Souviens-toi, souviens-toi, de ce 5 de novembre …

Souviens-toi de ses Poudres et sa ligue des champions, de cet anniversaire et de ces clameurs à l’unisson. Souviens-toi de ce jour de gloire et de cette légende croate. Souviens t’en, car à l’oubli, je ne peux me résoudre …

Permettez moi d’abord de m’excuser d’interrompre si violement les programmes habituels des mousquetaires. Il était prévu un article théâtral relatant cette belle semaine à 7 points en direct depuis les vestiaires de la Turbie. Il n’en sera rien …

Car aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres dans la noble histoire de l’AS Monaco. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’une légende et d’un symbole. C’est l’anniversaire d’une personne qui a réussit à porter la diagonale Rouge & Blanche à des hauteurs qui resteront longtemps inégalables. Il s’appelle Dado Prso, et en 2003, il fit exploser la défense de La Corogne dans un des plus mémorables matchs de coupe d’Europe de l’histoire même de la coupe d’Europe.
Mais aujourd’hui, je vois les supporters se congratuler après une victoire face au Havre, et je ne peux que constater votre incroyable capacité à oublier le passé et à vous satisfaire de façon béate et crédule de la crasse offerte par le présent.
Nous attendions tous une révolution après le massacre en règle perpétué par les incompétents de l’an passé. La révolution est bien là. Elle est venue d’Amérique, avec ses rangers, son libéralisme économique, sans tambour ni musique, oubliant le plus important : Une révolution sans danse est une révolution inutile…
La musique de ma prose est certainement dur à l’oreille, mais c’est à Madame Victoire que je dédie la chorégraphie qui va avec, en l’honneur des vacances qu’elle semble avoir prises très loin d’ici, et en reconnaissance de l’imposteur qui se dresse à sa place, avec son marketing américain, ses faux sourires émail diamant et sa poupée gonflable nommée Adu…

Les artistes utilisent les mensonges pour dire la vérité et les politiciens le font pour cacher la vérité. Je ne suis pas un artiste mais un humble serviteur de la vérité. Monsieur De Bontin par contre est un véritable politicien, de ceux qui savent garder classe et froideur quand il s’agit de dire tout et son contraire, notamment face aux supporters désabusés dont il tente de limiter la gênante liberté d’action, mais aussi de pensée.
Je sens déjà les téléphones portables qui s’ouvrent, les avocats qui balbutient, j’entends qu’on parle de calomnie, de fermeture de site… Bruce Willis va débarquer avec son gros calibre pour dégommer tout azimut ces petits papillonnages de rébellion…
Pourquoi ? Parce que les mots ont aussi leur lot de puissance, et que cette puissance peut effrayer. Parce que les mots apportent une signification aux choses, et pour ceux qui veulent bien les écouter, offrent une certaine énonciation de la vérité. La vérité, parfois est sournoise, mais la vérité du passé permet de faire ressortir les éléments erronés du présent, et il y a énormément de choses qui pourrissent à l’ASM actuellement. Jeu appauvri, matchs ennuyeux, équipe au rabais et classement indigne. Comme l’an passé et celle d’avant.
Et là où il y a 5 ans nous étions tous les uns sur les autres à fêter une féria footballistique sans précédent, nous sommes désormais soumis à arpenter un Louis 2 théâtre de pathétiques joutes, obligés de supporter un maillot cousu à la va vite, contraint à regarder le classement par le bas pour y trouver un nom familier, forcé de gober les informations fades triés sur le volet par le site officiel ou le magazine Diagonale.

Alors n’oubliez pas, il faut faire vivre ce 5 de novembre, il faut faire vivre ce 8-3 à jamais légendaire, et trop vite tombé dans les nimbes de l’oubli. Il faut garder en tête le nom des héros de jadis, et le respect qui est due à leurs exploits légendaires. C’est la seule façon qu’il nous reste pour ne pas se faire gober par la volonté présidentielle de faire passer le billet vert avant la coupe de vermeil, de privilégier la consommation plutôt que l’être humain qui ose encore se prétendre supporter…