La victoire à Amiens, c’est à nous

Pour ce premier match de la phase retour, le sort a voulu que notre cheptel aille disputer sa première finale dans le stade de la Licorne. Une finale (même si chaque match sera dorénavant une finale à jouer pour espérer se maintenir) puisque nous affrontions un concurrent direct au maintien : le Amiens SC. Avec une composition inchangée par rapport au match précédent, la tâche des joueurs du rocher était simple : tripler notre capital victoire, en 2 matchs. Et, c’est fait ! La Russie nous donne des ailes !

Pour commencer, je vous dois, chers lecteurs, quelques explications. Pour suivre ce match et pouvoir faire ce CR, je devais me rendre directement au stade. Comme j’ai une vie, et des obligations, j’ai dû trouver la parade et me voilà, un mercredi soir, chez moi, occupé à écouter Radio France Bleu Picardie (le partenaire officiel du Amiens SC, oui, parce que c’est important de le préciser). Ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé suivre notre 3ème victoire mais c’est une expérience à vivre. Au moins, je ne dois pas me taper un multiplex pour voir nos joueurs 2 minutes. Par contre, j’ai subi les commentaires de Mathieu Dubrulle et son assistant qui n’a pas de nom, passant du chauvinisme prononcé, à la dépression chronique, avec une pointe d’humour rouge et blanc. Voici ce que j’ai pu entendre :

0’ : Présentation du match. Composition de l’équipe d’Amiens. Monaco apparemment, on s’en passera, en tout cas, en Picardie, on s’en fout.
Malgré tout, Amiens est présenté comme une équipe semblable à celle de Monaco, à la différence qu’ils viennent de National et que nous, nous venons de Ligue 1. En clair, Monaco est ridicule pour ce cher Dubrulle.

1’-8’ : Monaco est en place, mais Monaco ne fait que défendre laissant Amiens venir. Une multitude de fautes et Coulibaly qui se prend son petit carton dès la 7ème minutes. Le commentateur aura cette phrase plutôt sympathique : « Lorsque qu’on a Monaco en face, il est clair que pour un arbitre, il doit être très difficile d’être impartial et qu’on a tendance à siffler à l’avantage de Monaco ».  Elle va être longue cette soirée.

9’ : Giuly et Muratori, coup sur coup, montrent que le physique c’est leur truc et rendent hommage aux garçons bouchers qui ont pu faire partie de l’équipe, il y a quelques années maintenant. Dubrulle d’envie de crier au scandale et réclame un carton rouge pour Mura.

12’ : Incroyableeeeee (oui, j’ai pensé à un but, moi aussi), à vu d’œil, nous pouvons apercevoir au moins 300 supporters monégasques dans les tribunes. Dont un qui est torse nu. L’assistant anonyme dira « c’est presque autant qu’au Louis 2 ». Monsieur Dubrulle fera hahaha, et l’assistant hohoho.

14’ : Yatabaré part à la limite du hors jeu. Face à face avec le gardien. Beeeeel arrêt du gardien mais Salli suit parfaitement. 1-0 pour Monaco. Tout en réalisme car, comme le souligne les commentateurs, c’est un peu notre première occasion du match. Alors que bon, Amiens a poussé.

15’ : « Monaco, après cette ouverture du score, va la jouer à l’Italienne, on les connait. » Forcément, Simone n’est pas encore turc, à ce que je sache.

16’ : Nouvel blague de l’assistant : « Vous remarquerez que dans les balcons de la Licorne, on retrouve pas mal de supporters monégasques, alors que ce sont les places les plus chères ». Bon, je suis sur que le type a fait un clin d’œil à la radio, mais moi, dans cette info, c’est le fait de savoir qu’il y a des balcons qui me choque.

22’ : 2ème occasion des Monégasques. Débordement de Dingo, centre en retrait et tête de Germain. C’est pas assez puissant mais j’ai l’impression qu’il cadre mieux avec sa tête, non ?

24’ : Heureusement que l’arbitre a sifflé, car les défenseurs amiénois étaient dans « la panade ». Car oui, sur Radio France Bleu Picardie, on utilise des mots disparus depuis 20 ans.

27’ : Giuly est pris en ooooh – aaaaah – ouuuh – oulalalala – en sandwich. Ça s’excite en tribune de presse.

30’ : « Alors que si vous nous rejoignez, nous avons la bagatelle de 300 supporters monégasques dans les tribunes. C’est un petit événement car ils ne sont jamais autant chez eux. Ahahahah. » Quand en Picardie, on tient une blague, on ne la lâche plus.

