OL-ASM : Galère from outside & inside

Gerland, c’est le rendez-vous annuel que je rate jamais. 6ème année consécutive que j’y vais, sachant que ton serviteur est vieux d’à peine deux décennies, c’est pas mal. Je sais pas trop pourquoi j’y vais d’ailleurs, parce qu’à chaque fois on rentre la queue entre les pattes. D’autant plus que cette fois peut-être plus que d’autres, on joue mal, on est ridicules et on perd 3-1 à la maison contre Nancy. Que ça plaise ou non, c’est la vérité… et c’est pas à Lyon que ça va changer !

Gerland, c’est la merde… Et c’est d’ailleurs devenu une coutume, depuis que j’y vais en indep’, il m’arrive une couille. Comme l’an dernier, on s’était fait couillonner à partir à peine 2h avant le match et à louper les 30 premières minutes (même si les places, on les a eu gratuites), cette fois le cadet il a décidé de partir bien à l’avance, ce qui est loin d’être une de ses spécialités au vu de ses innombrables retards (3h30 de retard une fois !). Et déjà, ça commence mal, parce qu’au lever j’ai mal à la tête, con que je suis de me biturer et me coucher à 5h du mat’ la veille d’un match…
Pas grave, départ 13h des montagnes, ça nous laisse 3h15 pour faire 2h de route, large !

Large, c’est-ce qu’on pensait toujours en prenant la sortie Gerland sur le Périph’ Sud (oui, car ton serviteur connaît Lyon comme sa poche, ou presque…), 45min d’avance aux portes de Gerland, on pourrait crever un pneu, tomber en panne de limoncello ou même se faire attaquer par une vague géante de reblochon qu’on arriverait à l’heure, et on pourrait même voir l’échauffement (ma 1ère fois depuis des années !). Quelques chants pour patienter dans les embouteillages avec l’ami David avant d’apercevoir l’antre merdissimique de Gerland…
Et là, c’est le drame…
Non, c’est pas qu’on est en manque de reblochon…
Ni qu’on a vu Jean Michel Aulas…
Mais Lyon, c’est la merde pour se garer, et c’est plein de Lyonnais, et désolé, mais un gars qui fait la circulation à Lyon, et bah il est encore plus con que mes deux panards et le clébard de ma grand-mère réunis. Parce quand on te dit « Allez à gauche y’a de la place pour se garer » et que cette route te ramène directement dans le pire embouteillage qui puisse y avoir sans voir l’ombre d’un petit parking, c’est se foutre royalement de ma pomme. Et nos 45 minutes d’avance de fondre comme neige de printemps au soleil d’avril te cramant la gueule.

16h15, début du match. On repasse devant Gerland, ça chante.
16h19, énorme coup de chance. La plus belle place qui puisse exister aux alentours de Gerland se libère. Excès de vitesse, ligne blanche, m’en fout celle là elle est pour moi. Et c’est pas la voiture de police juste derrière moi qui va m’empêcher de la prendre. Quand j’ai envie de voir un match, j’ai envie de voir un match ! (Et là, j’ai eu de la chance pour les 4 petits points restants sur mon permis).
Début du sprint vers la tribune visiteurs, bien sûr totalement à l’opposé de là où on se trouve… Pas grave, on est motivés, même si on sait qu’on va se prendre 7-0 !
16h26, Arrivée devant le guichet, Gerland gueule une première fois, puis une deuxième fois. On craint bien sûr le pire, et un coup de fil de JarJar nous confirmera ce que l’on pensait. L’OL mène déjà 1-0 sur un penalty moche suite à un magnifique plongeon de Sidney « Chèvre » Govou que même Manaudou lui envie et nous rappelant que l’on s’était déjà fait entuber ici même il y a quelques années sur une action similaire de Vikash « Spielberg » Dhorasoo. Ca se passe comme ça à Lyon, les tricheurs passent et les cadeaux des arbitres restent.
JJ et Damien, qui regardent le match ensemble (autour d’une bonne bouteille encore), me laissent dans ma galère, car on est pas encore rentrés dans le stade ! Lyon, c’est LE club à part. Au lieu de payer le même prix que dans les autres stades, tu payes 15€ pour voir ton équipe se faire entuber. Et comble de la malchance, il nous manque 4.5€… Et bien sûr, ils prennent pas la carte et le 1er distributeur est totalement à l’opposé de notre tribune, dans une rue parallèle à celle où je me suis garé, et c’est reparti pour le sprint !

16h34, Gerland regueule… Allez, on a compris va, 2-0 pour Lyon. On ose même pas imaginer le niveau de jeu des 11 clowns rouges se donnant en spectacle sur le terrain. SMS de Guillaume et confirmation : « Pas la peine de rentrer, on a pris le deuxième »… Démotivation, surtout qu’on est obligés d’aller se renseigner dans la boutique de l’OL pour trouver ce con de distributeur. Moi qui avait juré de ne jamais mettre les pieds là-dedans…
16h56, distributeur trouvé, places achetées, jambes fatiguées, nous voila coincés à la fouille. Car tant qu’à faire, autant galérer jusqu’au bout ! Et ils ont décidé de vraiment nous faire chier aujourd’hui. Juste au dessus de nous, une petite clameur s’élève, venant très certainement du parcage Monégasque. Confirmation, toujours JarJar (merci !) : « Tu peux rentrer, on vient de réduire la marque ! ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils nous auraient pas fait chier comme ça à la fouille qu’on aurait pu voir le but, mais bon… c’est Lyon !

