Monaco-Porto : Pythagorneries tactiques

Parce qu’il y a des moments uniques qui resteront gravés dans nos cœurs malgré le fort saignement dû à l’épilogue tragique, voici donc l’histoire mémorable malgré tout de cette finale, mon histoire, avec le convoi aérien du Club des Supporters de Monaco depuis son commencement, devant le parvis du Stade Louis 2, jusqu’à sa fin, devant le parvis du Stade Louis 2

Et ce premier volume d’âne à lise s’attache donc à tenter de répondre à une série de questions concernant les pythagorneries tactiques sorties tout droit du chapeau des champs…a
Mais je dis bien tenter…

Alors pourquoi ?
Pourquoi Giuly en pointe alors que notre force depuis deux saisons réside dans les côtés ?
Pourquoi Zikos en libéro face à une équipe qui attend bien bas ?
Pourquoi Evra a t’il joué plus haut que Rothen ?
Pourquoi Rothen s’est t’il trouvé dans le rond central à côté de Bernardi ?
Pourquoi expérimenter un truc bizarre lors d’une finale, où la seule solution reposait sur notre jeu, sur ce qu’on savait faire ?

On le répète depuis le mois de janvier chez les mousquetaires, mais Ludo Giuly en pointe, c’est une aberration tactique consternante. Certes, sur ce match-là et la bonne entame de notre super capitaine, on ne pourra rien dire puisqu’il a été trop tôt fauché par Dame Destin qui nous joue encore une fois un vilain tour. Mais si l’on reprend ses perfs depuis le début de saison, statistiquement, on a malheureusement raison.
Car si on compte les deux compétitions majeures (championnat et coupe d’Europe), notre Ludo national en est à 17 buts. Et sur ces 17 buts, il y en 10 où Ludo a joué le match en tant que milieu offensif droit ! Ce score peut même monter à 11 si on établit que face à Marseille, il a commencé attaquant, en seconde mi-temps il a été repositionné à droite, où il a marqué le but de la victoire. Enfin, ce score peut gonfler à 12 si l’on considère que sa position lors du mémorable 8-3 face à La Corogne n’était pas tant que cela en avant-centre, mais plutôt en milieu droit libre, vu que Cissé était au marquage à la culotte de Valeron, et donc pas apte a assuré continuellement le coté droit.
Ainsi donc c’est plus de 60 % de ses buts qui ont été inscrits alors qu’il jouait côté droit.
De plus, son passage a diminué l’influence de ses coéquipiers. En effet, Rothen était en tête des passeurs à la trêve, alors que Ludo jouait 90 % du temps à droite. Mais dès lors que Ludo est passé plus souvent dans l’axe, l’apport offensif de Rothen s’en est trouvé limité, voire annihilé, puisque ses centres ont rarement trouvé Giuly de la tête…

Deuxièmement, le cas Zikos. Durant ce match mémorable de douleur, on l’a trouvé très souvent en position de libéro, inhabituel pour lui. Si défensivement, il fut très bon, c’est offensivement que son positionnement est douteux. En effet, la tactique offensive était de clairement prendre la défense de Porto de vitesse par des passes en profondeur. Et qui est un de nos meilleurs passeurs dans ce style-là ? Zikos, et oui. Et sans l’apport offensif de Zikos, et bien l’équipe s’est cassé les dents…
De plus, ce positionnement est d’autant plus douteux que l’on savait que Porto allait jouer défensif… Alors est-ce normal de la jouer sur le reculoir face à une équipe qui était elle-même naturellement sur le reculoir ? Non, surtout que l’ASM ne sait pas avoir une tactique attentiste, la preuve encore cette fois… malheureusement !

Pour continuer dans cet aspect douteux du pythagornage de Dédé, venons-en au point fort de l’équipe : son côté gauche. Et là, on touche du doigt le point le plus désastreux et le plus incompréhensible.
Incompréhensible, parce que d’un point de vue visuel des tribunes, il est apparu deux bizarreries : Evra a joué dans une position plus haute que Rothen, qui lui était recentré de façon honteuse, le forçant presque à ralentir le jeu.
Et les combinaisons à deux Rothen-Evra, il n’y en a pas eu, et pas seulement parce que les Portos ont été bon, mais surtout parce que les deux n’ont jamais été en position d’en faire, Evra trop haut, et Rothen trop au centre, et trop bas. Si le positionnement de Zikos pouvait s’expliquer un tant soit peu, là, comme le poulpe, je sèche… Pourquoi ? Pourquoi se priver ainsi du point fort de l’équipe ? Pourquoi se saborder un peu plus nos chances ? Pourquoi ?
D’autant plus que l’on savait que pour battre cette équipe, il fallait contourner sa défense, donc passer par les ailes. Avec Ludo en pointe et Rothen au centre, l’équipe s’est empalée dans le mur portugais avec un jeu des plus invariables, alors qu’il aurait fallu le contourner ce mur…
Bref, pourquoi ?

Enfin, et voilà le point le plus douloureux, pourquoi tenter de telles innovations en finale, là où il fallait justement se concentrer sur ce que l’on sait faire, et uniquement cela afin de gagner.
On sait que Dédé se butte souvent sur des tactiques quitte à se taper la tête contre le mur en attendant qu’il se brise, mais là… C’est une finale de ligue des champions merde, et pourquoi passer à côté de ce qui nous a fait gagner en tentant de s’adapter à un adversaire, ce qui, au final, nous a rarement réussit. Pour tenter des tactiques, il y a la coupe de France, les petits matchs de championnat, mais pas une finale de ligue des champions que diable !
On savait Porto capable de faire déjouer n’importe quelle équipe. On était prévenu. Malheureusement, il s’est avéré que si Porto nous bien fait déjouer, il s’est surtout avéré qu’avec cette tactique bancale, on s’est aussi fait déjouer nous même !

On a donc déjoué deux fois, d’où la grande tristesse qui nous accable dès lors…