Mes hool’s sont en Prada

La saison de Ligue 1 fruits-et-légumes a donc repris depuis plus d’un mois, et comme constaté dans notre dernière enquête, l’ASMonaco a entrepris de profondes mutations pour essayer de ressembler enfin à un club de football digne du statut que son glorieux passé lui a octroyé. Malheureusement, toute médaille à son revers, et la Principauté a vu pousser en son sein un petit groupuscule indépendant et incontrôlable, penchant très nettement vers le hooliganisme…

Costumes Prada taillés sur-mesure, la dernière petite merveille de montre Piaget au poignet, chaussures Bexley vernies et brillantes, lunettes Gucci dernier cri sur le nez, nous avons rencontré les membres de ce groupuscule sur la terrasse du café de Paris, nous faisant même offrir la coupe de champagne.

D’emblée, la discussion tourne autour des raisons qui ont poussées à la formation d’un tel groupe : « La défense de l’identité monégasque avant tout ! ».
Pour illustrer cela, Charles-Henry, le leader spirituel, nous conte une anecdote fondatrice du mouvement :
« Un soir, à la sortie d’un match, alors que Cunégonde, ma mie, était un peu pompette suite aux deux verres de champagne que nous nous étions fait offrir dans les salons de la haute au dessus de la tribune princière, un malotru est venu devant nous avec des propos fort peu avenant, comme « Monaco on t’encule » ou « Albert est homosexuel ! » Cunégonde, dans un excès d’alcool certainement n’est ce pas, s’est exclamé en ces termes : « Charles-Henryyyyyyyyyyy, va donc casser les dents de ce maroufle, il m’importune ». Obéissant à ma dulcinée, je suis donc aller mettre la tête du postillonneur contre la jardinière la plus proche, jusqu’à ce que ses dents maculent le bitume. Cela m’a couté une centaine d’Euros en teinturerie, de l’hémoglobine, mon costume trois pièces n’a pas vraiment aimé. Mais la montée de jouissance qui m’a parcouru l’échine à ce moment là … C’était encore mieux que quand j’avais sodomisé l’économe pendant qu’elle faisait une quiche lorraine ! J’en ai bien sur devisé au club house le lendemain, après un petit neuf trou. »

Et l’idée a fait son chemin, jusqu’à aujourd’hui.
Ils sont présentement une dizaine d’individus, tous ayant pignon sur rue à Monaco, et qui se regroupent de temps à autre, sans véritable organisation, pour « rosser » les supporters adverses venus chercher querelle.
François-Jean, nous explique le mode de fonctionnement : « En tribune, on est tous chacun dans son coin, certains sont en loge « haute » (au dessus de la loge princière ndlr), d’autre sont en loge « basse ». Les plus mal lotis sont en honneur. Mais le principal c’est en dehors du stade que cela se passe, assez souvent les leaders adverses nous appellent, et on s’organise une entrevue négociation, à nombre égal, à armes égales, ceinturons, manches de pioche, voir sans rien. On connait un ou deux petits coins tranquilles en dehors des surveillances policières qui nous permet de deviser gentiment avec la gente masculine adverse. »

Et ce petit groupe commence à se faire un nom dans le monde du hooliganisme. « Ils sont vicelards, nous commente un hooligan adverse, avant un match, on s’était donné rendez vous à l’écart, 10 contre 10, sans armes. Y’en a un qui m’a pourtant arraché le visage avec un truc, on a même pas pu savoir ce que c’était ! »
Réponse d’un de nos intéressés : « Fichtre, c’était donc cela, hein, gredin ! Je me rappelle de ce jour là, j’avais ébréché la chevalière de mon arrière grand oncle sur la tête de ce manant. Une chevalière qui a fait la guerre, ça coute une fortune !»

Sortant du sein de la Principauté, notre petit groupe a déjà fait parler de lui aux abords de plusieurs stades en France.
Armand-Thierry nous explique : « On a déjà visité Marseille, Paris, Nice bien sûr, et Rennes. Pour Marseille, nous avons été désappointé, nous nous étions tassé en masse dans deux Rolls, tout cela pour trouver quatre clampins criant « tuez les » derrière un grillage. A Nice, nous nous sommes bien divertis, tout comme à Paris d’ailleurs. Quand à Rennes, malgré le coté bucolique de ce charmant petit stade, nous les avons cherché en vain, ils nous avaient gentiment invité par téléphone, mais ils nous ont, comme qui dirait, posé un lapin. Diable, nous savons maintenant que le Rennais est un malotru ! »

Ce groupe est donc bien à part dans le paysage des supporters en France, mais surtout dans le paysage Monégasque où il fait un peu figure d’OVNI.
Le mot de la fin, c’est Pascal-Hervé qui nous le résume : « De toute façon, je n’aime pas me mêler à la populace des tribunes, le petit peuple ne m’intéresse pas … Par contre, jouter un manant de supporter adverse moqueur et injurieux et lui coincer la tête contre une brique, jusqu’à ce que la brique elle ai mal, ça c’est le genre de batifolage qui me met d’humeur radieuse. »

En tout cas, si l’ASM est en crise, on ne peut pas reprocher à ses supporters de ne pas se battre pour défendre leurs couleurs, même si nous ne sommes pas sur que l’équipe de la Principauté ai réellement besoin de cela, les nouveaux dirigeants s’y prenant très bien tout seul pour écorner toujours un peu plus l’image du club.