35’ : Les commentateurs nous la jouent connaisseurs. Monaco évolue en bloc et utilise la technique du Kick and Rush en balançant les ballons sur Germain et Salli. Ils appellent ça comme ils veulent, nous on appelle ça la Puyg Style !

36’ – 43’ : Amiens pousse, Amiens tire à côté, Amiens cafouille, Sourzac touche son premier ballon.

44’ : Un joueur d’Amiens tire au but. Mais c’est une bicyclette ? Absolument pas Mathieu, ceci est un pédalage, comme a pu le faire Luis Fernandez contre le Brésil en 1980 et quelques ! Maintenant, on sait pourquoi, le terme assistant existe.

MI TEMPS : Monaco mène 1-0 à la pause. Amiens pousse, Monaco est en place défensivement et joue en contre. Le réalisme est du côté des joueurs du rocher vêtus de leur maillot gris poubelle, pour l’occasion.
46’ – 68’ : Bon alors, je sais, il y a eu un but de Dingo après un super une-deux entre lui-même et Germain, à l’entrée de la surface. Dingo se présente face au gardien, qu’il ajuste et ça fait 2-0. Le problème n’est pas là. Je ne peux pas faire le compte rendu de ces 20 minutes car, à la mi temps, je suis descendu me chercher un yaourt. Un petit encas de la marque Jockey. J’avais acheté ceux stracciatella et franchement, ils sont sacrément bons. Alors bon, je descends dans la cuisine, je regarde dans le frigo, et là, je vois qu’il m’en reste un. Tout le monde sait que ça se vend par deux. Je me demande qui a pu manger l’autre. Je réfléchis, je réfléchis et c’est ainsi que j’en arrive à la conclusion que c’est peut être moi, ce midi. Parce que, ce que je ne vous ai pas dit, c’est que je suis un petit peu gourmand, et il m’est déjà arrivé de manger le même yaourt le midi, et aussi le soir.
Je prends la cuillère, qui est orange chez moi. Je sais, ce n’est pas commun mais bon, c’est un cadeau et ça ne se refuse pas des cuillères gratuites de nos jours. Et j’ai fini par déguster mon yaourt. Et c’est là que 20 minutes plus tard, je me suis rendu compte que j’avais oublié le match.

70’ : Annonce officielle, le match se déroule devant 11 000 et quelques spectateurs dans le Stade de la Licorne et nous avons recensé 279 monégasques en tribunes. Ah, c’est un de plus qu’au Louis 2, en fait. Mouai.

71’ – 82’ : Période dépressive des commentateurs. Le Prozac était de sortie ainsi que le syndrome du « T’façon bah ».  T’façon bah, Monaco, ils sont plus forts. T’façon bah, Amiens on est combatif mais on ne part pas à la guerre avec des agneaux. T’façon bah, c’est comme ça depuis le début de saison. T’façon bah, nous on n’a pas de Russes pour nous booster. T’façon bah, même les supporters, ils ne font pas de bruit dans le stade, et il y en a même qui s’en vont déjà. J’aurais eu une corde, c’était bon, il n’y avait plus d’Andy Shrek !
En attendant, durant cet instant d’une tristesse exemplaire, notre capitaine est sorti (T’façon tu sors Giuly et tu fais rentrer Vahirua, bah voilà quoi !) et le public d’Amiens a donné de la voix pour ovationner Ludo ! Ils dépriment mais ils sont super ces Amiénois.
Dumont est rentré aussi, mais personne ne l’a vu. Bizarrement.

83’ : But pour Amiens. Les commentateurs y croient. Sur une passe en retrait, Martin pousse le ballon qui roule jusque dans les buts. Je soupçonne les joueurs de la principauté de vouloir faire du social avec ce but.

90’ : Amiens a encore poussé sans mettre réellement en danger la défense monégasque. Cette réduction du score aura eu le mérite de ne pas m’endormir avant la fin du match, et j’ai quand même flippé.
Amiens reste une équipe généreuse, combattive mais limitée (ce n’est pas moi qui le dit, hein) et Monaco confirme sont renouveau russe, en triplant son compteur victoire. Monaco devient 18ème à 3 points du premier non relégable. Et les supporters commencent à y croire de plus en plus. Maintenant, rendez vous le 30 janvier pour retrouver un ancien ami de la Ligue 1, et espérons que nos progrès se confirmeront face à Lens.

C’était Andy Shrek, avec Radio France Bleu Picardie.