Ode a l’infirmière

Alors que notre cheptel est en pleine trêve internationale. Celui-ci doit faire face depuis le début de saison à une hécatombe au niveau des blessures. Un phénomène récurrent depuis de nombreuses années. Le beau jeu à la monégasque a laissé place à une spécificité dans le soin. Pour perpétuer cette nouvelle tradition, le Président a décidé de mettre à l’essai Boubacar Sanogo. Il rejoindra la longue liste de ceux qui étaient infirmes, hier… Voici mon ode à cette travailleuse de l’ombre.

Je ne te connais pas et pourtant je t’admire,
Car tu es toujours là, depuis que notre cheptel chavire,
Ta présence discrète au sein du Rocher
Fait souvent reculer la bonne santé.

Tu combats les pépins physiques des joueurs
Et l’on voit dans leurs yeux, une lueur,
L’espoir de jouer deux matchs au Louis II
Au cœur de cet enfer, que j’ai nommé Ligue 2.

Ton royaume s’est bâti petit à petit,
Et dans ce monde de foot, tu as beaucoup d’amis,
De Muratori à Malonga, ton cœur généreux
Apporte une présence à tous ces malheureux.

Tu es la confidente aimée de ces professionnels,
De tous ceux dont la vie sur le Rocher,
N’est possible qu’avec une attelle.
Tu soignes, tu guéris mais ils ne peuvent te quitter.

Tu es la providence au sourire angélique,
Et dans cet univers inodore, aseptique,
En guise de promotion, et de remerciements
Le président met à l’essai cet attaquant…

Un joueur en carton qui risque d’habiter les parages,
Qui est connu de tous les gens, tout le Pesage
Et tu pleures en découvrant la liste de tous ses maux.
Mais que vas-tu en faire, toi, de ce Boubacar Sanogo ?

Pourtant lorsqu’il apparaît, quand s’approche le pire,
Une lueur de joie et au milieu, un sourire,
Alors modestement, tu reçois ce cadeau,
Et tu sens le poids de ton fardeau.

Tu me pardonneras, infirmière anonyme,
Ce  » tu  » si familier au milieu de la rime
Mais pour moi tu es une vedette
Et pour louer ton travail, ni radio, ni gazette.

Ton travail est tellement apprécié, depuis des années,
Certains possèdent une carte de fidélité
Et ils ne peuvent se passer de ton parfum mélangé à l’Ether
Allant jusqu’à te demander la pose d’un cathéter !

Quand Adriano dénonce en disant « Tous coupables ! »,
Il n’a pas tort de dire qu’il y a beaucoup d’incapables.
Mais laisse moi te dire pour tout ton travail ici,
Ce que je ne puis taire, infirmière, Merci.