Monaco – Chelsea : Cr from la Ferme des VIP ! – 4

Ô maille Dard linge ! Ouate une grande bigue privilège tout bi hâte ze buffet of ze vit-aïe-pie ! Loukez moi un lit-te-le ouate euh tonne of mec il y a ovaire ire ! You scie ouate is it seau bioutifoule tout monte ovaire eve-riz-beau-dit tout bouffe somme sous-chie ! C’est wonder foule cette foule ! Alors viendez avec moi cher lecteur, que je te montre le monde merveilleux de la ferme aux VIP de la mi-temps du Louis 2 !

Le voilà le grand big moment de ma soirée. Après avoir souffert tant et tant pendant une demi-heure, après avoir sué sang et eau pour supporter les platitudes du gars de derrière, voilà la récompense de ma soirée : bouffe à volonté !
Ca y est, je me mets à béquiller de la pensarde, j’ai le bulbe neurovégétatif qui gloglotte, j’ai mes deux demi-neurones (à noter que ça mieux, car plus long à dire que « mon mono neurone ») qui s’entrechoquent et disjonctent du prompteur. Trop de contact avec les VIP et mon cerveau en devient conditionné tout pareil. Me voilà avec qu’une idée en tête : bouffer à l’œil ! AAAAAh ! À moi, au suicide, à l’euthanasie, à la pendaison, à la noyage, au sautage de caisson, à l’hara-kiri !
Je vire ma cuti comme eux…
Vite, des orties fraîches que je me flagelle le chibre en pénitence…

Le pire, c’est que je me suis levé tellement vite de mon siège après le coup de sifflet de notre ami suisse, que je me retrouve en pole position à l’amorce du salon VIP. Quelle tristesse un salon VIP quasiment désert (soit à peine plus qu’à moitié plein). J’en tirerais bien une grosse larmette (ce qui est à peu de chose près à peine plus petit qu’une petite larme), mais beubeu (mon estomac) en décide autrement. Ce n’est pas que la bonne salade made in from le jardin de ma môman fusse mauvaise, mais c’est le genre de truc, tu va faire pleurer le petit Jésus après il te reste plus que les pépins de tomate et la vinaigrette dans la panse. Je me rabats donc sur un plateau de sushi pas dégueu.
Je suis outré d’avoir à les manger avec les doigts, moi qui suis tellement doué avec des baguettes… Menfin, tu verra plus tard (je ménage le suce pince comme disait conchita l’aide ménagère) que cette absence de baguettes a probablement sauvé quelques vies humaines, euh non, que dis je, quelques vie Aïe-pie !
Une fois récuré les sushis, je pars en quête de quelques breuvages afin de remettre mon gosier d’aplomb, car je pressens une folle seconde mi-temps à gueuler comme un putois. J’approche de la terre promise, quand mon regard est alpagué par un plateau que je n’avais point vu… Des Barbajuans ! Ah, quel sacrilège de les laisser là, seul, sans qu’ils puissent goutter à la chaleur de mon estomac rompue à toutes sortes de joutes culinaires, dont la plus grande victoire fut sans aucun doute contre ce munster de six mois d’âge (après la DLC bien entendoux). Bon, je divague, je fais des vagues, mais c’est sûrement par l’odeur visuelle alléchée du barbajuan qui décapote ma pensarde encore fragile suite au déversement VIPitesque dont je fus victime il y a peu de temps.

Mais c’est alors qu’un VIP ose m’adresser la parole. Je dis ose, c’est pas que je sois inaccessible pour ces gens, au contraire, je suis, avec mon maillot (contre un paquet de costards cravatés) un intouchable que l’on repousse telle la peste. Donc un VIP, voyants mon intérêt pour les barbajuans, s’empresse de me dire « pas la peine de venir ici, il y en a là bas » en me désignant l’autre bout du salon où trône effectivement un plateau à moitié vide, mais après un savant calcul sur la distance à parcourir jusque là, qui, en tenant compte du peuple qui me sépare de ce plateau magique, reviendrait à peut de chose prêt traverser 3 kilomètres sur un seul pied…
Tu sais quoi, j’avais décidé, pour pouvoir quand même faire gaffe et perdre ce déguisement de Winnie l’ourson qui me va pas trop, moi grand sportif devant l’éternel à la ligne (enfin là, c’est la courbe) affûtée, de ne pas me gavé… Mais suite à ce flagrant délit de sale gueule doublé d’un instinct primaire et égoïste de conservation de « SES » barbajuans qu’il n’a pas payés, je me jette sur le plateau, en prend une énorme paluchée de barbajuan, en enfourne deux dans la bouche et lui répond « fé flus frét far ifiii… fonnard ! ». Arg, je l’aurai planté avec n’importe quoi que j’eusse sous la main. Malheureusement, je n’avais que des barbajuans…
Outré, il était outré. Et il en est devenu tout rouge le gars. D’ailleurs j’ai cru qu’il allait se rebeller et que son heure venait de sonner. Mais non, sa couleur pourpre était les signes d’un outrement passablement complexe, doublé d’une profonde tristesse. Sa mère meure dans l’heure qu’il ne serait pas plus triste que lors de la perte de SES barbajuans, j’ai cru qu’il aller me couler une bielle suite à ce fâcheux incident.
Comme à Rossini, je tournedos et m’en va intercepté un verre de coca, avant de tenter l’impossible : Sortir de ce merdier !
Oui, tu as bien entendu, l’impossible. Car si j’étais rentré pépère peinard, maintenant, c’est plein, full, archi foule, tout juste si tu as le centimètre carré qui te permet de respirer. Je vois la sortie, 10 mètres devant moi, à tout casser. Mais là, autant escalader l’Everest avec un éléphant attaché au service trois-pièces, ça en sera moins compliqué. Vous savez quoi, ben y’avait encore plus de monde que la dernière fois.
Étant plus grand que la moyenne de la moyenne, je me permets de prendre une pause pour respirer avant de m’attaquer au record olympique de défonçage de gus, et j’admire aussi le panorama qui s’offre devant moi.

