Monaco-Lens : le match avant le match

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Parce que la drolerie, la gaudrillole et l’analyse pleine de bon sens n’est pas le privilège unique des mousquetaires, nous avons invité à notre table les vaillants moustachus du Moustache FC, fan non pas de Guy Lacombe (quoi que forcément un peu), mais du RC Lens. Entre deux godets et des souvenirs croisés de Guillaume Warmuz ou de Wagneau Eloi, nous nous somme penchés sur l’avant match de la rencontre de lundi soir entre nos deux cheptels. Ce fut épique, la preuve.

Déroulé de la saison du R.C.Lens :

On allait voir ce qu’on allait voir, le renouveau du R.C.Lens, autant sur le terrain qu’en coulisses : changement d’entraîneur, de staff et de la moitié de l’équipe. On assiste même à un changement de direction, Gervais Martel est fauché, le Crédit Agricole devient alors actionnaire majoritaire, de manière soit-disant temporaire, le temps que le président historique renfloue les caisses ou retrouve des investisseurs.
On y a bien cru une fois, alors pourquoi pas la seconde? Surtout que sur le papier et dans les intentions, les bonnes bases sont là : des mecs modestes, des jeunes de la Gaillette, plus de forts en gueule qui se tapent dessus à l’entraînement…bref, on ne pouvait qu’y croire.

Et là c’est le drame.

Lens n’arrive pas à aligner les bons matchs, la faut à un groupe trop jeune probablement. Le ridicule de la saison dernière laisse la place à une relative apathie. ce n’est pas forcément dégueulasse, c’est juste chiant. Hamdi “Air gardien” Kasraoui a enfin la chance de prouver ce qu’il vaut après deux ans dans l’ombre de Vedran “Arrêt des yeux” Runje. Il est remplacé au bout de deux mois par un gardien venu de Clermont, c’est dire. les Sang & Or enchaînent cinq bons matchs en octobre avant le match face à Bastia. Là on renoue avec notre tradition d’équipe de free-fight initiée par Yohann Démont.

La saison de l’AS Monaco

Malgré la chute en Ligue 2, le seul coupable à prendre la porte fut Marc Keller. Il faut dire qu’il vivait depuis une saison le cul vissé sur un siège éjectable, ses dirigeants attendant le moment propice pour virer le seul non monégasque du lot, et pour s’en servir comme parapluie. Sans dirigeant responsable, avec un coach quasi néophyte préoccupé par son mariage et les trois quarts des joueurs partis ou en partance, le cheptel monégasque commencera sa préparation d’une drôle de façon.

Car entre la fuite des joueurs et la fuite des capitaux, nos têtes « pensantes » ont fait la seule chose qu’ils savent réellement faire : attendre que cela se passe, et prier Sainte Dévote pour que ça ne se voit pas trop dans les résultats.

Pas de bol, pour eux, cette fois-ci, ça s’est vu.

Aucune préparation, une équipe composée de vieux dont personne ne veut (Hansson, Helstad) et de minots vainqueurs de la Gambardella, l’explosion fut violente. Une seule victoire en 5 mois, et un enchainement dramatique de défaites (déroutes) à l’extérieur et de nuls (nuls) à domicile ont conduit logiquement le club monégasque à une place digne de la compétence de ses dirigeants : lanterne très rouge de Ligue 2.

Bizarrement, depuis la venue du Russe Rybolovlev, de son staff rodé au monde du football et de ses primes de victoires conséquentes, l’équipe ne perd plus. Pire, on reste sur 2 victoires d’affilée en championnat !

Le groupe Lensois :

à Lens, on joue en 4-3-3. Hé ouais mec. Mais dans les faits, ça ressemble plus à du 4-5-1 avec de looooongs ballons balancés de la défense pour essayer de trouver Pollet. Cela fait bien longtemps que l’on s’ennuie ferme à Bollaert, la faute à des groupes successifs pas très intelligents et qui ne respirent pas le jeu. On récupère le ballon dans nos 30 mètres puis on ne sait pas quoi en faire, faute d’un milieu créatif.

Si il n’y a pas de blessés, la configuration devrait être la suivante :

(Gardien) Mickaël Fabre : C’est la seule satisfaction de la première moitié de saison. D’un autre côté, après Kasraoui et Runje, on aurait été même content d’avoir un plot avec des gants sur la ligne de but.

(Défense centrale) : la paire Yahia / Queudrue. 235 ans à eux deux. Des mecs sympas mais qui ne sont pas du tout complémentaires. Il suffit d’un attaquant un peu rapide pour que les deux défenseurs préhistoriques ne se retrouvent lâcher.

