Rainier per tugiù !

S.A.S. Le Prince Rainier III s’est éteint à l’age de 81 ans. Voulant s’associer avec le grand élan d’émotion et de chagrin qui a assombrit la Principauté, le site des Mousquetaires du Prince s’est paru de noir, et ce pour un temps indéterminé. Et alors que les drapeaux seront en berne à Monaco, nous allons mettre de coté nos délirades et autre calembredaines afin de vous compter un peu plus qui était l’homme qui a fait que l’ASMonaco FC est devenu l’ASMonaco FC… entre autre !

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Et cette mise en sommeil footballistique est d’autant plus justifiée que le match Monaco-Lille prévu ce dimanche a été reporté à raison, le deuil national étant une cause suffisamment légitime (on rappelle que tous les sports italiens du week-end derniers ont été suspendu suite au décès du Pape Jean-Paul 2), d’autant plus que l’adversaire du soir, le LOSC, n’aurai certainement pas refusé ce report, quant on sait que Claude Puel, le coach Lillois est un enfant de la maison monégasque.
Pas de match dominical, pas d’actualité diront certains.

Certainement pas !
Parce que l’actualité, c’est la mort de notre bon Prince Rainier. D’ailleurs, ça sera la seule actualité que proposera le site des mousquetaires jusqu’au samedi 16 avril, soit au lendemain des funérailles solennelles qui auront lieu à la Cathédrale de Monaco, et en retransmission sur grand écran dans de nombreuses églises de la Principauté.
Après cela, nous reprendrons notre activité normale, mais en gardant encore un moment cette teinte noire en signe de deuil, car c’est un très grand bonhomme qui vient de nous quitter.

Si le fait que Puel soit l’entraîneur qui a du reporter son match en plein cœur du deuil, était déjà une coïncidence, qu’en est il du fait que le Prince soit mort le 6 avril, soit un an jour pour jour après ce que l’on pourrait considéré comme l’Apogée de l’ASMonaco sous les yeux du Prince Rainier III. Le match contre le Real de Madrid, l’élimination au pied du Rocher d’un grand d’Europe, l’équipe des Princes Monégasques battant l’équipe du Roi d’Espagne, nouveau pied de nez à l’histoire, où la famille Grimaldi aura su résister et tenu tête à bien plus grand et bien plus fort. Et sous son règne, c’est la Principauté qui parait bien plus grande (le Prince Bâtisseur a augmenté le territoire national de 25%, gagnant sur la mer), bien plus forte…

Mais plus que son œuvre, c’est ce qu’il était en tant qu’homme, en tant que souverain qui nous a le plus marqué. Comme il l’a parfaitement exprimé lui-même : « A Monaco ce qui est particulier c’est que l’autorité du Prince se répercute de façon familiale. On regarde vers le Prince plutôt comme un Chef de famille. Je crois que ce sont ces relations privilégiées entre le Prince et les Monégasques qui sont l’essentiel, qui font la pérennité de la Principauté »
Car notre prince, c’est pas comme un président de la république qui change tous les 7 ans sur France… Ici, je n’ai connu en 25 ans que lui, dans tous les magasins de la Principauté, dans toutes les salles de classes, dans toutes les entreprises, il y a une photo de lui. Si le club de notre coeur est à la place où il est actuellement, c’est parce qu’il l’a voulu, c’est parce qu’il savait que le sport de haut niveau serai une vitrine idéale à notre Principauté…

Le Monaco de 1945 et celui de maintenant n’a rien à voir, il est plus grand, plus beau, plus « puissant » et a une place toujours plus grande à l’échelle mondiale. Le Prince Rainier a, de par son œuvre de grand bâtisseur et de par son coté de travailleur acharné qui s’investissait à fond dans chaque dossier, réussit à faire que le micro état monégasque soit reconnu comme un état en tant que tel, un état moderne, un état qui avance, un état de réussite, un état d’art, de fêtes, de sport, et de musique !
A une époque où les Bretons, les Basques, les Corses, les Québécois, les Wallons veulent l’indépendance, nous Monégasques nous avons su garder cette indépendance, et avec le Prince Rainier III, nous avons réussit à faire que cette indépendance soit une force.
Certes Monaco a ses bons cotés, et ses mauvais cotés, son luxe, son strasse et ses paillettes, son univers du surfait, ces ahuris qui le sont parce qu’ils ont les moyens de l’être… Mais c’est la société qui veut cela.
Et dans un Monaco qui vire ainsi, le monégasque moyen (car cela existe, contrairement aux clichés de journalistes mal embouchés) arrive à vivre dans une ville au confort incomparable… Et c’est à Rainier qu’on le doit. S’il a développé la Principauté et attiré le luxe et les strasses, ça n’a jamais été au détriment du « petit peuple » qui se porte à merveille, un petit peuple qui en ce 6 avril 2005, a perdu un Prince, un Patron, un Chef, oui, mais un chef de famille.

