Nous revoilà !

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Вот мы снова !  Cher noble, vaillant et fidèle lecteur, il est là, il est de retour, il s’avance au devant de la fatalité, afin defier l’adversité. Car après avoir fait tournoyer nos rêves de Fontivieille jusqu’à Moscou durant la trêve hivernale, notre cheptel rouge (beaucoup) et blanc (quand même un peu) est de retour. Et dès lundi, il va devoir se battre en terres hostiles afin de poursuivre une folle et improbable aventure en Coupe de France.

Quelle mouche nous a piqué pour nous prendre à rêver en janvier, là où fin décembre nous étions la main sur la corde et les artères presque tranchées… Une mouche Tsésisky-Tsésisky assurément ! Une variété russe, du genre magicienne, celle qui transforme le potassium en roubles, et les roubles, au choix : en joueurs de foot ? En victoires ? En titres ? En rêve, ça, c’est déjà sur le grill.
Car voilà ce qui a changé suite à la vente du club : nous nous sommes remis à y croire, nous nous sommes remis à rêver. Et avec le rêve vient l’espoir, l’espoir de ne pas voir le club passer sur le billot en fin de saison, l’espoir de remonter rapidement, l’espoir de taper fort, et de revenir à une position qui siérait plus au prestige et à l’histoire du club.
L’arrivée du « tsar » Rybolovlev c’est en quelque sorte l’étincelle qui nous manquait. C’est cette flamme qui s’était éteinte avec la descente en Ligue 2 et surtout avec le maintien en dépit du bon sens de cette clique de bureaucrates incapable de diriger un club autrement qu’en l’envoyant par le fond. Le seul côté positif que nous avions entrevu à propos de la descente en Ligue 2 a enfin porté ses fruits. Le roi est mort, vive le roi !
Avant, on était une équipe à la dérive, avec une direction sans but ni compétence, des joueurs sans talent et un coach sans aucune possibilité de changer quoi que ce soit. Maintenant, la gangrène a été éradiquée, on peut se prendre à espérer avoir un club stable, cohérent, et alignant les moyens de ses ambitions.

Malheureusement, si tout cela est capable de filer des bouffées de chaleur au premier Siri qui passe, ce n’est pour l’instant que du vent, que de la façade. Trois signatures sur un bout de papier dans un obscur bureau à Monte-Carlo n’ont dans les faits pas changé grand-chose. L’équipe qui va débuter lundi à Angers sera grosso-merdo la même que celle qui a clôturé l’année par deux matchs nuls insuffisant, mais prometteur, mais insuffisant…
Mais prometteur ! Si le 3-5-2 de Don Marco avait l’apparence d’une opération portes ouvertes un samedi soir à Pigalle, le retour en 4-4-2 sur les dernières rencontres a posé des bases plus solides, et si Papy Hanson n’avait pas outrepassé sa date limite fraicheur, on aurait même pu avoir une seconde victoire sans que cela ne choque personne.
Car l’équipe progresse. Les plus septiques diront que vu les profondeurs d’où elle partait, elle ne pouvait faire que ça. Et sur les deux derniers matchs nuls, à défaut de proposer du jeu et des occasions à foison, elle a affiché une sorte de cohérence que l’on n’avait pas vue depuis un moment. Les jeunes prennent confiance, et si on arrive à faire en sorte que quelques cadres (dans les couloirs du Louis II, ils sont aussi surnommés « les vieux ») retrouvent leur niveau, il pourrait y avoir un semblant de sursaut. Maintenant, seul un carnet de chèques frétillant pourra nous trouver les joueurs comblant les vides et gommant nos énormes lacunes. En espérant qu’il ne soit pas trop tard.
Sans sacrifice, nulle victoire. Mais sans argent, pas de rêve.

Qu’on ne s’y trompe pas : la venue de l’investisseur russe (et le départ des trois mousquetaires de la médiocrité) n’a pour l’instant fait que rassurer tout le monde, y compris les joueurs, qui dès l’annonce de l’arrivée d’un probable futur nouveau propriétaire, se sont découvert des vertus et se sont mis à jouer un peu plus correctement.

Mais ce n’est pas encore pour de suite que nous pourrons nous rouler dans le stupre après avoir arrosé une superbe victoire avec des litrons de vodkas et de limoncello. L’heure est juste à l’espoir. Un tout petit peu.