24h Chrono –1# ASMonaco

La voici la voilà la nouvelle série ASMousquetaires. Après un lancement plus que réussit grâce aux Cahiers du Foot (que nous remercions encore, et toujours), nous prenons le relais avec une déclinaison à travers la France et pourquoi pas l’Europe de nos journées spéciales du patrimoine footeux, nos journées avec…, nos 24h dans la vie d’un groupe. Et à tout seigneur tout honneur, nous commençons avec l’ASM.

4h30 : Le réveil d’Antonio Pintus carillonne l’hymne italien. Le préparateur physique de l’ASM se lève, et la main sur le cœur va vers sa cuisine.
5h00 : Youvé, le chien de Didier Deschamps hurle à la mort pour sortir, ce qui réveille notre cher entraîneur du « Monaco qui brille ».
5h03 : Pintus a enfilé son jogging Kappa, bu un café San Marco, et s’élance pour son petit footing matinal quotidien. Il espère pouvoir être à l’heure à la Turbie.
5h35 : Didier Deschamps revient de sa promenade diurne. Ne pouvant pas se rendormir, il s’affale sur son sofa, et commence à penser à la tactique pour le prochain match.
5h45 : Pintus arrive à Gorbio, tranquillement…
5h48 : Pontus Farnerud tombe du lit : Mini Pontus à besoin qu’on lui change sa couche, et le fait savoir…
6h15 : Pintus arrive à St Agnès, s’arrête pour boire un coup à une fontaine.
7h05 : Didier vient de finir de revoir la finale de la Coupe du Monde France – Brésil. Pour approfondir la chose, il se regarde la Finale Marseille – Milan
7h12 : Pintus est en vue de Peille. Il stresse, car il a 8 min, 12s et demie de retard sur son temps de passage habituel
7h35 : La majorité des joueurs de l’ASM se réveillent petit à petit.
7h42 : Pintus déboule comme un fou dans la Trinité. Il tente de rattraper le temps perdu.
7h52 : Pat Evra est en rogne : Il ne lui reste plus que des petits Lu pour le petit-déj, et il est catégorique : « Si je prends un de ces trucs, je vais finir par ressembler à Sylvestre ! »
8h03 : Antonio qui commence à peine à transpirer arrive sur la moyenne corniche, le sourire aux lèvres, il a rattrapé son retard.
8h10 : François Modesto est le dernier des Monégasques à se lever… Il bâille… Puis fatigué de bailler, se rendort…
8h30 : La plupart des joueurs monégasques terminent de se préparer, car une longue et dure journée d’entraînement s’annonce.
8h35 : Didier Deschamps hésite. Va t’il utiliser la tactique de France – Brésil, ou de Marseille – Milan ? Tout en se sapant, il songe.
8h40 : Chevanton est le premier arrivé à la Turbie. Encore en pantalon de flanelle, il va sur le terrain pour taper du cuir dans les buts… POUM !
8h42 : Squillaci, qui a depuis peu laissé tomber sa Polo pour une très grosse cylindrée, se fait doubler dans la montée vers la Turbie par Pintus qui trottine toujours au même rythme.
8h52 : petit accident à la Turbie : Modesto voulait partager avec un supporter une tranche de fromage Corse qu’il promène depuis lulure dans son coffre. Malheureusement, alors que Modesto coupait son précieux, le supporter alluma une clope… BOUM !
8h58 : On a retrouvé le joueur monégasque, la déflagration l’ayant envoyé dans un châtaigner non loin de là. Par contre, aucune nouvelle du supporter monégasque…
9h05 : Début de l’entraînement : footing. C’est Pintus qui mène le train, une longueur devant les joueurs, déjà fatigués par leur soirée au Jimm… par leur match précédent.
9h12 : Alors qu’il trottine au côté de ses joueurs, Deschamps est toujours songeur.
9h15 : Un booster grand siècle arrive à la Turbie, en faisant un boucan du diable : C’est le webmaster du site officiel de l’ASMFC (que l’on va appeler Webby par commodité) qui vient à l’entraînement faire son rapport mensuel.
9h17 : Ludo Giuly appelle Jeannot Petit. Il lui faut un certificat médical signé du médecin du club à propos du problème à la jambe que les toubibs espagnols n’ont pas décelé.