Et c’est tout cela que nous allons tenter de vous présenter et de vous expliquer ce long, très long dossier. Parce que revenir sur sa vie et son œuvre, toute bonne émission avec Jean Des Cars en sera capable avec beaucoup de qualité. Mais faire ressortir de l’intérieur tout les bienfaits du Prince Rainier à sa Principauté, là est une chose plus compliqué, un défit ardu que nous tenterons de relever, les yeux tournés vers le ciel, vers notre bon Prince qui est désormais près d’un Dieu qui a guidé toute sa vie, près de la Princesse Grâce, cet amour immortel qui a réuni un grand Prince, une grande Dame, et tout un peuple.

#1 – Qui étais SAS le Prince Rainier III

RAINIER III, Louis-Henri-Maxence-Bertrand est Prince Souverain de Monaco, ça tout le monde le sait.
Mais ce n’est pas que cela, c’est avant tout un homme, un travailleur, qui soit par héritage, soit par le fruit de son travail, ou de son courage de combattant, a récolter quelques distinctions, dont voici la liste complète :

Duc de Valentinois,
Comte de Carladès,
Baron de Calvinet,
Baron du Buis,
Seigneur de Saint-Rémy,
Sire de Matignon,
Comte de Torigni,
Baron de Saint-Lô,
Baron de la Luthumière,
Baron de Hambye,
Duc de Mazarin,
Duc de Mayenne,
Prince de Château-Porcien,
Comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont,
Baron d’Altkirch,
Seigneur d’Isenheim,
Marquis de Chilly,
Comte de Longjumeau,
Marquis de Guiscard,
Bailli-chevalier Grand-Croix d’Honneur et de Dévotion du Souverain Ordre Militaire de Malte avec Croix de profession « ad honorem »,
Colonel dans l’Armée Française,
Grand Maître de l’Ordre de Saint-Charles,
Grand Maître de l’Ordre de la Couronne,
Grand Maître de l’Ordre des Grimaldi,
Grand-Croix de l’Ordre de la Légion d’honneur,
Membre de l’Ordre Militaire Pontifical de l’Eperon d’Or,
Membre de l’Ordre des Séraphins,
Collier au Mérite du Souverain Ordre Militaire de Malte,
Grand Cordon de l’Ordre du Mérite de la République italienne,
Grand-Croix de l’Ordre du Sauveur de Grèce,
Grand-Croix de l’Ordre Royal de Georges Ier de Grèce,
Grand Cordon de l’Ordre de Léopold de Belgique,
Grand-Croix de l’Ordre du Lion d’Or de Nassau,
Grand-Croix de l’Ordre Equestre de Saint-Martin,
Grand-Croix de l’Ordre de « Mohamed Ali »,
Grand-Croix de l’Ordre de l’Etoile de Karageorgevitch,
Grand-Croix de l’Ordre Militaire de Saint-Jacques de l’Epée,
Grand-Croix de l’Ordre National José Matias Delgado de la République de El Salvador,
Mérite Libanais Hors-classe,
Croix de Guerre Française,
Croix de Combattant Volontaire 1939 – 1945,
Croix de Guerre Belge,
Croix de Guerre Italienne,
Médaille d’Or de l’American Legion
et Ordre Olympique d’Or, Médaille d’Or FIA du Sport automobile

Mais avant tout, Rainier III est un homme, fils, mari, père, grand-père. Chef de Famille du petit peuple monégasque, c’était aussi le patriarche d’un grande famille, dont voici, pour mémoire, les composantes :

Il est le fils de la Princesse Charlotte, Louise, Juliette, Duchesse de Valentinois, née le 30 septembre 1898, à Constantine, décédée le 16 novembre 1977 ; et du Prince Pierre-Marie-Xavier-Antoine-Melchior, Comte de Polignac, né le 24 octobre 1895 au Château de Kerscamp (Morbihan), devenu Grimaldi par Ordonnance Souveraine du 18 mars 1920, décédé le 10 novembre 1964.

Le 18 avril 1956, S.A.S. le Prince épouse Mademoiselle Grace-Patricia Kelly, née le 12 novembre 1929 à Philadelphie (Etats-Unis d’Amérique), décédée le 14 septembre 1982.

De cette union sont nés trois enfants :
La Princesse Caroline, Louise, Marguerite, le 23 janvier 1957 ;
Le Prince Albert, Alexandre, Louis, Pierre, Prince Héréditaire, Marquis des Baux, le 14 mars 1958 ;
La Princesse Stéphanie, Marie, Elisabeth, le 1er février 1965.