Fouyayaya ! Que dire ? Je crois que j’ai bien trouvé mon titre, c’est bien la ferme des VIP ici bas.
À ma droite, vous avez les cochons, ceux qui ne mangent pas, qui engloutissent, ceux qui ne cassent pas la croûte, qui atomisent la dent creuse, qui ne mastiquent pas, qui se baffrent, ceux qui se débectent, ceux qui n’ont pas encore mâché le premier petit four que les 4 suivants sont déjà en train de baigner dans le sac à suc de l’estomac, ceux qui gloutonnent, ceux qui pignochent, ceux qui bouffent, qui s’en lampe plein la mettent, qui avalent comme huit… Le pire, c’est que ces gus-là, ils sont au régime carotte salade tout le reste de l’année, afin de faire des économies. Mais quand c’est gratuit, au diable la crise de foie !
À ma gauche, vous avez celles que j’aurai appelées les vaches si je n’avais pas un si grand respect pour ces dames génitrices des calendos ou autres fromton à pâte molle dont je me débecte tous les jours, voire même plus. Non, pour revenir à mes gonzelles, elles ressemblent à des vaches du fait de leurs de mamelons de cavaillons des plus protubérants, des plus chimiques et des moins naturels. Mais les VIP, c’est comme la CEE pour le fromage, plus ya de machin chimique dedans, plus ils aiment. Et au diable le goût gâté !
Enfin, au milieu de cela, tu as les chèvres, males ou femelles, ceux qui sont là par ce qu’on leur a dit que c’était bien d’être là. Ceux qui pour faire l’illuse, tentent de se taper la discussion football, parlant de Mich Bucanan comme le meilleur avant milieu de tous les temps ou de leur meilleur pote, le président du L’Oréal de Madrid, Lord Gigolo y Mantequilla y Platano des Bistougue y Merguez. Mais bon, ils jactent, ils ont l’impression d’être intégrés et de flagorner la galerie. Et au diable la bien séance !

Voilà, après ce tour d’horizon, je me décide, je me lance, je rentre la tête dans mes épaules, je me cabre et je dévale la montagne de VIP à toute bourre… Je suis d’ailleurs emporté par mon élan, et ayant sous-estimé la friabilité de ce mur d’Importance, (impotence aurai été plus judicieux, Very Impotent Person, c’est plus mieux mieux), je traverse le tout comme du beurre mou du Sahara, et dans mon élan, j’embarque les persiennes qui servait de porte, je renverse les gentilles dames de l’accueil, je traverse le hall, percute un type en costard et vais m’écraser sur le mur d’enceinte !
Vlan !
Je me retourne, encore un peu stourbi, pour voir que le type en costard par terre n’était autre que l’un des gardes du corps de Francis Lalane, fraîchement venu se désaltérer.

Je me redresse, rajuste mon bénoche qui partait en vrille, et tout en regagnant ma place, j’empogne mon portable et phone à mon pote Topbiboun qui doit être en train de stresser pour ce match. Nous discutâmes, et alors que la mi-temps allait reprendre ses droits, j’eus une pensée en tête : pourvu que cette seconde partie soi bonne, j’ai peur que Topbi ne se taillasse les veines…

PS : merci d’être allé jusqu’au bout, je me rends compte que là, j’ai dépassé les bornes des limites de la décence niveau longueur. Dis cher lecteur, tu me pardonnes ?

23 avril 2004