DD’s Fight Club

Je m’appelle Smith… John Smith. J’aurai préféré Hannibal, mais le préposé à la sécurité qui s’est chargé de me donner une nouvelle identité n’en a pas tenu compte. 
Ce qui est retranscrit ici est un document confidentiel que même les chinois du FBI n’en n’ont pas eut accès.

Cela s’est passé dans la semaine 37, soit la semaine funeste avant Monaco-Rennes, précédent la démission de Didier D. dont nous cacherons l’identité pour éviter toute diffamation.

Si je n’ai pus vous en parler avant, c’est que témoin principal de la scène, j’ai été obligé de me cacher pour éviter les personnes nauséabondes qui souhaitent mettre fin à mes jours pour pas que je témoigne de ce que j’ai vu… Maintenant, un nouvel entraineur est arrivé, on m’a donné un beau passeport tout ce qu’il y a de plus américain, alors je suis en mesure de déballer le paquet. Tout le paquet.

Parce que des choses bien troublantes avoir vu, j’ai. Des choses qui en expliquent d’autre, des choses qui ne doivent pas être révélées, des choses qui vont certainement choquer, des choses …

Ca s’est passé le mercredi, ou le jeudi, je sais plus trop. A l’époque, je bossais pour l’AS Monaco, au coeur du vaste service VIP et animation, celui chargé de faire venir des gens de la haute dans nos loges, et à l’occasion de commander des pizzas pour les repas à mici.
Je venais comme tous les soirs depuis une semaine, de palabrer au téléphone avec le Vicomte Hollandais Van Denlévoal à propos du fait qu’il souhaitait s’offrir la loge Princière du Louis 2 afin de venir voir les matchs de l’ASMonaco. Il n’arrêtais pas d’augmenter les enchères, voire de menacer le club de leur envoyer dix femmes Assions (apparemment, ce sont de grandes guerrières bossant à la répression des fraudes), mais bon, il ne comprenait pas que c’était la seule place du stade qui n’était pas achetable…
Il m’a accaparé beaucoup plus que d’habitude, si bien que je me suis retrouvé à faire des heures supp’. Il était 17h12 quand je quittais mon bureau…
Au détour d’un couloir désert (tout le monde était parti), j’entendis un choc sourd contre un mur, suivit d’un râle…
Comme ça provenait du bureau de Brianti, mon supérieur rachitique, je m’y précipita doucement afin de voir ce qui s’y tramait.
Déjà, je me suis étonné : Suspendu par la ligue pour ses propos injurieux (quoi que véridiques) sur la qualité de l’abite de Monaco-Auxerre, il n’a plus aucune fonction officielle jusqu’à début octobre. Donc ma surprise fut grande de le voir dans ses bureaux… Il devait sûrement avoir un mot d’excuse de ses parents pour être en fraude comme ça…
Mais en plus, Gégé était loin d’être tout seul.

Avec lui dans son bureau, il y a Didier la figure écarlate, et l’arcane souricière ouverte et pissant dru l’hémoglobine… Gégé est sur son fauteuil en pur cuir vachette, les yeux écarquillés façon flétan cuit en brochette, il ne bronche pas, regardant le spectacle qui s’offre devant lui…

C’est simple, Didier est en train littéralement de se casser la gueule !
D’une main il se tient la tête, de l’autre, il se met des baffes, se fou des gnons, se colle des beignes…
Gégé a beau tenté vainement des « mais Didier, mais Didier… » C’est en vain.

Didier est maintenant en train de se taper la tête contre le bureau, souillant le sous-main de taches de sang éparpillés. Puis, il s’empoigne le cuir chevelu, et se balance sa tête contre les murs… Il vient s’éclater le nez contre le cadre photo montrant Gégé et le Pastor après qu’ils aient péché un gobi au large de Menton. Le verre lui taillade le front, mais il continu sa mascarade surréaliste.
Puis il se prend par le col, et s’envoi valser par-dessus le sofa, s’empalant au passage sur l’allogène qui s’effondre, entraînant par la même l’étagère qui était à coté dans un fracas de bois brisé et de livres qui tombent…

Au bout de quelques minutes, stoïque, Gégé décide de se lever. C’est à ce moment là que Didier réapparaît de sous l’amas effondré, le nez sanguinolent, la tête tuméfiée, une aubergine de fort belle facture sur l’arrière de la tête…

« Monaco n’est pas un grand club ! Didier se mit à hurler, Monaco n’est pas un grand club, car il n’y a pas de grandes étagères ! »

Puis il se colle un uppercut qui lui fit valser trois ratiches, et il s’effondre au sol…

Gégé m’aperçu, et son visage se mit à témoigner d’un extrême soulagement. Fini l’exaspération mêlée de lassitude, il n’est plus tout seul devant une scène sous hallucinogène, à mi-chemin entre un film à la Terry Guiliam et un épisode des Télétubbies…
Il me fit signe de rester silencieux, afin de voir jusqu’où Didier pouvait bien aller

Il fit un pas … puis deux.
Didier se releva, enfin, se mit à genoux, et rampa dans les décombres jusqu’à Gégé, qu’il agrippa, maculant son costard bleu pervenche de son sang définitivement plus rouge que blanc.
Et il se mit à pleurer, à geindre : « nooooooon, ne me casse pas la gueuuuuuule, noooooon, ne me virrreu paaaaas …. Nooooooooon géérraaaaaaaard ! »
Maintenant, c’est de la morve qui dégouline sur les mocassins brillant de l’administrateur de l’ASM.

Comme d’habitude, je n’écoute que mes instincts.
Devant cette scène, je ne puis que m’exclamer : « Et l’escarre du meilleur acteur est attribué à … DIDIER !!!! »

Didier s’aperçut enfin de ma présence. Comprenant que j’avais tout vu, il se leva, pris ses affaire, remit en place un cadre photo, et sorti, alors que Gégé était en train de grommeler : « Il m’aura tout fait celui là … Il m’aura tout fait… »