Le Prince Rainier III est grand-père de sept petits-enfants :
Quatre enfants de la Princesse Caroline :
Andrea, Albert, Pierre, né le 8 juin 1984 ;
Charlotte, Marie, Pomeline, née le 3 août 1986 ;
Pierre, Rainier, Stefano, né le 5 septembre 1987 ;
S.A.R. la Princesse Alexandra de Hanovre née le 20 juillet 1999.
Trois enfants de la Princesse Stéphanie :
Louis, Robert, Paul, né le 26 novembre 1992 ;
Pauline, Grace, Maguy, née le 4 mai 1994 ;
Camille, Marie, Kelly, née le 15 juillet 1998

(source : www.palais.mc)

#2- RAINIER III et la Principauté

S.A.S. Le Prince Rainier III a eut deux surnoms. Un, le plus récurant, celui que retiendront les manuels scolaires, c’est celui du « bâtisseur », s’expliquant facilement par le fait que sous son règne, Monaco a augmenté son territoire de près de 25%. Le second, plus « intimiste », est celui du « Patron », non pas le Patron façon roi soleil totalitaire, non le patron parce que sur chaque dossier, et ce qu’il soit pour la nomination d’une nouvelle chef infirmière à l’Hôpital Princesse Grâce ou pour construire une digue high-tech, il y mettait la même énergie, ne négligeant aucun détail, s’entourant des meilleurs conseillés possibles, pour avoir tous les paramètres en main au moment de signer. Ce qui lui a permis de ne faire que très peu d’erreur en 56 ans de régne…

D’un point de vue plus personnel, ces deux surnoms ne vont pas l’un sans l’autre. S’il a pu autant bâtir, c’est parce qu’il y a mis toute son énergie pour faire le mieux possible, c’est parce qu’il était « Le Patron » qu’il a pu devenir « le bâtisseur »… Et vice et versa !
L’œuvre de Rainier III peut se découper en plusieurs volets : Economiques, territoriales, sociaux… Mais avant toute chose, il y a un point central, un vecteur directeur, un dénominateur commun à toute son action : Faire que la Principauté vive avec son temps, tout en conservant son âme, et en développant le bien être des monégasques, faire un Etat moderne tourné vers l’avenir, tout en préservant les traditions du passé.
Cet axe, il l’a préservé tout au long de son règne.

Etat moderne tourné vers l’avenir, Monaco le sera, assurément, grâce à une politique de grands travaux ayant de nombreux justifications. Economique à court terme, ces travaux mettaient en branle toute une partie de l’économie et permettait à de nombreuses personnes d’en vivre, qu’ils soient maçon, architectes, ingénieurs, et tout le personnel des services afférents. Economique à long terme, car chaque bâtiment, chaque gain territorial sur la mer, chaque construction était le fruit d’une longue réflexion, et son utilisation comme sa rentabilité n’était pas laissé au bon vouloir de Dieu. Améliorant le cadre de vie de façon substantielle, les grands travaux de Rainier III ont permis aussi de diversifier l’activité économique de la principauté, afin que celle-ci vive d’autre chose que des aléas du tourisme.
Parmi les plus impressionnants, on ne peut que citer le quartier de Fontvieille, la création sur la mer d’une emprise de 220 000 m² de terrains constructibles et d’un nouveau port qui deviendra le nouveau centre économique de la Principauté.
En vrac, on peut aussi cité l’enterrement total de la voie ferré, laissant seul le béton maître de l’espace aérien, dans des travaux qui ont nécessité 6 ans, et un paquet de dynamites, faisant trembler nombre de bâtiments alentours. Autre chantier d’envergure, le Forum Grimaldi, nouveau centre culturel et d’affaires, vaste complexe de 35.000 m² sur dix niveaux destinés au tourisme d’affaires, aux congrès et salons professionnels, sans négliger l’animation culturelle favorisée par des installations scéniques et acoustiques du plus haut niveau. Enfin, le dernier en date est le nouvel arrangement de Port Hercule, avec l’élaboration de deux digues, dont une semi flottante de 350m de long, un véritable exploit technologique, faisant du Port de Monaco l’un des plus importants de la grande plaisance en Méditerranée, avec en bénéfice collatéral, une revitalisation du quartier de la Condamine.
Mais le petit peuple ne sera pas oublier, comme en témoigne la construction de mille logements domaniaux, dont la particularité est d’être prioritairement décerné à des monégasques.

Car telle est aussi la volonté du bon Prince Rainier III : Faire de sa Principauté la principauté des monégasques, et pas celle d’une armada d’italien ou de français venus en masse !
Pour cela, il va choyer son peuple en l’aidant à se positionner aux premiers rangs de par une « préférence nationale » qui se fera à tous les niveaux, tant sur le marché de l’emploi (face la plus visible et la plus notable) au niveau du logement, de la scolarisation etc …
Si cette pratique a déjà été perçu comme raciste en France, à Monaco, personne n’a jamais osé la remettre en cause. En effet, si l’état Monégasque ne vient pas en aide aux quelques 6 000 monégasques de sang, qui les aidera ?
Et on peut pas dire qu’en terme écomoniques, ce genre de pratique soit un frein à quoi que ce soit. Certes certaines entreprises peuvent se sentir brimé, car dans le cas où un employé monégasque ne ferai pas l’affaire, tout licenciement est soumis à une procédure d’une lourdeur pantagruélique, mais globalement, l’économie ne s’en porte pas si mal avec des monégasques à sa tête. Pour l’exemple, le chiffre d’affaires dégagé est passé de 3 milliards de francs en 1970 à à 9,8 milliards d’euros en 2004. En 2005 pour une population résidente de 32.000 personnes, la Principauté offre 41.700 emplois publics et privés, dont en 2003 31.648 étaient occupés par des personnes habitant hors des frontières.
Enfin, autres atouts de la principauté de Rainier III, rendant la vie de ses résidents bien plus facile, nous avons un système de protection social bien au point, calqué sur les modèles français, mais sans les écueils, sans les abus, sans les trous, mais aussi, et surtout, la sécurité, toujours à la pointe de la technologie, toujours en nombre afin de maintenir la prévention, parfois un peu trop zélé, mais être en paix et avoir le crime rare est un prix que nombreux seraient prêts à payer, alors qu’à Monaco, c’est devenu un euphémisme.