9h30 : Fin du footing. Deschamps commence l’entraînement par des exercices de vitesse balle au pied. Le premier est un simple slalom.
9h37 : Webby commence par un reportage photo sur l’entraînement. Les plots autour desquels slaloment les joueurs n’ont jamais été pris d’aussi près !
9h48 : Chevanton, au lieu de passer le ballon à un coéquipier à la fin du slalom, envoie un grand shoot en direction des buts qui se trouvent de l’autre côté du terrain… POUM !
9h50 : Fin des slaloms, Dédé met en place le second exercice : courses avec redoublement de passes à trois.
9h58 : Chevanton fait la tête, Didier Deschamps lui a interdit de tirer dans les buts, c’est redoublement de passes, pas reprise de volée.
10h10 : Webby continue de prendre des photos : Les arbres, la vue de la Turbie, les ouvriers de Batmon (entreprise de bâtiment monégasque pardi !) qui sont en pleine élaboration des nouveaux vestiaires… L’entraînement est passionnant.
10h15 : Dernier exercice, séance de passe à dix dans un petit périmètre avec Lescure, Juan et Lacombe en opposition. Cheva tire la gueule à défaut de tirer dans le ballon…
10h30 : Alors que les joueurs sont partis se désaltérer, Didier Deschamps se conférence au sommet avec Petit et Ettori pour savoir comment ils vont désigner le joueur qui sera positionné en meneur de jeu lors du match prochain.
10h35 : Après un débat houleux, la méthode du pierre-feuille-ciseau semble avoir les faveurs du triumvirat principautaire.
10h40 : Reprise de l’entraînement : 20 minutes de tennis ballon.
10h42 : Cheva a du mal avec le principe du tennis ballon, car dès qu’il reçoit la balle, il se sent obliger d’envoyer un boulet dans les cages les plus proches, POUM !
10h51 : Manu Adebayor, voyant que ses partenaires de jeu ont du mal, prend les choses en main. La boule lui arrive dessus, il la renvoie de l’autre coté d’une louche, saute par-dessus le filet, reprend le ballon, re-louche le cuir par-dessus, re-saute après le ballon…
10h54 : Le ballon sort, Manu s’effondre, exténué : « Et, j’ai que deux pieds, je ne peux pas tout faire… »
11h00 : dernier exercice de la matinée : Matchs 8*8 sur demi-terrain.
11h17 : Kallon enfume deux adversaires, lève la tête et fraaaaape… Malheureusement, c’est dans les buts du terrain d’à coté.
11h30 : Fin des matchs.
11h45 : Vestiaire, douche, puis séance autographe avant d’aller manger tous ensemble.
12h30 : DD arrive dans la salle à manger, enfin, dans la caravane à manger de la Turbie. Ce midi au choix, pâtes… Ou riz… Ou pâtes… Ou riz…
12H40 : Et bien à la surprise générale, Didier, prends… Des pâtes !!!
13h10 : Ludo Giuly appelle Jean-Luc Ettori. Il aimerait savoir si les médecins de l’ASM peuvent aussi s’occuper de la griffure au bras qu’il s’était fait en taillant les haies.
13h28 : Coup de fil à la Turbie : Nando Morientes, qui a fini de débarrasser la table de Michael Owen, demande à Evra ce qu’il a mangé à midi…
13h49 : Les joueurs se relaxent, certains discutent avec les supporters, d’autre s’affairent, comme Modesto, qui allongé au pied d’un châtaigner, cueille les châtaignes « à la tombée ».
14h12 : Webby demande à son responsable s’il peut utiliser des phrases sortant du classique sujet-verbe complément pour son article de 4 lignes sur la carrière de Dédé.
14h29 : El Fakiri, qui a un peu trop forcé sur les pâtes, est pris de vilaines flatulences provoquant des trous d’air, si bien que notre fakir norvégien chute de son tapis volant.
14h40 : Les joueurs regagnent les vestiaires et se préparent pour une après-midi chargée.
15h02 : Deschamps organise un petit match d’entraînement, titulaire contre remplaçants.
