, cela fait deux matchs que l’équipe joue avec deux vrais avants-centres, et ils ont inscrit 6 buts en deux matchs…