Si Rainier à développer la fortune du béton à Monaco pour en faire profiter ses sujets, dont les monégasques principalement, c’est aussi pour asseoir un peu plus Monaco comme un état à part entière, et non comme une paillette sur une mappemonde.
L’évènement le plus important, c’est l’entrée à l’ONU, permettant à Monaco d’apposer sa voix pour la paix, mais aussi d’être reconnu comme un vrai pays, au même titre que la Chine, le Brésil ou l’Australie.
En introduisant l’Euro (un peu de force suite à la disparition du Franc), Monaco s’est fait une petite place à l’ombre de l’Union Européenne, en ayant les avantages de la monnaie unique, sans en subir les inconvénients.

Au cours des 50 années qui viennent de s’écouler, la Principauté de Monaco s’est transformée, tout en préservant son identité, dans un monde connaissant de profondes et rapides mutations.
S’appuyant sur l’union de Sa Famille et des Monégasques, S.A.S. le Prince Rainier III a doté Monaco d’institutions modernes, adaptées à ses particularités ; ainsi ont été assurés la stabilité politique et le développement économique sur lesquels repose un progrès social durable.
Le Prince, par Ses initiatives, a affermi l’indépendance et la souveraineté du Pays en l’ouvrant davantage vers l’extérieur. Au sein de la communauté internationale, Monaco est désormais reconnue non seulement comme un lieu où il fait bon vivre mais aussi comme un pays dynamique où l’on travaille, où l’on innove.

Mais pour résumer ce qu’était Rainier III pour Monaco, celui qui en parle le mieux, c’est son succésseur, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco : « Rainier III « laisse l’exemple d’un prince totalement identifié à sa haute mission et qui n’a vécu que pour elle. Chacun connaît les réalisations de ce règne hors du commun, qui a vu naître et s’épanouir le développement exceptionnel de notre pays […] L’instant présent est à la prière et au recueillement dans le souvenir de ce grand prince qui a aimé passionnément son pays et ses habitants »

#3- RAINIER III et sa succession

A Monaco, le système législatif, judiciaire et exécutif est assez particulier. Le Prince exerce sa souveraineté, son « autorité souveraine » en conformité avec les dispositions de la Constitution et des lois.
Le pouvoir législatif est partagé entre le Prince qui a l’initiative des lois, et le Conseil national, élu par le peuple (pour faire simple), qui les vote.
Au niveau de l’exécutif, c’est un peu du même au pareil, cela relève de l’autorité du Prince, assisté par un ministre d’Etat et un conseil de gouvernement, responsables devant le Prince de l’administration de la Principauté.
Enfin, le pouvoir judiciaire est la propriété du Prince, qui délègue (selon la constitution) ce pouvoir aux cours et tribunaux qui rendent la justice en son nom.

Ainsi donc, si le peuple, via le conseil d’Etat, a son mot à dire, tout en haut de ce système, il y a toujours le Prince, le Prince Rainier III, puis désormais, le Prince Albert, parce que, par convention, à la seconde où Rainier poussait son dernier soupir, Albert héritait du trône, sans tambour, ni trompette, sans cérémonie de couronnement Napoléonienne… Et puis, avec le deuil qui nous accable, qui aurai envie de faire la fête pour un sacre.
Et puis tout d’abord, pourquoi Albert ? Pourquoi pas Caroline, qui si mes contacts ont raison, est la plus vieille des trois enfants de Rainier et de Grâce ?

Là encore, c’est par convention que cela se passe. Les prémisses de cette convention se retrouvent au 13ème siècle, dans le testament de Jean 1er, qui conscient de la fragilité de sa progéniture, avait organisé quelques règles de succession afin que le Rocher Monégasque reste entre les mains des Grimaldi, qui est le light motif familial et ancestral.
Et cahin-caha, les Grimaldi y sont resté sur leur Rocher. Le plus grand frisson (et le dernier) eut lieu au cours de la première guerre mondiale, quand le Prince Louis II, le Prince Soldat, seul descendant d’Albert 1er, le Prince Navigateur, se trouvait en plein milieu d’une tranchée face à des allemands belliqueux en pleine Grande Guerre.
A l’époque (et encore de nos jours), les règles de successions étaient fixés par le traité de protectorat Franco-Monégasque. Et si Louis II était mort à Bingo Crépuscule, l’absence de descendance d’Albert 1er et les règles de succession auraient voulu que la Principauté tombe aux mains d’une famille Allemande ou Prusse, vague cousins issus de Germains… Un comble. Ces accords vont vite être renégociés et ils sont toujours valables de nos jours.
Pour faire simple, ce traité présente, dans l’ordre, les successions possibles suite à la disparition de Rainier III :

