L’horizon, c’est maintenant

Horizon

L’horizon est un terme fort à la mode en Principauté ces derniers temps. Début février, il était festif et symbolisait l’avenir politique des autochtones de la Rocca. À l’heure où j’écris ces lignes, il est neigeux, froid et la mer est grise par delà le bon Stade Louis II. Mais pour le cheptel munegu, l’horizon est une ligne qui se dessine petit à petit, qui se construit méticuleusement selon les bons vœux de la kommandantur mise en place par Rybolovlev.

Cet horizon est un axe directeur, pointant du doigt l’objectif à atteindre. Non pas à la manière d’un Jack Sparrow, à la barre de son navire, toutes voiles dehors, se dirigeant vers ce fil où se rejoignent le ciel et la mer. Mais de façon très méticuleuse, étape par étape, dans un vaste plan où tout a été pensé réfléchi, ordonné.
Le mercato d’hiver qui vient de se clôturer a montré que rien n’était laissé au hasard par les équipes de recrutement monégasques. Trouver un nouvel attaquant était une priorité. Alors le club a planché sur différents joueurs au profil équivalent. Et quand la piste principale est tombée à l’eau, faute à un kyste ou à une brillante volte du gars en question, la direction du club avait déjà toutes les cartes en main pour faire venir la solution de secours. Pour sûr, cela nous change des précédentes politiques de recrutement, qui consistaient à tout miser sur un seul cheval, en n’ayant aucun plan B dès lors que le cheval en question s’avérait être un vieux bœuf malade, parant ensuite au plus pressé, bien souvent à grands frais pour un résultat final des plus médiocres.
En ce qui concerne l’argent investi, malgré des ressources conséquentes, rien n’est dépensé à perte. Même l’investissement Nabil Dirar commence à donner quelques fruits. La blague à 7 millions d’€uros se transforme petit à petit en un élément solide sur son côté. Affichant une abnégation sans limites quand il s’agit de revenir défendre pour aider les copains, il se montre de plus en plus intéressant à la création, quelque part libéré depuis l’arrivée de la précieuse activité d’Obbadi.

À l’image de Nabil Dirar, le cheptel selon Rybolovlev est devenu une machine qui monte en puissance, le regard toujours pointé vers cet horizon à atteindre. La survie l’an dernier, la Ligue 1 en fin de saison, et ensuite ?

Ce qu’il y a de bien en football, c’est qu’il y a toujours de nouveaux challenges, de défis à relever, et nombre d’horizons à atteindre. Retrouver la coupe d’Europe, truster le haut du pavé en championnat, en ligue des champions, et surtout gagner des titres, beaucoup de titres. Et qu’importe la coupe, un trophée est un trophée, une ligne au palmarès est une ligne au palmarès. Seule la victoire pourra rendre à l’ASM la part de gloire qui lui appartenait. Et c’est l’appât du gain (de titres et de victoires) qui attirera à nouveau les supporters au Louis II.
Ne nous méprenons pas. Cet horizon n’est pas sans danger. Il n’y a pas que les supporters qui reviendront au stade. La surface financière du Président Rybolovlev ne nous prémunira pas des flatulences et de la jalousie des autres dirigeants de l’hexagone, qui gémiront à chacune de nos victoires, et qui se gausseront à chacun de nos faux pas. Il y aura des coups bas, et la presse ne nous épargnera aucune galéjade au moindre moment de faiblesse. Car la mentalité locale est ainsi faite, la meilleure façon qu’ont trouvée les descendants de Jeanne d’Arc pour atteindre le sommet d’un immeuble est de le faire exploser afin que ledit toit se retrouve à leur niveau, au ras du sol.
Et il est probable qu’avec ce que l’on va subir comme attaques nauséabondes dans les 2 ou 3 prochaines années, nous regrettions les commentaires naïvement orientés en notre défaveur de la part d’un Savidan, qui paraîtront bien sympathique comparativement à ce que nous promettent les CFC et autres l’Équipe, ceux qui ont fait de la désinformation et de la vanne grasse leur fonds de commerce.

On imagine bien volontiers Rybolovlev en tribune, le jour où le cheptel gagnera son accession en Ligue 1, sortir un gros cigare et marmonner « J’adore quand un plan se déroule sans accrocs. » Car pour l’instant, son plan semble parfait, son organisation sans faille, avec les moyens de ses ambitions.
Le meilleur symbole de cet état de fait est le retour du cardinal Campora à la vice-présidence. L’homme qui a taillé ce club pour lutter sur les plus hauts sommets a sûrement encore quelque chose à apporter. Et aussi quelques tours dans sa manche pour faire taire les maroufles et les scutapetti qui ne manqueront pas de déverser leur fiel sur la diagonale rouge et blanche dès lors que celle-ci sera à nouveau en plein soleil, par delà l’horizon.

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