Chabal, pour dire je t’aime

Hier soir, en vue de préparer la rencontre contre Valenciennes, notre cheptel monégasque s’est retrouvé dans l’intimité d’un relais d’autoroute afin de partager un grand moment d’émotion collectif, développant des valeurs de respect et d’abnégation : Ricardo avait en effet convié tout le monde à se mater le match France – Irlande de la coupe du monde de rugby

RICARDO : Si je vous ai convié ce soir dans ce modeste endroit …
GAKPE : C’est parce que le GPS ne marche pas et que le chauffeur nous a fait passer par Strasbourg pour aller à Valenciennes…
RICARDO : (grognement) C’est pour faire une séance vidéo un peu particulière.
MENEZ : Chouette, un film porno !!!!
(PETIT allume la télé)
MURATORI : Putain, elle est poilue Clara Morgane quand même …
COLLETER : Non, elle, c’est Sébastien Chabal, un colosse devenu l’idole de tout un peuple après avoir chanté « ce matin un lapin ».
MODESTO : Ce matin, un lapiiiin …
CUFFRE : Cherche pas François, on n’est pas à la télé, et pis tu sera quand même jamais une star …
RICARDO : Sur ce match, je veux que vous soyez attentifs, que vous soyez passionnés, que vous regardiez l’abnégation et le sens de la défense collective de ces deux équipes, que vous sentiez toutes les valeurs de l’ovalie …
ROMA : Mais c’est quoi l’accent bizarre qu’il nous prend là le coach
COLLETER : C’est toute l’ovalie du sud-ouest qui lui tiraille le corps
NENE : Parce qu’on sait faire autre chose que du foot et de la samba au Brésil maintenant ?
PETIT : Il a quand même été coach à Bordeaux pendant deux ans …
PIQUIONNE : Ca se défend
RICARDO : … que vous puisiez dans ces images pour générer une force collective, une volonté d’avancer, que vous regardiez ce que la puissance d’un pack peu faire contre des montagnes …
GAKPE : Putain, il est lancé là le coach
BERTHOD : Elle est où la prise ?
KOLLER : Impressionnant !
PEREZ : GRUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUT !!!!!!!
LEKO : (qui suivait le match avec Diego) Il a dit que demain, il aimerait faire le même placage sur Savidan …
RICARDO : … les valeurs de l’ovalie doivent être respectée, violence gratuite, actes de barbarie, brisage de nuque, chairs sanguinolentes, mais, mais, avec un ballon !
PETIT : Bon alors, c’est quoi le score ?
BERNARDI : Ben déjà 3-0 pour la France !
PIQUIONNE : Quoi, déjà ? Ca va vite !
LEKO : Ouai, mais c’est pas les même scores qu’en foot de toute facon !
ADRIANO : On m’en a parlé, c’est pas quand pour marquer le but, tu dois faire un essai, mais j’ai pas tout compris quand est ce qu’il réussissait le mec d’ailleurs …
MONSOREAU : Et puis, le coup de pied entre les barres au dessus de la transversale, ben ça fait trois points !
PIQUIONNE : Putain la révélation ! Allez Jérémy, on a trouvé, tu devrais faire du rugby, tu feras un malheur !
BERTHOD : Gnagnagnaaaaaaa !!!!
BERNARDI : AAAAAAAH !!! C’était donc ça que faisait Chevanton quand il était chez nous !
RICARDO : Vous m’avez compris ?
PINO : Caramba !
RICARDO : Non mais sans déconner, vous me suivez ?
ROMA : On te précède coach !
GAKPE : (doucement, à Muratori) Psiiiiiiiit ! Tu as compris quelque chose toi ?
MURATORI : Que de chie !
GAKPE : Que de chie ?
MURATORI : Aïe Aïe Aïe !
COLLETER : Ce que voulait dire Ricardo, c’est que le rugby, c’est un état d’esprit, c’est une volonté de conquète, c’est une affaire d’homme, une affaire de mental … Et c’est justement ce qui nous a manqué, notament contre le PSG
RICARDO : Mon pote Paul Le Guen nous a donné une véritable leçon de tactique. C’est comme cela que j’aimerai vous voir jouer tous les week-ends ! On défend à 15, on récupère le ballon, puis les ailiers accélèrent, cadrage débordement, passe sautée pour les avants qui n’ont plus qu’à aplatir la balle dans les buts ! C’est pourtant facile et Rothen nous l’a fait deux fois dimanche dernier !
MENEZ : Donc si je comprend bien, demain soir, tu veux un engagenement total, tu veux qu’on se donne à fond, qu’on applatisse l’adversaire dans son but, avec virilité et abnégation !
RICARDO : (embrassant Menez) Oui mon petit, tu as tout compris, et avec tout cela, je vous promet qu’on va gagner !
PETIT : Car si on gagne pas à Valenciennes, on sera dans la mer du nord jusqu’au coup !!!
PINO : OUIIIIIIN !!!!! Snif … Cracplouf …
MENEZ : Qu’est ce qu’il a Pino ? Pourquoi qu’il pleure ?
BRIANTI : Je sais pas, vu le bruit, son tamagotchi doit être mort, il a donc plus d’ami le pauvre …