1- Albert GRIMALDI
2- Caroline GRIMALDI
3- Andrea CASIRAGHI
4- Pierre CASIRAGHI
5- Charlotte CASIRAGHI
6- Princesse Alexandra de HANOVRE
7- Stéphanie GRIMALDI
8- Louis DUCRUET
9- Pauline DUCRUET
10- Camille GRIMALDI
11- Désignation du conseil

Ainsi donc, c’est le Prince Albert II qui monte au chevet de la Principauté. Techniquement, que cela va-t-il changer au quotidien pour les monégasques, mis à part le fait de changer les photos du Prince dans toutes les salles de classes, tous les magasins (et encore, les photos les plus récentes présentant Albert et Rainier, il n’est pas impossible que certains nostalgiques conservent ces photos en l’état)
Et puis, que sait-on réellement du Prince Albert, autre que sa simplicité, sa gentillesse, son léger bégayement et son coté sportif accomplit (4 Olympiades, c’est pas rien) ? Pas grand-chose …

Bac avec mention au Lycée Albert 1er de Monaco, diplôme de Science Po. Aux States, différents stages dans des banques, des cabinets juridiques ou un navire de guerre, il va cumuler les expériences tout en essayant de vivre « comme tout le monde ».
Mais son « stage » le plus important, c’est à partir de 1986 qu’il le fera, quant il enfilera son costume de « prince héréditaire », et aux cotés de son père, va prendre part aux audiences de cabinet où sont examinés les questions politiques monégasques.
Au fil du temps, Albert va se voir confier des dossiers de plus en plus importants, surtout ces dernières années où il aura des responsabilités nouvelles suites aux différentes maladies de son père.
D’autant plus que le Prince Albert est le premier représentant de la Principauté de part le monde, notamment à l’O.N.U. ou au conseil de l’Europe.

Ainsi donc, S.A.S. le Prince Albert II est tout, sauf un débutant du pouvoir. Bénéficiant d’un Conseil d’Etat rajeunit suite à la défaite du clan Campora aux dernières élections, il aura tous les atouts en main dès le début de son règne pour réussir, il ne débarque pas en terrain inconnu, il a été formé et préparé depuis de longues années.

Oui, mais est ce que cela sera suffisant quand on succède à un Prince comme Rainier III, qui a un tel palmarès ?

Oui… et oui !

Oui parce que le navire monégasque légué par Rainier III est un petit bijou de pilotage. Albert, pour avoir un début de règne fort correcte, n’aura qu’à naviguer entre les rails, les modèles politiques légués par son paternel étant des réussites incontestables.
Albert devra maintenir le cap, en conservant les axes directeurs de son père, à savoir faire grandir la principauté dans la modernité, avancer sans rien oublier, ni le peuple, ni le passé.

On sait déjà que l’humanitaire, le sport ou l’environnement sont trois domaines chers à notre nouveau Prince, nul doute qu’ils seront au centre de son règne, lui qui, après le navigateur, le soldat et le bâtisseur, est déjà surnommé le Prince « sportif ».
Mais pour imposer sa patte dans l’histoire, Albert devra se servir de sa personnalité, qui, en coulisse, se murmure comme étant assez proche de son père, dans l’aspect travail en tout cas, où il s’entoure, se fait conseillé, pour au final, prendre lui-même la décision, la plus juste possible.
Et puis sa gentillesse cache un coté politique assez surprenant. Plusieurs fois déjà, il n’a pas hésité à « couper des têtes », « chasser les mouches » et lancer quelques remontrances bien placées à ceux qui ne marchaient pas droit. Tout à la monégasque bien sur, avec tact et discrétion, mais quand même, cela surprend quant on reste scotché à l’image de jeune premier bégayeur…

La personnalité d’Albert n’est pas un frein, au contraire, il va en étonner plus d’un, pour sur.
Et puis son coté célibataire n’en est sûrement pas un non plus, cela ne dérange personne, mis à part trois journaleux bilieux qui mettent en doute sa sexualité, au grand bonheur des commérages et des scutapettis. Rapellons au passage qu’entre 1949 et 1956, soit les 7 premières années du règne de Rainier, celui était aussi célibataire, avant qu’il ne trouvasse la femme de sa vie… et qu’elle femme ! C’est tout le mal que l’on souhaite à Albert.

Albert II est donc au pouvoir, et Rainier, sans le savoir, avait déjà présenté et dessiné cette succession quand il parlait au début de son règne, de la nouvelle constitution qu’il venait de promulguer : « un esprit nouveau, introduit dans des cadres anciens, a consacré des principes modernes, sans pour autant renier la tradition ; il y a ajustement et non bouleversement ; il y a évolution et non révolution ».

