Récit d’une journée pas ordinaire

De retour de la perfide Albion où il faisait partie des quelques mille six cents privilégiés qui sont allés à Stamford Bridge assister à la qualification de nos fraises et crème, voici l’excellent récit de notre excellentissime chef qui nous raconte en vrac sa douuuuuuce journée du joli mois de mai.

Rassemblement à 10 h 30 et après quelques traditionnelles photos départ à 11 heures pour ma ville bien-aimée (!!!) de Nice et surtout son aéroport. Enregistrement « Je vous donne des places en vrac, mais dans l’avion vous pourrez vous mettre où vous voudrez » dixit l’enregistreuse. Attente jusqu’à 13 h 30 puis roulage sur le tarmac et arrivée devant l’avion de la compagnie « VOLAR ». Ben on espère bien que c’est volar et pas « CAGAR ». Au micro « Se respecta Usted los puestos inscribidos sovre las tarjetas ». Évidemment les 5 membres de la Usted Family étaient dispersés aux 4 coins de l’appareil, mais comme « no hoblo castellano y no entiendo nada » on s’est retrouvés tous ensemble.

Arrivée à Gatwick à 14 heures heure british et là commence le périple. Les bus réservés pleins sauf un bus vide. Interdis de pénétrer dedans ! Pourquoi ? Ben Mr le Président du conseil et sa suite, qui font partie du voyage, ont leurs places réservées. Après installation de ces derniers, on peut donc accéder au fameux bus. « Une visite de Londres est prévue pour les autres bus, nous aussi, mais d’abord nous passerons à l’hôtel pour déposer la fameuse délégation » OK, nous voilà partis… par une route ordinaire à travers toute la banlieue londonienne et God sait qu’elle est très étendue. « Il n’y a pas d’autoroute pour relier Gatwick à Londres » Bon. Après des embouteillages multiples, arrivée à 17 heures devant l’hôtel à Marylebone Street, arrêt et là descente de la délégation et oh stupeur sur le trottoir, Nando en personne !!! C’était l’hôtel des joueurs. Redépart et en guise de visite de Londres, direction le stade !!!

Embouteillages et arrivée à Stamford Bridge à 18 h 30. Sandwiches et que vois-je ? Le bus des joueurs ! Descente de toute l’équipe, photos, chants…

Bon, je ne vais pas vous reraconter le match, d’autres plumailleux le font mieux que moi, mais donner en vrac des impressions.

L’ambiance. Le stade se remplit. On était entre la ligne du milieu et le poteau de corner, en bas, très près de la pelouse, excellente, une véritable moquette !

Kalinka. L’hymne de la Champion’s League, vous savez, celui qui vous fout la chair de poule tellement il est beau, passé rapido pour faire place à un Kalinka-Malinka « en l’honneur du président » !!! Ça m’a foutu les boules ! Pourquoi pas un Hymne Monégasque lorsqu’on joue au Louis II ?

Les Ultras. Voulant animer l’ambiance comme au Louis II, ils se sont entêtés à rester debout et les ennuis avec les Playmobils British ont commencé. Je ne veux absolument pas juger ou donner des leçons aux Ultras (dont d’ailleurs je fais partie). Mais voir Joaquim, Fred et quelques autres embarqués par les cognes rosbeef ça me désole !!! Eux qui se cassent le cul toute l’année et donner beaucoup de leur temps pour animer le mouvement et ne pas pouvoir participer à la fête, ça m’a bouleversé !!! Mais les bobbies n’attendaient que ça : pouvoir embarquer du frenchy. C’est très dommage. Le Stamford Bridge est un stade entièrement assis et il n’était pas possible de faire comme au Louis II où une travée est occupée par les Ultras et ceux qui veulent voir le match assis se mettent à côté, le Pesage n’étant pas numéroté. Là ce n’était pas le cas, et les Playmobils réagissaient à la moindre occasion. Encore une fois, ça m’a vraiment désolé.
Givet. Vu d’aussi près, comme dans tous les stades de foot anglais où les spectateurs sont vraiment au bord du terrain, je peux vous dire que j’ai été très impressionné par les tacles de Gael. Son engagement est total, d’une générosité sans faille. Il ne doit pas faire bon pour un attaquant de l’avoir sur le dos !!!