(Défenseurs latéraux) : Bergdich à gauche, Yohann Deplomb à droite. Normalement, le lauréat 2011 du trophée le plus fui du foot français joue un poil plus haut mais Serge Aurier, révélation de l’an dernier avec Raphaël Varane a décidé de rejoindre le Téfécé cette semaine. Yoyo, c’est un mec sympa. il apporte toujours du soutien en attaque, a une bonne qualité de centre mais il est vraiment approximatif dans son replacement (vous allez vous en rendre compte, ça tient de la magie). A arrêter la coloration à l’eau oxygénée ce qui paradoxalement semble lui donner des idées plus claires.

(Milieu défensif) : Pascal Bérenguer, arrivé de Nancy cet été, il fait le boulot, doit avoir 4 poumons et a appris à frapper dans un ballon et à se coiffer en regardant Mark Landers.Malheureusement, on me souffle dans l’oreillette qu’il sera suspendu. Samba Sow aurait pu le remplacer. Considérer à une époque comme le futur Patrick Vieira, la ressemblance s’arrête pour l’instant à sa propension à se blesser régulièrement. Mais on s’en fout car il est à la CAN. ça sera donc le “numéro 3” à ce poste qui devrait les supplanter : Alexandre Coeff. Typique du jeune issu de notre centre de formation : prometteur, intelligent, qui a quelques caps chez les Bleus mais qui peine à franchir LE palier qui lui permettrait d’être un bon joueur professionnel.

(Milieu offensif) : Ludovic Baal, arrivé du Mans cet été. A commencé arrière gauche puis ailier pour être replacé au centre. Un calcul de prévision de trajectoire nous annonce que son prochain poste sera sur le banc.
Chaouki Ben Saada : Meneur de jeu, il est champion du monde des moins de 17 ans avec la France avant de s’engager avec la Tunisie. Arrivé de Nice cet été. C’est celui qui a la meilleure qualité technique du côté de l’Artois. Un début de saison terni par des blessures et la malchance. C’est lui qui doit donner le rythme de jeu à Lens.

(Attaquant) : David Pollet, 50% Tony Vairelles 50 % Nolan Roux 50% Belge. Notre meilleur buteur avec 8 réalisations dont 3 pénos. C’est une grande tige blonde, qui a une bonne tenue de balle (utile lorsqu’on mène au score, mais comme ce n’est pas souvent…). En procès avec Peter Crouch qui l’accuse de plagiat.

Le reste de l’équipe est composé de jeunes joueurs formés dans notre super centre de formation “que l’Europe entière nous envie” mais qui peine à s’imposer, cela même en Ligue 2. A noter que notre mercato hivernal a été marqué par trois départs : Serge Aurier (TFC), Cichero (rupture du prêt avec le FC Caracas étant donné qu’il ne peut plus jouer en France après les incidents de Furiani) et Eduardo (AC Ajaccio). Côté arrivé, Alexandre Cuvilier prêté à Lens par Nancy. On enregistre donc deux pertes défensives de deux quasi-titulaires. Encore un marché des transferts magnifiquement maîtrisé par les Lensois.

Le groupe Monégasque :

Au pied du Rocher, c’est Marco Simone qui fait l’équipe. Et après avoir compris que le 352 ne marchait qu’avec des joueurs talentueux et intelligents, il est vite revenu en 442, bien plus classique et bien moins risqué.

Avec l’arrivée des Russes, l’enveloppe transfert s’est considérablement gonflée, passant de rien à « venez venez venez on a un projet formidable et des primes faramineuses ». Bilan, une nouvelle charnière centrale, un nouveau milieu offensif, et un nouveau buteur. Bien malin sera celui qui pourra dire qui jouera, ou ne jouera pas…

Le gardien du temple : Sourzac est indiscutable, tant la concurrence est aussi vivace que les neurones d’un Moussa Maazou. Chabbert, encore blessé, ne devrait probablement rejouer qu’au FC Hospice. Et il y a autant de talent dans Carasso que dans le gros orteil de son grand frère.

La garde prétorienne : Wolf et Kagelmacher sont arrivés au mercato pour stabiliser un secteur en ruines, où Marco Simone a même été obligé de titulariser Muratori pour compenser les blessures. Wolf est d’ailleurs très bien intégré puisque déjà blessé. Seul Robocop Afolabi ressemble un peu à quelque chose, de temps en temps. On espère que Kagelmacher sera titulaire. C’est soit ça, soit des plots, car bon, Hansson a largement dépassé la date limite fraicheur…

Les ailes de l’enfer : Muratori re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-blessé, c’est Tristan Dingo qui devrait hériter du coté gauche, vu que Pinteaux est suspendu. À droite, Malteser n’a pas d’égal, vu qu’Appiah, son seul remplaçant, sort tout juste de l’IM2S. Il va distribuer sa ration de baffes et de tacles carotidiens, et prendre son quota de courants d’air.

La terre du milieu : Coulibaly est la seule vraie trouvaille du précédent mercato. Régulier, sans être flamboyant, il assure au milieu et stabilise un secteur qui souffre du manque d’automatisme. À ses côtés, on espère voir Mendy de retour de blessure, ou à défaut Yatabaré. On espère encore et toujours voir de la lumière du côté de Dumont, mais comme les supporters lillois, on risque d’attendre longtemps en vain.

