[La Corogne-Monaco] CR SMS from Djerba

Comme tu n’es pas sensé le savoir, ton serviteur rentre d’une semaine de vacances à Djerba, en Tunisie, lieu franchement sympa qui mérite un p’tit détour. Étant donné que la télévision là-bas tu la reçois via un ingénieux système de codage en morse, capté grâce a un râteau planté bien haut sur le toit de la mosquée, tu te doutes que pour eux, Canal+ est une marque de machine à laver et que je n’ai donc pas pu suivre le match face à La Corogne, même pas en crypté. Casse l’âne Étienne, j’ai des potes bien intentionnés qui savent se servir de leur poretaibleu mobaïïïle et des fameux SMS…

16h53 : Ah putain, c’est l’heure de descendre à la thalasso pour une fin d’après-midi relaxe, détente et massage (quoi, ah non, pas taper, pas taper !!). Juste avant, je me rends compte de l’importance du match de ce soir, je SMS à quelques potes : « moAvoar pb pur match ce soar. Toa puvoar doné moa scor ? MRci ! »

17h48 : Je rallume mon portable, après une douce séance de hammam, de massage, de thé à l’eucalyptus… Et c’est un flot de réponses favorables qui me choit sur la cafetière : « Pa 2 Pb lami »

20h45 : Après m’être baffré de 12 couscous, avoir enquillé 18 tajines (6 marocaines et 12 tunisiennes), avoir ingurgité 6 makrouts, 9 baclawas, et 1 banane, je remonte dans ma chambre, et j’allume mon feu mon Samsung : « Compo d’ékip : Roma, Mékon, JV, Modesto, To2, Evra, Kalon, Zikos, Bernardi, Saviola, Cheva »

21h08 : Première vibration de mon bibop : « Gol Cheva ! » Ça part bien !

21h25 : Alors que sur mon lit en train d’écrire quelques vagues cartes postales, j’étais surtout en train de m’assoupir, retremblement. Fébrile et un peu dans le coaltar, j’ouvre le message : « Gol 2 JV »

21h25 : Je trépigne tellement sur mon sofa que je ne sens pas vibrer à nouveau mon téléphone. Pour réparer cette infamie, je décide de remettre la sonnerie avant de lire le message. Malheur ! J’en reçois tellement en même temps que tout l’hôtel en sera réveillé ! Ca cacophone, ça bibip, ça drelingue, ça cocoricote, ça boumboum, ça turlutte … « Gol Saviola ! »

21h30 : À peine le temps de lire la douzaine de messages m’annonçant le but de Saviola que j’en reçois déjà d’autres tous nouveaux, tous chauds. By Jove, c’est la mi-temps ! « Moco mN 3-0 ala mitem »

21h45 : Ayé, j’ai fini d’envoyer quelques réponses : « achtung au syndrome ogcnice, mais c’est quand même jouissif un tel score ! »

21h58 : Je viens tout juste de remettre le vibreur, grand bien m’en a pris : « But 2 mékon »

22h00 : Nouvel incident. Mister Popo, la porcine mascotte des mousquetaires, fait irruption dans la chambre, ivre mort après s’être beurré la gueule au thé à la menthe au bar où il est parti furer la gazelle. Apprenant le résultat, il s’éjecte de son costard, enfile son maillot, saute sur le lit en éructant sa joie : « ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!! »

22h10 : À force de sauter sur le lit, messire Popo détruit le sommier, et finit à plat ventre, les 4 fers en l’air : « toapayenavoiratemokédemoasinonpanpankuku »

22h20 : Une fois calmé, Popo et ma pomme devisons tranquillement sur les futurs adversaires probables, au rythme des « Perez remplaS Evra » ou « Manu rentr, Saviola sor »

22h25 : Nouveau drame ! Mon téléphone drelingue à nouveau : « Evivaaaaaaaadebayor !!!! », talonné de prés par « Gol 2 Manu ! »

22h26 : En fait, le drame, c’est maintenant qu’il a lieu. La mascotte ne résiste pas à ce nouveau coup d’adrénaline. Je n’ai même pas le temps de tourner la tête que Messire Popo a déjà ouvert la porte, a enlevé son maillot et le fait tourner au-dessus de sa tête, courant dans tout l’hôtel, gueulant sa joie « Monaco ! Monaco ! Monaco ! »

22h40 : J’entends que ça cri en dehors, mais je n’ose sortir, j’attends la confirmation de la fin du match : « Pontus rempl Cheva »

22h46 : Un message, sûrement la fin… oui… non… oui… NON : « AAAAAh ! Adebayor rate la bal de set apré un caviar de Pontus »

22h48 : Ayé, c’est la fin du match : « Moco a gagné, Moco est 1er car Liverpool a gagné 3-1 »

22h52 : Je me hasarde à sortir de la chambre. Arg mein got ! C’est une hécatombe. On a des vieux qui gisent au sol à force de dire « silence », on a des dentiers coincés dans les pots de fleurs, on a des grooms affalés contre les murs, à force de courir. Une rombière allemande est même en train de se noyer dans la piscine, elle voulait regarder les poissons quand un machin rose lui est passé entre les guibolles et l’a déstabilisé, quelques mômes pleurent, les mains sur les oreilles pour plus entendre les cris. Je m’avance doucement vers la réception, et je découvre le patron de l’hôtel en train de sermonner mon petit cochon. Arf, il m’a bien mérité quand même. Ah, tien, vla que le dirlo lui colle un carton jaune, fallait pas qu’il enlève le maillot, le règlement, c’est le règlement…

22h55 : Popo se retourne enfin vers moi. « Alors, on a gagné zinq – zéro, et on est combien ? … Quoi, on est premier ? ON EST PREMIER !!!!!! »
Et il se remet à courir autour de la piscine…