Le dormeur du Louis II

Cyrano est un poéte à la verve tendre et au panache abrupte. Pour lui, tout est poésie : la vie, la mort, l’amour, la joie, la tristesse, le football. L’AS Monaco étant une muse flétrie, il laisse libre court à sa plume pour traduire son angoisse, et sa tristesse devant la déchéance de son équipe…

C’est un trou de verdure où déjoue une équipe,
Accrochant follement aux herbes des ballons
D’argent ;les supporters, loin de ces joutes épiques,
fuient :c’est un petit club qui coule par le fond .

Un supporter, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais gazon bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans la surface, il dort.
Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les défaites ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.