15h12 : Grosse engueulade à la Turbie : Sur un centre de Farnerud, Roma a tenté une sortie en catastrophe, mais Adebayor (que l’on a mis avec les remplaçants pour s’habituer à jouer seul lors des passages en mode tongue de l’équipe en match) l’a devancé et d’une belle tête piquée a ouvert la marque. Deschamps fustige son gardien « J’ai eu ta mama au téléphone, et elle ne t’a pas donné l’autorisation de sortir ! »
15h29 : Maicon qui est monté aux avant postes, a laissé un boulevard à Farnerud, qui à gauche, a tout le temps de centrer pour Adebayor, qui remet intelligemment de la tête pour Camara qui double la mise.
15h45 : La mi-temps est sifflée, sur ce score de 2-0 pour les remplaçants.
15h48 : Coup de fil à la Turbie : Fernando Morientes, la voix tremblante, après avoir vu qu’il ne serait même pas remplaçant lors du périlleux déplacement du Real face à Pampelune, appelle Jean Petit pour avoir le score du match.
15h55 : Reprise du match d’entraînement.
16h02 : Drame à l’entraînement : Perez, qui a reconnu Saviola comme un vague adversaire lors du dernier match de la sélection uruguayenne, sent son sang de céleste qui lui monte au nez, et lui fait sa spéciale, le tacle au niveau de la cuisse. Heureusement, plus de peur que de mal, le petit lapin Argentin saute décidément très haut…
16h15 : Crise à la Turbie. Après un superbe mouvement collectif Cheva’-Saviola-Kallon, ce dernier s’en va battre Audard d’un plat du pied et réduit le score. Il fête son but en enlevant son maillot, si bien que Dédé n’a d’autre choix que de lui mettre un carton jaune.
16h20 : Saviola efface un, deux, trois, quatre, puis cinq adversaires, et s’en va tirer d’un pointu de son 32 fillette, mais Givet sort de nulle part et s’arrache pour contrer le tir de l’Argentin, belle abnégation !
16h22 : Zikos, encore une fois bien placé, récupère un ballon, mais pressé par Maicon qui le bouscule, le perd aussitôt. Énervé, il se jette en avant pour attraper la balle avec les mains et fait faute.
16h23 : Sur le coup franc consécutif à la faute du grec, Cheva’ place une merveille de mine qui arrache les toiles d’araignées de la lucarne. Les titulaires égalisent !
16h28 : Plus personne ne court, tout le monde est dans le rouge.
16h40 : Fin de l’entraînement, Deschamps propose une séance de tirs aux buts.
16h42 : Chevanton pose son ballon, POUM !
16h43 : Chevanton pose son ballon, re- POUM !
16h48 : Kallon pose son ballon, prend son élan, mais Cheva’, sort de nulle part, et POUM !
16h52 : Roma abandonne la séance de tir au but : « Avé Chéva, cé plou dou tir au boute, c’est dou tir au pigeonne ! »
16h53 : Ludo Giuly appelle Didier Deschamps. Il voulait savoir s’il pouvait passer demain en vitesse se faire soigner la coupure au doigt qu’il vient de se faire en ouvrant les huîtres.
16h55 : Drame à l’entraînement, Audard, qui a remplacé Roma, détourne le tir de Chevanton. Le Céleste voit rouge, mais attend son tour.
16h57 : C’est de nouveau à Cheva’ de tirer. Le face à face est terrible. Une ambiance de fin de western tombe sur La Turbie… Il manque plus que la musique à la Ennio Morricone.
16h58 : Cheva’ fixe toujours Audard, on se croirait dans « Il était l’ouest, une fois » (comme dirait Philippe Léonard).
16h59 : Chevanton s’élance comme une furie, Audard plonge à gauche, Cheva’ fraaaaaap… PANENCA ! Et en plus il tire la langue à Audard…
17h03 : Les joueurs vont à la douche.
17h12 : Bernardi sort de l’algeco, enroulé dans sa serviette, de la mousse encore sur les cheveux. Il va voir les quelques ouvriers près des futurs vestiaires pour leur demander un peu d’eau pour finir sa douche, parce que la douchette vient de rendre l’âme.
17h30 : La plupart des joueurs s’en vont à casa, sauf Adebayor, Cheva’ et Didier Deschamps qui ont un surplus de conférences de presse.