43ème : Gerland, c’est toujours aussi moche. Rapide coup d’œil sur l’équipe mise en place, c’est bizarre. Déjà tu rentres, tu vois que Koller joue vu qu’il dépasse. Après, Pino a l’air d’être titularisé en attaque. Mais c’est la suite qui me gêne un peu. On joue pour marquer des buts ou pour ne pas en prendre ? Pourquoi Ricardo a-t-il aligné la bagatelle de six joueurs de champ défensifs ? C’est énorme, c’est même plus le mur de Berlin là, c’est carrément la muraille de Chine, l’Himalaya et les Alpes réunis. Manque plus que Leko et Perez devant, et ça te fait la défense anti-aérienne ! Je cite : Berthod, Monsoreau, Bolivar, Modesto, Cufré et Adriano. Désolé, mais moi je trouve ça balaise. J’ai oublié la Cordillère des Andes, vu que y’a aussi Cufré et Adriano d’alignés. Juste devant, Meriem et Menez tenteront d’animer un peu ce milieu de terrain (ah, parce qu’il parait que Monsoreau et Adriano jouent milieux aussi).
Mi temps !

Wow, on l’a pas vu passer !

Désolé…
Pendant la mi-temps, petit coup d’œil sur la tribune. Elle est bien garnie, peut-être un peu moins que les années précédentes mais ça va. Niveau ambiance, bah sans les Ultras c’est dur. Quelques chants ont été lancés en début de seconde période, que l’on a essayé de relayer mais après la tribune s’est éteinte, laissant place à quelques clameurs parfois, du postillonnage sur les joueurs lyonnais ou encore des 2m02 et on le trouve même pas de la tête, jean passe et des meilleurs.
Les joueurs reviennent sur la pelouse, Roma juste devant nous, idéal pour voir les sauvetages Ave Maria, Jésus reviens parmi les siens et Saint Flavio priez pour nous qu’il va nous faire durant la seconde période. Parce que des seuls joueurs défensifs, c’est bien le seul à assurer, avec Monsoreau peut-être. A part ça ? Bah Ricardo se rend compte qu’il a encore fait une connerie, et il fait rentrer nos deux têtes chercheuses. Bolivar et Pino sortent, Perez et Leko rentrent. Pour le plus grand bonheur des jambes lyonnaises. On va jouer en 4-5-1, défense Berthod, Monsoreau, Modesto, Cufré. Ansel et Grütel en récupérateurs alors que Adriano animera l’aile droite, Menez la gauche, Meriem en meneur et Koller en pointe.
Sauf que l’ASM, c’est pas la République Tchèque. Nous aussi on a un Koller, mais on ne sait pas l’utiliser. Pire ! On a une défense de vétérans. Benzema, lui, il s’en donne à cœur joie. Limite s’il se fendait pas la gueule en voyant qu’il passe aussi facilement. Accélération, une-deux parfait avec Govou, la défense est posée, plus qu’à ajuster Roma. 3-1. Balle au centre. Notre défense ? A mon avis, ils doivent encore être entrain de défendre sur le second but lyonnais. Le 3ème but, ils vont sûrement se rendre compte dans l’avion qu’ils l’ont encaissé.

GRÜÜÜÜÜÜÜT !!!

Non ça c’est juste Leko qui cassait au passage. Carton 9 minutes après son entrée en jeu, peut mieux faire.
Mais revenons au match. M’est avis que c’est plié. Adriano, transparent à droite, sortira au profit de Piquionne. On essaye de pousser, mais c’est trop brouillon, rien qui n’inquiètera de trop Vercoutre en fait. Pas de fond de jeu, un manque de collectif. L’OL en profitera pour jouer en contre. Le petit Ben Arfa nous posera bien des problèmes avec sa vitesse et sa technique, et Roma rattrapera de fort belles manières les errements vraiment inquiétants de sa défense, la plupart du temps en un contre un. S’il n’avait pas été là, nul doute que l’addition aurait été bien plus salée.
Le match se termine calmement, les lyonnais sont à la fête, nous on est dans la merde. Inoffensifs même sur la fin de match, plus d’envie, plus rien. Les joueurs rentrent tête basse aux vestiaires, exceptés Roma, Koller et Monsoreau je crois qui auront un petit geste pour nous, supporters, qui devont essuyer une nouvelle défaite (et encore, moi j’ai de la chance, j’ai vu que la seconde période !).

Encore 20 minutes à se geler dans ce stade qui prend les courants d’airs, et on pourra vite rentrer chez nous et essayer d’oublier que ce soir, l’ASM a égalisé le triste record de la pire série du club, avec 5 défaites consécutives. Série que l’on n’avait pas connu depuis les années 1965/66.

Bref, aucun doute là-dessus, Gerland, c’est vraiment la merde