Un petit pas en arrière.

536438_10200373695200031_1840623273_n-1Le Conseil d’État a tranché : il n’y a pas d’urgence concernant le dossier AS Monaco FC. En gros, rien n’empêcherait le cheptel d’évoluer en Ligue 1 l’an prochain, puisque la décision de la LFP n’est applicable qu’au 1er juin 2014. Si nombre de supporters y voient là une première défaite dans la guerre qui nous oppose à la TeamMoustache, en fait, il n’en est rien. Il s’agit juste d’un simple petit pas en arrière.

Un petit pas en arrière, mais un petit pas fort logique. Ce qui a été annoncé par le Conseil d’État est juste une décision concernant la « temporalité » du problème. Pour cette haute juridiction Française, celui-ci ne se posera qu’à partir du 1er juin 2014. Et que donc pour l’instant, il n’existe pas. Ainsi, le Conseil d’État a juste dit qu’avant l’heure, ce n’était pas l’heure. Tout en assurant les principaux intéressés que tout sera tranché bien avant la date butoir.
Un petit pas en arrière, mais un petit pas nécessaire. On le sait très bien : en France, le sport national c’est d’étirer au maximum les emmerdes pour qu’elles fassent usage plus longtemps. Ainsi, ne vous attendez pas à ce que le problème avec la LFP se règle d’un coup de cuillère à pot. On va avoir des audiences, des procès, des tribunaux, des cours de justice, une virée aux assiettes, un looping vers la cour d’appel, un tour de rein du côté de la cour de casse, un petit pont en contre-appel, et au final, cela pourrait bien se régler devant la cour de justice de la Communauté européenne, comme ce fut le cas lors de la fameuse « Affaire Bosman », en 1995.
Un petit pas en arrière, mais un petit pas qui ne surprend personne. Le gouvernement français est barré par un ilüminau probablement terminé au pisciu, qui pense que le salut économique de son pays passe par un ramonage du fundamentu de chaque Français via une augmentation massive des recettes fiscales. Et avec la perspective d’avoir Monaco entrer dans le champ d’application des taxes locales, miroitent une petite cinquantaine de millions en plus dans les caisses… Utopie rigolote quand on sait que les derniers chiffres annoncent un différentiel de vingt milliards en négatifs pour les caisses de l’État français en 2013, mais qui explique pourquoi la justice française n’est pas pressée à donner raison à l’AS Monaco. Pour mémoire, la LFP dépend en partie de la FFF, qui dépend directement du ministre des Sports. Tout ça n’est donc qu’une sorte de grande partouze dans les hautes sphères…

Mais ne nous fossoyons pas sur des problèmes politiques qui ne concernent que le voisin français : Les présidents de Ligue 1 qui se vautrent dans la presse au sujet de l’AS Monaco FC, parlant au nom de « l’équité sportive » sont aussi franc du collier qu’une montre arrêtée donne l’heure : deux fois par jour et pas longtemps.
Ils sont tous avocats ou chefs d’entreprises. Ils ont tous été suffisamment brillants pour gravir les échelons qui leur permettent de se trouver là où ils sont désormais. Et malgré tous les noms d’oiseaux et les critiques qu’on peut entendre à leur sujet sur les réseaux sociaux quant à leurs capacités à bien mal carburer du bulbe, se sont loin d’être des cons. Ils savent ce qu’ils font, ils savent ce qu’ils veulent, et ils savent ce qu’ils risquent.
Faire plonger l’ASM devant les tribunaux et les forcer à s’installer en France ne leur rapportera rien. Les nombreuses nouvelles taxes payées par l’ex-club de Monaco basé à la Turbie iront directement dans les caisses du gouvernement français. C’est pour cela que leur soi-disant croisade n’est que mensonges et flagorneries. L’équité sportive, diantre, quel bon mot qui ne rime à rien. Le football est un énorme business qui gonfle sans fin depuis l’arrêt Bosman et l’explosion des droits télés. L’équité sportive n’est qu’un prétexte, tout comme l’AS Monaco n’est qu’un bouc émissaire. La guerre à laquelle se livre la LFP n’est pas contre le club rouge et blanc, mais contre l’oppressante fiscalité qui bride leur business.
Dans cette affaire, le but premier des présidents de L1 est de se faire fourrer à la papa par une cour de justice afin de faire jurisprudence. Et à partir de là, si la justice trouve légal qu’un club jouant en L1 ait son siège social hors de France, ils auront leurs avantages, tout essayant de prendre l’aspiration derrière le fier bolide rouge et blanc.

BrigadesdutigreCar la Ligue 1 serait évidemment une sombre idiote si elle faisait fuir le cheptel au-delà de ses frontières. L’AS Monaco FC est un train toutes options lancées à pleine vitesse qui va charrier avec lui tous les vieux charrafis du championnat. Falcao et compagnie en L1, ce sont des arguments béton pour négocier à la hausse les droits TV (pour mémoire, la L1 est le seul championnat d’Europe avec des droits télé en baisse, et une exportation à l’étranger minimaliste). Falcao et compagnie en finale de ligue des champions, ce sont des points UEFA à la pelle et une porte ouverte sur l’Europe pour les clubs classés 5, 6 ou 7. Falcao et compagnie, ce n’est qu’avantages et compagnie pour tous les clubs de Ligue 1.
A contrario, Falcao et compagnie jouant dans le championnat Russe avec l’AS Monaco FC, c’est une Ligue 1 ne marchant plus que sur une patte, et des clubs à peine plus attractifs que le Racing Club de Fion ou le FC Kykykonos. Voilà ce qui pend au nez des présidents de L1 s’ils tirent trop sur la corde (ce qui explique les doux messages que l’on a reçus ce week-end de la part de certains présidents…)
Car la perspective de voir jouer Monaco dans un championnat plus « accueillant » est bien réelle. Si Rybolovlev apparait si « serein » dans cette affaire, c’est qu’il a surement déjà pensé à tous les plans de sorties, et celle-ci semble être la solution la plus envisageable. Si la LFP pousse le bouchon un peu trop loin Maurice, il est très capable de jouer un remix de la « jurisprudence Depardieu » et de catapulter l’ASM dans un championnat Russe qui trouvera avec le cheptel une vitrine à nulle autre pareil.
Car le prestige que cherche Rybolovlev en retour de son investissement à Monaco n’est pas celui de gagner le titre d’un championnat de second plan européen. Ce qui l’intéresse, c’est la ligue des champions, c’est de s’éclater face à Madrid, Manchester, Munich ou Turin. Alors si le besoin s’en fait sentir, il n’hésitera pas à aller faire jouer ses ouailles ailleurs, tant qu’au final cela lui permettra d’aller en Ligue des Champions. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse des sommets !

Dans cette histoire, le Championnat de France a bien plus à perdre que l’AS Monaco. C’est pour cela que ce petit pas en arrière opéré via le Conseil d’État ne peut que suivre un chemin savamment établit par les grands pontes de la ligue. Perdre est la seule solution qui permettrait à la LFP de gagner des avantages. Se faire fouetter le prosper, le pantalon au niveau des chevilles devant la France entière est la seule issue possible dans laquelle les présidents de L1 conserveraient la locomotive rouge et blanche, promesse de tant de bonnes choses à moyen terme pour l’ensemble de la communauté, tout en mettant la pression sur ce gouvernement socialiste ultra fiscaliste source de tant de maux…

2 réflexions sur “Un petit pas en arrière.

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