18h00 : Début de la conférence de presse, c’est Manu Adebayor qui entame la danse.
18h02 : Comme notre chère cigogne togolaise parle comme le vent lorsqu’il souffle en tempête, il a déjà fini… C’est donc au tour de Chevanton.
18h04 : Un ange passe… Sonia Diaz, la responsable de communication de l’ASM arrive un peu en retard, elle va servir d’interprète pour Cheva.
18h05 : Webby, au lieu de poser des questions, reste coi, fixant avec frénésie sa responsable de communication.
18h09 : Un journaliste tend un mouchoir à Webby afin que ce dernier essuie le filet de bave qui coule le long de sa bouche.
18h12 : Drame en tente de presse. Deux types se sont amenés avec un ballon à faire dédicacer au profit de la Bande à Lilian, mais Chevanton qui a vu le cuir, saute par-dessus la table, le prend d’un petit coup de tête et de volée, POUM !
18h14 : Le téléphone de la Turbie sonne… personne ne l’entend
18h25 : Le téléphone de la Turbie pleure… en vain !
18h31 : Le téléphone sonne… Pastor, fraîchement arrivé, décroche. C’est Nando Morientes qui voulait savoir comment la conf… Le président de l’ASM raccroche, grommelant que ce n’est pas son turbin le téléphone.
18h35 : Le téléphone sonne… Pastor décroche. C’est Ludo Giuly pour savoir s’il faut qu’il mette de la glace ou une compresse chaude sur l’hémato… Pastor raccroche…
18h40 : Toujours le téléphone. Pastor n’écoute pas qui est son interlocuteur, se pince le nez et raconte : « Les services fiscaux de la Turbie sont fermés pour cause de fermeture, veuillez rappeler demain »
18h46 : Crise de nerfs à la Turbie, Rothen qui appelait pour savoir s’il n’y avait pas un poste de coupeur de citron en dés pour lui, se voit raccrocher au nez par Pastor, qui en casse le téléphone en grommelant « marre de ce fichtre de diantre créfieu de merd…credi ! »
18h53 : Morientes déprime : Pastor ayant cassé le téléphone, il ne peut plus appeler pour savoir qui a gagné la partie de baby-foot entre Givet-Rodriguez et Plasil-Farnerud.
18h62 : Après le 653ème « Nan au contraire » et au 318ème « À partir de ce moment là », Didier Deschamps en termine avec les journalistes et quitte lui aussi la Turbie.
19h15 : Webby, n’ayant pu poser des questions à Deschamps, tente une interview téléphonique de Nonda : « A je crois qu’c’est clair, je suis encore blessé, c’est clair, j’ai mal, c’est clair, j’peux pas jouer… »
19h43 : Rodriguez, qui est allé boire un coup avec Givet et Squillaci à la Turbie arrive à la maison. Au menu ce soir, c’est cassoulet « light » (sans mayonnaise).
20h02 : Drame chez les Plasil : L’oncle Preskovich a débarqué de Prague dans l’après-midi et force notre tchèque à manger les délices de là bas. Mais Jaro est réticent, vu l’odeur, on le comprend.
20h19 : Tonton Presko insiste : « C’est que des bonnes choses. C’est comme des truffes en chocolat… C’est du cacao de synthèse, de la margarine et de la saccharose aussi. C’est une fabrication artisanale. C’est fait à la main, c’est roulé à la main sous les aisselles.
20h35 : François Modesto va au lit, cueillir les châtaignes, ça l’a fatigué.
21h02 : Plasil, après avoir fait plusieurs tours aux toilettes pour se vidanger l’œsophage, voit rouge :
« Mais qu’est ce que c’est cette matière, c’est de la merde !?!
-Non, c’est Klug ! »
21h25 : Didier Deschamps, qui a repris sa réflexion pythagorique, est toujours songeur…
22h00 : La plupart des joueurs de l’ASM sont au pieu, demain sera un autre jour.
23h12 : Dédé se frappe le front : bon sang, mais c’est bien sûr ! On va jouer comme l’Équipe de France en 98 ! Ou comme l’OM en 93, car c’est sensiblement la même chose… Tout content, il se colle à Madame Deschamps… Bonne nuit !