Les créatifs : À droite, Ludo Giuly est indiscutable, indétrônable, indéboulonnable. Rien qu’avec son aura, il est capable de marquer un but (ce fut le cas à Istres d’ailleurs). À gauche, c’est plus ouvert, le titulaire habituel reculant d’un cran. Barazite, recruté cette semaine, peut prétendre au poste, s’il tient la route physiquement, sinon ça risque d’échoir dans les pattes d’Eysseric. Car la décence nous oblige à ne croire ni en Vahirua, ni en son déambulateur, ni en Malonga, que l’on a rangé depuis bien longtemps derrière la Nespresso.

La pointe de l’épée : Sur ses dernières prestations, Salli est indiscutable, Germain aussi. Mais le nouveau, Touré, devrait être opérationnel, donc ça se jouera entre ces deux là. Enfin, c’est surtout parce qu’on a personne d’autre. Nimani est en Grèce à la recherche d’un Mac Do, Makengo ne flambe plus que sur Twitter depuis sa blessure. Quant à Helstad… Enfin, voilà quoi.

Dans la boule de cristal de Jean-Guy Walemme :

Dans ce Bienvenu chez les Ch’tis à l’envers , le Racing Club de Lens est secoué par la mise en examen cette semaine de son président, Gervais Martel. Ce dernier, perché dans la tribune de Louis II reçoit un texto de soutien de Tony Vairelles. Il s’effondre immédiatement en larmes. Venu en nombre, les supporters lensois pètent les plombs en tribune lorsqu’il constate ce qu’on fait avec un rocher dans le sud alors qu’ils doivent se contenter de vulgaires terrils. La moitié des bus qui ont  fait le déplacement sont absents, une partie se trouvant à l’hopital pour insolation après avoir passé la Loire et l’autre ayant demandé l’asile politique au département des Alpes Maritimes. Si j’en crois la tendance du RC Lens depuis la saison et son alternance entre le bon et le moins bon, compte tenu du fait qu’ils aient remporté leur dernier match face à Clermont, Lensois et Monégasques livreront une piètre prestation qui se concluera par un 0-0 des familles. Après avoir vu le résumé du match, l’ONU statue dès le lendemain que le lundi 30 janvier est décrété “journée mondiale de l’ennui”.

Dans la boule de cristal de Charlène :

Les deux équipes pénètrent sur le terrain au son « d’A la poursuite d’Octobre Rouge ». Ce qui choque une partie du public, déjà trop habitué au générique chanté par Papa Tuche.

Le match est évidemment très fermé. Les Lensois, qui avaient érigé une tactique pour passer en vitesse Hansson-Afolabi, ont bien du mal face aux crampons à hauteur d’oreille du père Kagelmacher. Malheureusement, devant, c’est pas bien brillant, mis à part une occasion où Giuly accélère, passe à Giuly, qui remet à Giuly, qui décale Giuly, qui centre pour Giuly, qui rate sa tête, d’un cheveu.

Sur son banc, Simone et son armée de traducteurs (Russe, Espagnol, Allemand, Hollandais, Français, Malinké) tentent de faire passer les consignes, mais il semble y avoir pas mal de fritures sur la ligne. Seul le traducteur de tahitien reste sur le banc, blotti contre Vahirua.

On s’achemine vers un 0-0 au couteau, quand un grand bâillement se fait entendre depuis la loge princière. Apeuré, Sourzac relâche le ballon, qui file dans son but.

La fin du match sera épique. Smolentsev, le bras droit du président, s’en ira faire fusiller le malheureux bâilleur, un pauvre monégasque marié depuis le 1er juillet dernier.

Rybolovlev entrera sur la piste d’athlétisme, accompagné de l’armée rouge et des petits chanteurs à la croix de bois. Sur un passe en profondeur ratée de Yatabaré, Salli, claqué, ne put prendre le ballon. Le gardien lensois non plus, figé par des dizaines de baionnettes en train de le braquer. Le ballon fit trois rebonds sur la pelouse du Louis II avant de faire vibroter les filets.

Score final 1-1, Monaco étant désormais invaincu en championnat depuis plus d’un mois.

Les déclarations du match :

Emanant des supporters lensois pour soutenir Gervais Martel : « Au Nord, Gervais il corrompt. »

Du coté monégasque, lors de la conférence de presse, les nouvelles recrues tentent de se fondre dans le moule : « Monaco est mon club de coeur. J’en étais supporter quand j’étais petit ». Un petit maigrichon et un type jovial au fond de la salle se permettront de rajouter « On sait donc qu’à coté de ton cœur se trouve ton portefeuille… »

Vous pouvez retrouver nos amis moustachu sur leur site du Moustache Football Club