#4- RAINIER III et le sport

Un des thèmes favoris du Prince Rainier III durant ses 56 ans de règne a été le sport, sport comme partie intégrante de l’éducation, sport comme axe de développement économique, sport comme vitrine de la Principauté, car pour Rainier III, il fallait l’excellence, sinon rien …

En terme d’éducation, deux faits sont notables : D’une part, tant que faire ce peu, les établissements scolaires ont été dotés d’installations nécessaires pour les sports de base, et d’autre part, les horaires ont été repensés pour inclure des heures d’activités sportives.
Parmi les grands travaux de Rainier III, on constate aussi un certain nombre d’installations sportives, comme le Stade Nautique Rainier III, le nouveau Stade Louis II (capable d’accueillir pléthore de sports, du foot à l’athlé, en passant par la natation, basket, handball, gymnastique, squash, escrime, judo, boxe …), un parcours de santé, un stand de tir, des cours de tennis …
Afin que ces installations soient utilisées au mieux, des clubs de sports ont été montés et allégrement subventionnés, pour un total de 80, encadrés par 26 fédérations sportives internationales, fédérations dont les plus hautes instances ont été invitées à mettre leur siége en Principautés, ce que certains feront, comme l’IAAF (Athlétisme), la Confédération mondiale du Sport de boule ou l’Association du Tennis Professionnel (zone Europe).

Mais le sport en Principauté a été pour Rainier un formidable vecteur d’évolution, tant au niveau économique qu’au niveau de l’image de la Principauté dans le monde, grâce à nombre de manifestations de tout premier qui s’y déroulent, toujours de façon impeccables, dans des disciplines diverses : les sports mécaniques (Rallye Automobile Monte-Carlo, Grand Prix de Formule 1), le yachting (Primo Cup, Monaco Classic Week), le tennis (Open de Monte-Carlo), l’athlétisme (Meeting « Herculis » -finales du Grand Prix IAAF à Monaco en 1989 et 1995-, Marathon de Monaco), la natation (Meeting International), le concours hippique (Jumping International de Monte-Carlo), le bobsleigh (Concours international de poussée), la gymnastique (Concours International « Princesse Grâce »)…
Mais bien entendu, la vitrine la plus voyante car la plus récurrente, c’est bien entendu l’ASMonaco FC, club cher à Rainier III depuis le jour de son accession au trône. Car à partir de ce jour bénit de l’an de grâce 1949, l’ASMonaco football bénéficiera du soutien et le la protection du Prince, et sa souveraine volonté seule permettra au club de survivre et de prospérer. Dans les années 50-60, Rainier III sera plus ou moins le mécène, le supporter n° 1 et le patron véritable du club dont il portait une passion jalouse et intransigeante.
Comme dans tous les autres domaines, il s’investissait à fond, et il n’était pas une loi, une règle de jeu qu’il ignorait. Il a même, avec l’aide de certaines instances internationales, tenté des matchs tests à l’ancien Stade Louis II, afin de vérifié la pertinence de certaines idées afin d’améliorer le jeu, avec par exemple les touches au pieds. Malheureusement, ces matchs tests seront abandonnés par des instances devenus plus britanniques, plus conservatrices donc. Mais il n’abandonna pas, et participa à la vie d’une jeune association internationale, l’AICVS (Association internationale pour un sport sans violence), dont il prêta son concours, afin d’aider les instances internationales pour un sport vierge de toute brutalité. C’est ainsi que cette association, entre autre, participa à l’élaboration des règles de Fair-play édictées par la FIFA.
Mais revenons à nos moutons rouges et blancs.
Au fil du temps, et des lois restreignant en France la gestion directe des communautés dans les clubs de footballs professionnels, l’influence directe de Rainier III puis, d’Albert, qui grandit avec la génération 80, celle des Ettori, des Puel, se fit moins directe, bien que l’ombre du Rocher planait toujours sur l’ASMonaco.
Par exemple, la célèbre diagonale du maillot monégasque, c’est à la famille Princière qu’on la doit, à la Princesse Grâce plus précisément, car c’est de sa douce main qu’elle tracera la célèbre diagonal, forgeant ainsi définitivement une identité à l’ASMonaco.

