Marama, un rouge et blanc, aigri

Le football est un sport collectif où le nombrilisme est un défaut que l’ont retrouve très fréquemment. Dans la plupart des clubs, des joueurs font fi des mauvaises passes et préfèrent parler de leur cas personnel. Une manière pour eux de signifier à ceux qui veulent l’entendre que le club ne serait rien sans eux… alors que la mise en tribunes prouve, bien souvent, que certains pions sont loin d’être indispensables, sauf dans l’échec. C’est mon instant coup de gueule.

Vous voyez de qui je veux parler ? Non ? Aller un petit effort. Oui, voilà, c’est bien lui. Le Pagayeur fou. L’énième erreur de casting pré-russe. Le prêt de ce joueur vieillissant, qui du haut de ses 31 ans, demeure en déclin constant depuis son départ de chez les Merlus. Celui-là même qui, durant la première partie de saison, a joué les Park Chu Young du pauvre. Même gabarit, même vitesse, même capacité d’élimination, même placement aléatoire sur un côté par le coach, mais une activité et une combativité beaucoup moins débordantes. Enfin, tout ça, c’étiait quand il n’était pas blessé, évidemment.

Alors c’est vrai, il a marqué l’un des plus beaux buts du championnat face au Mans. Mais après, qu’a-t-il apporté concrètement ? Lui qui arrivait dans le club, dans la lignée d’un Giuly (toutes proportions gardées évidemment) pour partager son expérience et son talent offensif entrevu en Bretagne. Avec la bagatelle de 2 buts en 12 matchs, il a plutôt confirmé que son épisode nancéien fut le début du déclin.
Alors, pour confirmer qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, notre petit Tahitien vient de faire une déclaration d’amour à notre club à la diagonale. Pensant que sa seule pagaie pouvait le sauver de n’importe quelle déclaration, il se positionne comme le Mélenchon du Rocher. Celui qui ose critiquer ouvertement les décisions des hommes forts fraîchement débarqués, en disant tout, sans détour. Bon déjà, il n’a pas peur, et c’est plutôt hallucinant qu’il ose faire cela face à des Russes. Mais pour lui, nous allons droit dans le mur, avec toutes ces arrivées. Une manière de dire, qu’avec tous ces joueurs payés à prix d’or, qui lui font perdre sa place, cela envoie le club dans des heures encore plus noires. Mais apparemment, à Tahiti, le cerveau est malheureusement facultatif. Je comprends tout à fait qu’il ne soit pas gai, mais de là, à débiter autant de conneries. Il est évident qu’une équipe sans Marama est une équipe qui ne tourne plus. Preuve en est, nous sommes sortis de la zone des relégables depuis sa mise à l’écart. Comme quoi, des fois le changement quand t’es au fond du trou, ça peut payer… Ah, et la prise de recul et la remise en question restent des principes indispensables pour survivre en société, cher Marama.

Mais bien plus choquant que sa déclaration d’indispensabilité, il se targue d’une déclaration qui met en valeur le cadre de vie du Rocher. Préférant être payé afin de pouvoir profiter de sa maison en famille, de l’arrière pays qui recèle des paysages lumineux, des casinos tout aussi lumineux… Bon, j’avoue que ça donne envie. On le sait, ce cadre de vie est magnifique et fait tourner pas mal de têtes. En résumé, il revendique ouvertement une pré-retraite dorée et se sent près à tout faire pour être conservé par le club. Même s’il ne faut jouer qu’avec la CFA en étant malheureux (et encore tout le monde n’accepte pas). C’est tout bonnement irrespectueux.

Quelques jours après une véritable déclaration d’amour de la part de Valère Germain, bien plus jeune et reconnaissant envers le club qui l’a formé, qui se dit prêt à descendre en National s’il le faut et remonter, un jour avec son club, les déclarations de Vahirua font tâche. Certes, le natif de Papeete n’a pas été formé sur le Rocher, et l’amour du maillot ne signifie plus rien. Mais n’y a-t-il pas un semblant de conscience professionnelle à avoir, même dans le milieu du foot ? Même si je ne pense pas que nous aurons le droit à notre Francesco Totti au club, je pense que Valère a une maturité bien plus grande que cet être aigri, à qui il a pris la place sur le terrain. Même le jeune Salli lui passe devant…
C’est pourquoi je souhaite vivement que nos dirigeants russes continuent leur ménage entrepris depuis le début d’année. Après les dirigeants qui gangrénaient les bancs du club, le mercato estival devrait permettre de nettoyer plus en profondeur et de remercier ces joueurs inutiles profiteurs du système que l’on a multiplié ces dernières années. Vous voulez une retraite dorée ?! Il y a les Emirats pour ça !

Ce coup de gueule ne servira à rien dans la polémique, naturellement, et ce constat est connu de tous. Mais ouvrons les yeux. On parle sans cesse de la mentalité exécrable des jeunes dans le milieu du foot comme les Mollo, les Dirar, etc … qui ont une pastèque à la place du crâne. Mais Vahirua, et aussi Helstad (qui a longtemps refusé de jouer avec la CFA) sont là pour nous rappeler que, comme nous disait un chanteur moustachu : le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con !