Un grand V

Parce que mon premier appendice révolutionnaire avait un tant soit peu porté ses fruits, appelant avec une assurance rassurante l’équipe à de hautes destinées, et dès lors, une seule défaite jusqu’à cette maudite dernière semaine de janvier, une seule anicroche face à un parterre d’espoir, de courage et de volonté. Oui mais face à l’hiver, les certitudes s’envolent aussi vite que se cumulent les rencontres, et depuis trois matchs, le contenant comme le contenu semble allé à vau l’eau, et quand je vois la populace reprendre sa vindicte, quand j’entends les deux doigts dans la bouche et le courroux strident, quand je sens remonter la colère aussi vite que s’appauvri notre fond de jeu, je ressors le masque et tente de vous rappeler où nous en sommes, et pourquoi nous sommes las d’être là…

Je te vois t’interroger quand à la nature même du pourquoi du comment du qui une seconde fois prend à nouveau la parole sans l’avoir demandé pour prétendre montrer le droit chemin à ce troupeau désorienté par les noirs vicissitudes de notre présent. Tout simplement, tu te poses une question existentielle :

Qui suis-je ?

Qui est la forme venant après le « ce que », et ce que je suis, c’est un supporter derrière un masque.
Et quel grand paradoxe que de demander à un homme masqué qui il est !
Mais comme ce soir, la nuit est propice aux évocations sans équivoque, et permettez moi de vous évoquer plus en détail les traits de caractère de ce suportis personæ.

Voilà !
À première vue, je ne suis qu’un vulgaire comédien de vaudeville, à qui les vicissitudes de la vie font sur le net jouer le vilain et la victime, et vice versa.
Je suis le roi du vingtième siècle, le croquemitaine, le vilain… la honte de la famille, le déshonneur d’un maigre congloméra qui se prélasse dans sa petite existence luxueuse et qui siffle pour se donner l’impression d’être important.
Ce visage, n’est pas que le vil reflet de ma vanité, mais un vibrant vestige d’une vox populi championne et victorieuse de vils ennemis aujourd’hui vacillante et vaincue. Vous devez y voir les vieux restes d’une vexation vieillissante aussi vive que vivante, et vouée à vaincre cette vermine directorale vulgaire, vivace, virulente et vénale qui vivote en privant ses valeureuses victimes vaincues de la vérité et des vraies valeurs : la voix de la victoire.
Le seul verdict que je vois à ces vilenies est la vengeance.
Une vendetta violente brandie telle un ex-voto et non en vain visant à faire vaincre la vertu face à cette vilenie présidentielle lovée dans les veines de notre ville, dans les vestiaires de notre stade.
Ces vagues vocales faisant de moi un ventriloque vociférant ces volutes verbales, revenons-en à l’essentiel.

Je serai honoré de vous rencontrer par delà ces quelques lignes.

N’oubliez pas, il faut faire vivre ce 5 de novembre, il faut faire vivre ce 8-3 à jamais légendaire, et trop vite tombé dans les nimbes de l’oubli, il faut pousser le vice à vilipender sans relâche ceux qui sont à l’origine de notre chute et de cette décadence dans laquelle ils se complaisent, le billet vert étant plus important que la coupe de vermeil. Virons ces dirigeants qui vilipendent et dilapident le patrimoine de notre club, grand club, désormais reléguable à la peine…

Alors, pour vous, je serai V.

V comme Vendetta, contre les dirigeants qui nous ont amené jusque là,
V comme Vengeance, envers un sort qui nous semble défavorable,
V comme Victoire, chose que nous ne connaissons plus
V comme Valeur, celles que nous avons à tord trop vite oubliées,
V comme Vaines, vos vociférations sifflantes en tribunes,
V comme Virg… mon amour, mais cela ne vous regarde pas,
V comme Vargas, le symbole de ces choix sans queue ni tête, et de ces valeurs que l’on oubli,
V comme Valse, celle de nos incompétents à la tête du club, celle que nous entamerons volontiers, car une révolution sans danser, c’est une révolution inutile …

(textes tirés et/ou inspirés de V for Vendetta)