Metz – Monaco : CR from la tribune des mes seins

Et oui !!! Le ch’ti habite la Lorraine, vous l’aviez oublié ? J’ai donc endossé mon maillot, enroulé mon écharpe et recouvert le tout d’un énorme blouson parce que ça caillait sévère et j’suis allé me peler le cul au Saint Symph.

J’avais embarqué avec moi quelques pottos, la plupart Monégasques de cœur, enfin surtout parce que les matchs qu’ils ont l’occasion de voir en ma compagnie sont ceux de Monaco, et donc au bout d’un moment c’est comme les p’tits animaux : on s’attache.
Par contre un ami messin était là aussi et on s’est bien sûr mis côte à côte.

Nous voilà arrivés à 18h30 en tribune ouest derrière les buts (j’aime bien être derrière les buts). Comme il se faisait faim, j’ai pris un Américain et une bière. Et là, surprise ! À Metz, on a pris des cours chez mes copains Lensois et Lillois, car la nénette qui me sert l’américain me dit, devant le triste état de son emballage : « C’est comme ça ki font à Lille ». Que répond votre serviteur, feignant l’ignorance ? Et bien il s’offre un délicat : « vraiment ? Comme c’est curieux ! » Il faut que je précise pour ceux qui ne connaissent pas que l’Américain, c’est un sandwich dans une demi-baguette, contenant du steak haché, ou du jambon, ou un autre truc (genre fricadelle ou maxicantos) avec des frites. Bien-sûr y’a plein de frites et ça déborde de partout, et c’est là que l’expertise nordiste est nécessaire pour enrubanner le tout. Aussi, après avoir joué le neuneu du coin, j’ai fait une démonstration à la tite dame de comment t’est-ce qu’on fait son américain au carré. Là, elle est soufflée la nana.
Pour ce qui est de la bière, il s’avère que le éfecémetz s’est offert le luxe de sortir une bière à son nom. Incrédule, je m’en prends une, pour une fois qu’on peut picoler dans le stade. Et ben c’était loin d’être mauvais. Elle valait même largement plusieurs pisses goûtées ici et là lors d’autres pérégrinations.

Je retourne donc à ma tribune, afin de festoyer comme il se doit avant l’arrivée des joueurs. Une fois ceux-ci arrivés à l’échauffement, je me permets de me casser la voix à les zencourager. Autant le faire tant qu’il n’y a personne dans le stade, au moins je peux espérer être entendu. Un qui m’entend bien c’est le type de devant, qui ne semble pas apprécier vraiment.

Le match débute, et franchement, c’est Monaco qui domine. Contrairement à ce qu’à pu dire la charmante, mais néanmoins godiche bonne femme de téléfoot, les Messins n’étaient pas top fringant. Ils nous l’ont joué retour du mur de Berlin à 10 derrières et un dans le rond central. C’était d’ailleurs rigolo, car tout le long du match, sauf le dernier quart d’heure, quand les Messins attaquaient, le gars avec le ballon était tout seul. Genre le gars il fait une percée sur l’aile, il lève la tête pour centrer et il ne voit que Modesto et Givet qui font la causette dans la surface, ses copains jouant à pierre feuille ciseau celui qui devra monter.
Ça ne les a pas empêchés d’être les plus dangereux. Pourquoi ? Comme d’hab : les coups de pied arrêtés. On s’est pris un but logiquement refusé sur coup de pied arrêté, on s’est pris le vrai but sur coup de pied arrêté et on a eu pas mal de frayeur sur coup de pied arrêté. Va falloir qu’on travaille ça, c’est certain !

Bon je vais pas faire le résumé chronologique du match, mais en gros, pour les deux mi-temps c’est pareil : une demi-heure monégasque avec une maîtrise du ballon, mais un mur infranchissable messin. Des contre-attaques d’un Messin tout seul qui se fait cueillir. Puis le but de Manu qui arrive à survoler tout le monde sur une des rares attaques inspirées des Munegu. Parce qu’en fait, le gros problème avec le mur de Berlin, c’est que si t’es pas inspiré tu le passes pas. Et samedi on n’en a pas eu beaucoup de l’inspiration. Alors que les messins, comme ils étaient tout seuls à chaque fois, ben le gars il est obligé d’être malin pour approcher du but et pour pouvoir taper sur le poteau (ils aiment bien ça).
Puis lors du dernier quart d’heure de chaque mi-temps, les Messins s’énervent. En première parce qu’ils se sentent volés par l’arbitre, la deuxième parce qu’ils se sont pris un but. Et là, c’est la folie : ils se mettent à monter !! SI !!! J’te l’jure !!!

En tout cas, moi j’faisais pas trop l’malin parce que le public mes seins il était fin énervé. Ils gueulaient tout ce qu’ils pouvaient sur l’arbitre et sur tout ce qui s’apparente à Monaco. Le gars devant moi il s’est retourné vers moi en hurlant : « QUI C’est QUI EST DE MONACO ». Moi, j’ai repris mon écharpe, j’l’ai mise autour du cou de mon pote messin et j’dis : « c’est lui !!!! » Il n’a même pas rigolé.

Le match s’est fini, le public s’est calmé parce que finalement ils ont pas perdu et moi j’suis rentré chez moi avec à la fois la déception de ne pas avoir gagné alors qu’on menait et le soulagement de ne pas avoir pris plus, parce que même s’ils n’ont pas beaucoup joué les Messins, ils ont eu pas mal d’actions très chaudes.

C’était Dubinou, le ch’ti passé par la Lorraine avec ses sabots dondaine.