Evra. Blessé suite à une vilaine semelle, il dut sortir se faire soigner pendant plusieurs minutes. Retournant sur le terrain, il n’eut pas le temps de traverser celui-ci, le centre-tir du côté où Patrice œuvre normalement était déjà parti et c’était le 1er but pour Chelsea. Voilà qui était mal arbitré : pas de carton, équipe réduite momentanément à 10 et pénalisée par un but.

Gronkyaert (ou quelque chose comme ça). En 2e mi-temps, occupant le poste d’ailier droit, il était devant nous. J’ai rarement vu un joueur toucher autant de ballons et en vandenger autant ! En voilà un qu’il a été maladroit, mais maladroit !

Aide. À quelques minutes de la fin du match, sur une blessure d’un Monégasque, Givet et Rodriguez venant vers nous et nous demandant de les aider par nos chants. Ils étaient au bord de la rupture physiquement.

Arbitre. Avant le match je n’arrivais pas à coller un visage à ce Mr Frisk, mais à l’entrée de celui-ci sur le terrain j’ai réalisé que celui-ci n’était pas du même acabit que Mr Collina. Laxiste sur les fautes anglaises, il n’a pas hésité à sanctionner nos joueurs dès qu’il en a eu l’occasion. Et que dire de son juge de touche placé devant nous !!!! Pratiquement aucun hors-jeu signalé alors que les attaquants anglais étaient très souvent en position de hors-jeu. Après renseignement pris, il paraît que celui-ci souffrait d’une arthrose de l’épaule droite et d’une myopie caractérisée.

La fin du match. « Oh oui, Thierry, quelle émotion !!! Tout à fait mon petit Jean-Mimi, quelle émotion !!! » Ben oui, j’en ai vu épancher quelques larmes ! Une joie intense, de celles qu’on regrette presque que ce soit déjà fait tellement on voudrait que ça arrive ! Mais comme il reste encore le 26 mai… Les joueurs venant devant nous pour fêter la qualif. Cissé, Morientes, Givet, Rodriguez, Ludo, Roma, tous fous de joie, rien que du bonheur. Le président Svara, lui aussi, vient donner sa cravate et chante avec nous. Givet ayant donné son maillot, son tee-shirt et montrant à ceux qui lui réclamaient son flottant qu’il n’avait rien dessous ! Morientes qui est venu tout près du public donner son maillot directement dans la main d’une supportrice. Tiens, au fait, je la connais !

Le retour. Direction les bus. Les flics british à cheval : tiens, c’est drôle, ils sont par couples, ça tient de la promenade champêtre. Je les sens un peu plus nerveux qu’avant le match où ils voulaient bien poser pour les photos. Retour direct à l’aéroport (et la visite de London, hein, on la fait quand ?) et grosse bizarreté, une autoroute a été construite pendant le match et mène direct à Gatwick où nous arrivons sur le coup de 23 h heure locale, pour un décollage à 2 h 50 du matin ! On s’est fait vraiment chi… Re-enregistrement, et là quelqu’un me tire par le bras. Je me retourne et je vois LaMuneca, LaM, Emilie pour les intimes qui a revêtu la tenue Morientesque et qui me montre fièrement qu’il s’agit bien du vrai car maculé du vert de la grass of the Stanford Bridge Stadium. Quel trophée !!! Le maillot de la demi-finale de la Champion’s League ! Embarquement, ma douce, qui a quand même passé les 60 berges (chut, faut pas le dire !) se fait fouiller le sac à main : vidage, frottage entier du sac et analyse au détecteur de came !!! Ils nous aiment ces British ! Arrivée à 5 h 30 à Nice. J’ai trouvé le visage des flics et douaniers niçois crispé avec une espèce d’ironie mal feinte, mais on s’en fout car « Les niçois, la finale, ils la regarderont à la télé ».

La suite ? Je vous raconterai ça le 27 mai, promis juré.

Un vieux mousquetaire à la tignasse frisotante