Le bilan du cheptel après 10 journées.

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Traditionnellement, selon la footballogie journalistique, la 10e journée marque un cap important dans la saison. Les stages commandos de préparation sont digérés, les changements dans l’effectif sont avalés, les ambitions sont renouvelées. Et s’il reste encore des sacs et des sacs de points à prendre, un début de tendance commence à s’afficher au niveau du classement. Les équipes qui seront en haut de tableau en fin de saison sont plus ou moins déjà là, et sauf énorme miracle d’une équipe de seconde partie de classement qui se découvre des vertus d’invincibilité, ou inversement avec une équipe qui subit un fatal effondrement sur la même période, se sont les mêmes que l’on risque de retrouver en fin d’année pour la lutte pour la montée. Réjouissons-nous, le cheptel est dans ces 5 là.

Si on prend pour exemple l’an passé, nous avions, au soir de la dixième journée, les 5 clubs suivants en tête :

  1. Reims
  2. Clermont
  3. Bastia
  4. Sedan
  5. Troyes

Et à la fin de la saison, nous avions… ben les 5 mêmes équipes, dans un ordre un poil différent :

  1. Bastia
  2. Reims
  3. Troyes
  4. Sedan
  5. Clermont

Aujourd’hui, après 10 journées, le cheptel est donc en tête avec 19 points, à la différence de but devant Angers, un point devant Istres, deux devant un duo composé de Caen et Dijon.
Si cela ne peut en rien présager de la suite de la saison en L2 (par exemple, il y a deux saisons, Dijon et Ajaccio, qui sont montés en fin d’année, n’étaient même pas dans les 10 premiers au soir du 10e opus), il est quand même intéressant de voir qu’à ce stade de la compétition, il vaut mieux être devant que derrière.

Au niveau de l’équipe, on peut distinguer deux tendances assez nettes.
D’une part, que l’équipe est coupée en deux. D’un coté nous trouvons les titulaires quasi systématiques (sauf blessure et carton), et les joueurs qui ont le plus joués : Subasic, Touré, Germain (trois seuls à avoir joué tous les matchs de championnat), Raggi, Kagelmacher, Wolf, Marester, voire même NDinga et à moindre mesure Ferreira Carrasco. C’est l’intégralité de la défense, une partie du milieu et l’intégralité de l’attaque qui est reconduite à chaque match de championnat.

NOM (NB matchs joué / NB titularisations)

Ainsi, le fameux « turnover » de Ranieri ne concerne en fait que très peu de postes et uniquement au milieu de terrain. Si pour l’attaque, c’est très compréhensible, tant nous n’avons aucune solution de rechange au duo Touré-Germain (Salli et Ribas sont blessés et puis Nimani quoi…), en ce qui concerne la défense, nous avons beaucoup plus de mal à trouver d’explication qui tienne la route. Mis à part une insistance afin de peaufiner les automatismes et la complémentarité, nous ne comprenons pas cet acharnement à faire jouer Raggi dès qu’il est disponible, alors qu’il est loin d’être une assurance tout risque, et à bricoler sans cesse en mettant Kagelmacher sur le coté, alors qu’il est clairement bien meilleur dans l’axe. De plus, cela poussait Tzavellas sur le banc, alors que clairement, il donne satisfaction à chaque fois qu’il joue sur son côté gauche.
Quant au milieu, la surprise Dumont s’installe comme le milieu le plus régulièrement titularisé aux côtés de N’Dinga, une titularisation de plus que Mendy. Alors que Poulsen, qui est sur la feuille de match quasiment à chaque fois, n’a été titulaire qu’à deux reprises.
A l’animation, deux joueurs se détachent : Dirar à droite et YFC qui est indiscutable sur son côté gauche. Cela dit, Bajrami et Ocampos ont clairement leur carte à jouer pour la suite du championnat.

D’autre part, l’autre tendance qui se détache après 10 journées, c’est la confirmation de ce que nous avions déjà remarqué pour les joueurs qui étaient déjà là l’an passé. Dirar est toujours une fâcheuse énigme à 7 millions d’euros, Nimani est toujours aussi inutile, Chabbert est toujours aussi blessé, Touré est toujours aussi buteur, Kagelmacher a toujours autant la classe, Tzavellas fait toujours aussi peur à l’adversaire, Germain est toujours aussi précieux dans l’animation offensive, Mendy est toujours aussi petit, et l’entraineur est toujours aussi italien.
Par contre, il y a une nouveauté, une vraie, et qui nous ravis au plus haut point : cette équipe à désormais un énorme mental. La plupart du temps, elle est menée, et la plupart du temps, elle gagne à la fin, ou en tout cas, ne perd pas. Certes, ça fait un petit coté « nous prenons nos adversaires par-dessus la jambe et on commence à jouer que quand on est mené », mais question spectacle et émotions, c’est gratiné.
Et puis surtout, ce qui fait du bien à l’égo, c’est que nous nous souvenons très bien des statistiques récurrentes de l’ère récente, où sous Ricardo et Guy Lacombe, quand l’équipe encaissait le premier but, le match était obligatoirement perdu. Avec la mentalité héritée du technicien brésilien, l’ASM serait à l’heure actuelle noyée dans le ventre mou du classement, à portée de lance-pierre des relégables, et non en tête du classement avec une seule défaite au compteur.

Puissance offensive, turnover déguisé, capacité à renverser les situations compromises, le cheptel munegu fait un joli leader de Ligue 2 après 10 journées. Ce qui est surtout intéressant, c’est de savoir que cette équipe a encore une belle marge de progression, dans la gestion des rencontres (éviter de commencer à jouer que quand l’adversaire mène au score), et dans la gestion tactique des hommes (Raggi… Brrr… Dumont, Re-Brrrr). Il y a enfin un dernier motif de satisfaction, c’est que la politique des jeunes n’est pas oubliée, les YFC, les Germains, les Ocampos, les Mendy ont clairement leur chance, et profitent de cet entourage stable pour progresser tranquillement, afin de donner la pleine mesure de leur talent les prochaines saisons, en L1 et en Europe…