En remontant plus haut dans le temps, on peut ressortir deux faits notables de l’interventionnisme discret du Palais dans les affaires du club.
Durant l’été 2000, le président Campora opère la plus vaste braderie de joueurs de l’ASM, vendant à prix léger des Trezeguet, des Barthez, des Sagnols, des Lamouchi. Et pour les remplacer, il avait pensé à Perez, Luccin et Porato, trois joueurs de l’Olympique de Marseille. Le Palais mis un grave ola à l’opération pourtant déjà bien avancée, ces joueurs là faisaient partie de l’équipe qui a sauvagement agressé Gallardo dans les vestiaires à la mi-temps d’OM-Monaco, pas questions qu’ils mettent les pieds en Principauté. Le seul qui viendra finalement, c’est Stéphane Porato, car soutenu par Jean-Luc Ettori, car il a été formé à Monaco.
L’autre intervention marquante du Palais est encore plus ressente. Décembre 2002, l’ASM, suite à une gestion catastrophique des deux dernières saisons, est exsangue, tant sportivement que financière. La menace DNCG plane et le club doit trouver dans les 6 mois un repreneur, sous peine de rétrogradation administrative. Le président Campora s’appui sur ses relations et lance Fedcominvest en sauveur, signant même une convention.
Mais c’est sans compter sur le Palais qui refusera d’agrémenter l’opération, annulant la reprise en main du club, laissant planer l’ombre d’un retour aux oubliettes. Si dans cette affaire, beaucoup y verront un coup politique, avec des histoires de gros sous, de blanchiment d’argent Russe, ou une volonté d’écarté définitivement l’omnipotent président Campora, l’affaire sera classé comme une volonté du Prince « de garde l’ASMonaco dans la famille » et de pas dilapidé le club dans des mains étrangères. L’affaire SBM – Onassis a servit de leçon…
Le plus important, c’est que là encore, le Palais a interféré dans la vie du club, essayant de donner la direction à suivre, montrant le chemin, et laissant les dirigeants seuls maîtres de la façon de l’arpenter, ce chemin.
Par la suite, personne ne niera que c’est grâce aux contacts du Palais que de grands entrepreneurs monégasques se réuniront aux seins du MFI, groupement repreneur/sauveur de l’ASM, personne ne s’étonnera non plus de la présence de Pierre Svara en intérim à la tête du club, lui qui est un proche du Palais, ni de la présence de Pierre de Botin, véritable droit de regard du Palais, au conseil d’administration du MFI.

Et il suffit de regarder les réactions suite au décès du Prince pour comprendre son importance pour le club. On sait que le président Michel Pastor, très affecté, n’a même pas eut le cœur de communiquer.
Jean Petit et Jean-Luc Ettori ont aussi déclarer que sans le Prince, le club n’en serait pas là. Pour Jean Petit, « Sans lui, il n’y aurait pas eu d’AS Monaco. Il a pris conscience qu’en montant une équipe professionnelle, on pouvait apporter beaucoup à l’image de la Principauté ». Pour Jean Luc Ettori, « Si l’AS Monaco en est là, c’est parce qu’il aimait le foot. C’était un connaisseur discret »
Discret, mais terriblement indispensable !

#5- 10 vérités contre reformulée sur Monaco

1- Monaco sous Rainier III, ce n’est pas que du luxe, du strasse et des paillettes comme on le voit dans les magasines, c’est aussi, et surtout, un petit peuple qui vie décemment (un peu grâce à ces paillettes) dans le respect de son Prince et des traditions, un peu comme dans un petit village, un village dans les nuages…

2- Albert n’a pas besoin d’être marié pour être Prince et régner, la preuve c’est ce qu’il fait déjà actuellement, et puis, Rainier 3 a lui-même passé 7 ans célibataire en tant que Prince Souverain avant de se marier.

3- Le Prince Rainier III avait un droit de regard sur les personnes que comptaient épouser ses enfants, mais il n’a pour l’instant jamais mis de veto.

4- Mode Voilà : Albert n’est pas homosexuel, le dernier enfant de Stéphanie n’est pas de Fabien Barthez et Caroline n’a pas le cancer du bras droit… Merci messieurs les journalistes pour ce genre d’info de tout premier plan !

5- L’ASMonaco FC ne survit pas grâce à l’argent du Prince, surtout depuis que les lois limitent grandement l’interférence financière des collectivités locale dans les clubs professionnels. Si le Prince est là pour montrer le chemin, ce sont les dirigeants monégasques qui sont maître de la façon de l’arpenter, ce chemin.

6- Monaco est passé à l’Euro parce que la France (dont on avait adopté le système monétaire, conséquence directe du protectorat) est passé à l’Euro aussi (comme le Vatican et la lire italienne). Monaco fait parti du conseil de l’Europe. Mais en aucun cas Monaco ne fait parti des 25 états membres de l’Union européenne, et n’est donc pas concerné par les remous constitutionnels actuels.

7- La courte régence d’Albert est loin d’être la première de ce type dans l’histoire des Grimaldi, car avec Augustin (1510 environ), Etienne le Gubernant (1532), Federico Landis de Valdetare (1604), Antoine le chevalier Grimaldi (1732) et Charles (1848), nombreux ont été les régimes plus ou moins longs (jusqu’à 40 ans) s’apparentant à des régences.

8- Rainier n’a jamais songé à abdiquer, c’est pas dans son tempérament, ni dans celui de ses ancêtres. Rainier a bien résisté à Charles de Gaule, il a botté en touche Onassis, c’est donc pas l’age qui aurait pu lui faire peur. Et jusqu’au bout, il aura pleinement exercer sa souveraineté, avec le même sérieux, la même abnégation.

