Munegu Fiction #Episode 2

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Durant la trêve, nous avons retrouvé une vieille boule de cristal, dont les pouvoir magiques peuvent, selon l’étiquette collée en dessous, prédire l’avenir. Cependant, c’est pas marqué si l’avenir se trouve dans un univers parallèle, ou pas…

Expandable – Unité spéciale

14 septembre au matin. Alors que toute la Principauté dort encore d’un sommeil réparateur, deux zodiacs pénètrent silencieusement dans le port de Fontvieille. Une poignée d’hommes en sortent, tout en muscles, en armes diverses et variées, en sueur, et en testostérones. Tous sauf un.

À la tête de ces hommes se trouve un petit bonhomme au visage rondelet, dont la raie sur le côté est appliquée du mieux possible pour masquer un front passable dégarni. Il semble avoir pour seule arme son éternel sourire de satisfaction. Les mains dans le dos, il regarde attentivement ses hommes s’affairer afin de se saisir du premier 4×4 qui leur est tombé sous la main.
Une fois tous chargés dans le véhicule, certains assis sur le toit exhibant leur mitraillette, ils s’engagent sur le rond-point devant Carrefour, puis foncent vers le Stade Louis II. Le policier qui était de faction a cet endroit-là tenta de les arrêter en sifflant à s’exploser les poumons, mais en vain.
Le 4×4 s’arrête juste devant l’entrée des sportifs. Le plus grand des hommes, un géant finlandais répondant au doux prénom de Gunnar se présente devant les portes vitrées du stade, closes en cette heure fort matinale. À l’aide de son fusil d’assaut, il les fait voler en éclat. Alerté par le bruit, le concierge, un grand noir, débarque en caleçon depuis sa loge, afin de voir ce qui se tramait. Il ne verra pas grand-chose, Christmas, un des hommes, reconnaissables à son regard de fauve et à son crâne rasé, lui envoyant un couteau d’une dizaine de centimètres en travers du larynx.
Aucune autre forme de résistance n’est opposée au petit groupe paramilitaire, et c’est en territoire conquis qu’ils fracturent la porte d’entrée des bureaux de l’ASM.

« Ah, il est enfin là, mon bureau de président » s’écrit Jérôme de Bontin, en pénétrant dans le bureau de Rybolovlev, précédé de Toll, son garde du corps aux oreilles en choux-fleurs.
Alors que les employés de l’ASM pénètrent un par un au sein des bureaux, ils sont tous accueillis par César, un grand colosse à la peau d’ébène qui tient à bout de bras un fusil dont une simple balle vous arracherait le bras. Effrayés, les salariés du club sont enfermés les uns après les autres dans la salle de la photocopieuse, non sans avoir signé au préalable un document stipulant que de Bontin était leur nouveau président.
Une sorte de bunker est érigé au stade Louis II, Barney, le chef milititaire du gang, craignant une contre-attaque des Russes.
Et celle-ci ne se fit pas attendre. Avant midi, trois camions pleins de soldats cagoulés et armés de Kalashnikov fit irruption dans fontvieille, prêt à donner l’assaut. La bataille, qui dans tous les livres d’histoires contemporaines sera surnommée « la guerre de Fontvieille », va durer une heure tout au plus. Le temps pour les supermercenaires américains de repousser l’armada russe. Certains témoins de l’avenue des papalins ont même fait part de leur stupeur de voir Trench, une sorte de montagne de muscle à l’accent slave, poursuivre à bord d’une Smart sans porte, un des camions de soldats de l’armée rouge, tenant le volant d’une seule main, et de l’autre une énorme mitrailleuse au bruit assourdissant. La poursuite se terminera dans la devanture de Decathlon, quand après avoir explosé les pneus, le camion ira se fracasser sur le magasin de sport dans un vacarme assourdissant.
Coté russe, on comptera un bilan de 58 soldats morts, contre une égratignure coté américain, c’est le grand Gunnar qui s’est coupé en rangeant son couteau d’un mêtre de long.

Cette première étape de franchie, une partie des mercenaires, toujours à bord d’un zodiac, se sont lancé à l’assaut du yacht du magnat russe, qui pensait être à l’abri au large des côtes monégasques.
Une heure plus tard, un document de reddition était signé, et Rybolovlev cédait l’ASM à Jérome de Bontin, rajoutant à cela un chèque de cinquante millions d’Euros, pour « dommages et intérêts ».
Le Franco-américain ne mit pas très longtemps pour réorganiser le club à son image. Barney fut nommé directeur opérationnel, chargé de former les nouvelles recrues. Gunnar est parachuté préparateur physique. Son slogan « vous allez courir plus vite que ma mitrailleuse » fut un carton. Toll passera aux finances, et Christmas à la communication. Lors de la première conférence de presse, on déplorera la mort des journalistes de l’équipe, de France football et de So foot, qui avaient osé poser des questions peu opportunes. 15 jours après sa prise de fonction, le nouveau chef des supporters, un certain Norbert S. se félicitera de voir que la presse n’a jamais été aussi dithyrambique à propos de l’ASM.
Enfin César sera chargé de la relation club-supporter. Son premier coup d’éclat fut de faire sortir les Ultras de leur grève, puis de multiplier le nombre de leurs adhérents par 5 en un mois. Le match de coupe de France à domicile contre Vannes se jouera à guichets fermés, ainsi que tous les matchs suivant jusqu’à la fin de la saison. Sa maxime « chanter ou mourir » sera reprise sur Twitter à de très nombreuses reprises.
Enfin, un certain Booker, alias « le loup solitaire », est nommé en tant qu’« émissaire par delà les lignes ennemies ». Son but c’est d’aller observer les équipes adverses toute la semaine avant le match qui va les opposer à l’ASMonaco.
Étrangement, la veille de chaque match les meilleurs joueurs des équipes adverses disparaissent mystérieusement, pour ne plus jamais refaire surface. Fort de ces absences impromptues, le cheptel monégasque va remporter toutes ses rencontres haut la main, et réalisera un fabuleux triplé inédit, champion de Ligue 2, vainqueur de la coupe de la ligue et de la coupe de France.

Et pourtant, la finale face au PSG a failli donner lieu à un duel de haute volée. Fort d’un dispositif militaire impressionnant entourant leurs meilleurs joueurs, le club parisien n’eut à déplorer aucune perte, et ce jusqu’à deux heures du coup d’envoi. Cependant, deux missiles sol-sol sont venus frapper le bus qui amenait les joueurs jusqu’au stade. Et c’est avec l’équipe B-bis que le PSG se présentera au stade de France, afin de se faire étriller (4-1) par une équipe monégasque surmotivée à l’idée de gagner… ou de mourir.
Toute l’Europe tremble désormais de savoir un tel gang en lice pour la coupe d’Europe l’an prochain, et certainement la ligue des champions très rapidement. Jérôme de Bontin se frotte les mains de joie, murmurant à qui veut l’entendre « tout n’est pas qu’une question de moyens… »

Et pendant ce temps là, Andy Shrek se réjouit au fin fond de la taverne : Vous savez les gars. Moi aussi un jour, je me suis fait mordre par un cobra. Et ben au bout de cinq jours d’une souffrance atroce… Je me suis mis un pansement.

à suivre …