9- Paradis fiscal ne rime pas avec totale impunité. Le blanchiment d’argent est un domaine prit très au sérieux par le Palais, et de nombreux contrôles sont effectués, tant au niveau du Casino que dans les banques pour vérifier l’identité de l’apporteur et la provenance des sommes apportées. Ceux qui prétendent le contraire ne sont que des médisants jaloux de la réussite de la Principauté, et qui, comme l’a dit S.A.S. Rainier III, « feraient bien de balayer devant leur porte avant de regarder le paillasson des autres … »

10- Si Monaco est considéré comme une Principauté d’opérette, c’est donc au milieu de pays d’opérette, car un micro état qui siége à l’ONU, qui est à la pointe de la modernité, qui affiche une prospérité éclatante dans tous les domaines et dont deux tiers du PIB provient de l’industrie et du commerce, et non du tourisme, un tel pays ne peut être qualifié d’opérette !

#6 – Rainier et le reste du monde

Rainier était aimé de tous en Principauté, mais également beaucoup de Français portant Monaco dans leurs coeurs l’appréciaient. Après 55 années de règne de 1949 à 2005, il était le souverain le plus âgé d’Europe. Le Prince a fait énormément pour son petit Etat, a reserré certains liens avec la France et l’a placé au plus haut niveau international.

Le 17 décembre 1962, le Prince promulgue une nouvelle Constitution comme cadre des institutions politiques de la Principauté. Dans le discours prononcé à cette occasion dans la Salle du Trône, le Prince déclare :
« … d’une volonté commune, un esprit nouveau, introduit dans des cadres anciens, a consacré des principes modernes, sans pour autant renier la tradition ; il y a ajustement et non bouleversement ; il y a évolution et non révolution ».
Le ton était donné, le voeu de Rainier III était de moderniser la principauté, tout en respectant les traditions Monégasques, chose qu’il a parfaitement sû faire quand on voit où il a mené Monaco aujourd’hui.

La Constitution de 1962 a été revisitée par le Prince en 2002. On retrouve dans l’article premier que « la Principauté de Monaco est un Etat souverain et indépendant dans le cadre des principes généraux du droit international et des conventions particulières avec la France ».
Rainier affirmait donc l’indépendance de la principauté, tout en gardant des liens privilégiés avec son voisin français. Cette constitution définissait également le statut de Monaco au niveau international.

Du côté des relations avec la France, on les retrouve dans le traité du 17 juillet 1918, également actualisé en 2002. Il a été établi que la République française assure à la Principauté la défense de son indépendance et de sa souveraineté et garantit l’intégrité de son territoire.
De son côté, le Gouvernement du Prince s’engage à exercer ses droits de souveraineté en parfaite conformité avec les intérêts politiques, économiques, militaires et navals de la France et à s’entendre avec le Gouvernement français préalablement aux mesures concernant les relations internationales de la Principauté.

La souveraineté et l’indépendance de la Principauté ont été pleinement confirmées par la Communauté internationale lors de son admission en qualité de 183e Etat membre de l’Organisation des Nations Unies, le 28 mai 1993.

D’autre part, la Principauté entretient une représentation diplomatique auprès de plusieurs Etats Européens (France, Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse, Saint-Siège, Liechtenstein), ainsi qu’une mission permanente auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York et à Genève, de l’Union Européenne à Bruxelles et du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

La Principauté, sous le contrôle de Rainier, oeuvre partout dans le monde aux côtés des plus grands pays du globe. Le Prince a également fait adhérer son pays à de nombreuses organisations internationales comme l’ONU, des institutions spécialisées de l’ONU, des organisations intergouvernementales et des organisations Internationales non gouvernementales.

Enfin, à l’initiative du le Prince Rainier III, le 5 octobre 2004, après un processus de six ans, la Principauté de Monaco adhérait au Conseil de l’Europe comme 46ème Etat membre de cette Organisation. Lors de la cérémonie officielle à Strasbourg le Prince Albert déclarait notamment au nom du Prince Rainier III, Son père :
« L’admission de la Principauté de Monaco au Conseil de l’Europe est pour moi-même, comme pour tous mes compatriotes, un sujet de légitime satisfaction et de fierté ». « Je suis heureux que Monaco soit accueilli au sein d’une Organisation animée de si nobles aspirations, riche de la diversité des peuples qu’elle représente ».
Monaco était donc placé au sein d’un grand nombre d’organisations internationales tel un grand pays mondial.
Rainier III a donc réussi à moderniser son Etat tout en gardant ses traditions, à définit les relations avec la France, à étendu l’influence de la Principauté au plus haut niveau international et a fait de Monaco un état reconnu dans le monde entier.

C’est un Grand Prince qu’a perdu la Principauté ce 6 avril 2005 et il est sûr qu’il restera reconnu pour l’éternité comme l’un des plus grands Princes de Monaco, pour sa longévité et pour sa volonté de faire grandir Monaco. Tous les regards se tournent donc maintenant vers son fils Albert II, qui s’inscrira sûrement dans la continuité de Son Père.