Il fallait bien commencer quelque part

Salut, c’est Manu !

Manu, comme Manu Flacdo. Je suis attaquant de pointe à l’AS Monaco. Pour de vrai, mais qu’à mi-temps seulement. Et souvent, c’est même plutôt en fin de la seconde d’ailleurs.
La semaine dernière, après le match contre Tottenham, j’ai été accosté par une bande de types à la mine patibulaire, mais presque. Il y avait un chat, un nain, un gros bonhomme tout vert, un autre tout maigre avec les jambes arquées, et une sorte de pirate qui avait l’air plus défoncé qu’Ibrahima quand le mister coach le force à faire un sprint entre la douche et la salle de muscu à la Turbie.
Mais à y réfléchir, tout ça s’est passé sur mon parking en rentrant de chez moi, il était tard, et on venait de fêter la victoire contre Tottenham avec Valère et tous les potes. Je n’avais pas joué, mais j’étais fatigué… Peut être même un petit peu trop fatigué…
Ils m’ont proposé de participer à la vie de leur site. J’ai baillé. Ils m’ont expliqué que j’avais juste à twitter ce qui se passait dans ma tête et sur le terrain, au stade comme à la Turbie. J’ai trouvé ça cool. On a dit banco. Le gros tout vert s’est rappelé qu’il n’en avait plus pour le petit déjeuner du lendemain.
Bref, j’ai dû ouvrir un compte twitter.

Comme il fallait bien commencer quelque part, je me suis mis à poster sur les copains. En commençant évidement par le meilleur, le petit barbu qui parle comme une bétonnière, mais qui joue encore mieux que moi quand je prend le Real sur Fifa. Joan comme disent les autres, un mec super, qui ne carbure pas qu’au sans-plomb, ce qui me change des ballons de plombs que m’envoyait Medjani l’an passé.

La préparation pour le match du week-end, c’est du costaud. Ranieri, il a beau être vieux, ne pas parler super bien le français, mais quand il crie, même en anglais que je comprend rien, ben tu cours.
Cette semaine, avec Eric et Jerem’, on a regardé la selection de l’équipe de France. Malheureusement, il n’y a qu’Eric qui était sélectionné. C’est normal, c’est lui notre capitaine. Jerem’ devait aussi partir avec les bleus, mais apparemment il n’a pas voulu. Il m’a expliqué, soit disant que c’était une sombre histoire avec son avocat qui ne voulait pas prendre le bus pour aller dans le fric du Sud. Ou l’inverse.
Je n’ai pas tout compris, mais de toute façon, on doit pas avoir la même vision de l’équipe de France je crois.

En fin de semaine, on est parti pour le bordel laid… On a prit le bus, puis l’avion puis le bus, puis on est arrivé à l’hôtel. J’ai pas trouvé le bordel. Et puis c’était pas si moche. Ramdam m’a même dit que c’était plus beau qu’à Beau Gota. J’ai pas compris, mais je ne lui ai rien dit : c’est lui le patron.
Le soir, à l’hôtel, on a regardé le match du PSG contre Montpellier. La ligue 1, le beau football, tout ça m’a rappelé mon ancienne vie, quand je jouais en violet ou en vert.

Après le match, j’ai fais le mur. Non pas pour aller en boite, de toute façon, avec ma tête façon Bart Simpson, personne ne voudra me laisser rentrer. La peur que je leur fasse du skate sur la piste de danse probablement.
Non, je suis allé m’entrainer. Oui, fidèle à mes objectifs et à mes principes, je suis allé répéter mon match, et travailler ma concentration.

Le lendemain, mister coach nous a fait une séance de vidéo. C’est un peu ennuyeux, surtout quant il s’est mis à expliquer ce qu’il fallait faire pour contourner le mur bordelais. J’ai essayé de suivre, mais c’était pas facile. Puis je suis tombé sur Delvin, qui remplaçant comme moi, était en train de piquer un petit roupillon.
Joan s’est ensuite levé pour lancer des théories sur la solidité des murs, sur la qualité du mortier, la taille des briques… Mister coach a coupé court, argumentant que le lanceur de brique ne Saivet jouer que pour Bordeaux, et qu’au milieu de ce mur de l’atlantique, il y aurait un plat anus…
Moi pendant ce temps là, j’avais une tendre pensée pour les copains restés à la maison.

Puis repas, puis sieste. Je crois que c’est la partie que je maitrise le mieux de mon job.
On a ensuite prit le bus, et on est allé au stade. Dans le bus, mister coach nous a annoncé que Joan ne jouerai pas, il a mal à la cuisse. J’étais triste, me demandant qui allait pouvoir me donner de si bons ballons. Puis je me suis souvenu qu’il serait sur le banc avec moi, et comme ça, il allait me montrer toute sa technique pour distribuer les serviettes.
Une fois sur place, on est allé voir le terrain, afin de prendre nos marques. J’ai pris les miennes, troisième siège en partant de la gauche.

On est rentré aux vestiaires. On s’est changé. Puis on est parti pour s’échauffer. Enfin, moi, j’ai attaqué mon footing dès la sortie des vestiaires. Grave erreur.

Je passe la suite, vous l’avez déjà surement vu à la télé. Le match a donc commencé, et sur son coté, Ya’ a fait des misères au mur défensif en face. Ya’, c’est mon pote Yannick Ferreira-carrasco, le seul belge donc Joan est capable de prononcer le nom de famille sans manger la moitié des syllabes.

Delvin a coté de moi avait bien chaud. Alors il a enlevé son survêtement. C’est là que j’ai découvert qu’on avait un nouveau sponsors sur la manche. Une vague de chaleur m’a de suite envahit au niveau du bas ventre, comme une reconnaissance envers mon travail.

Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que si j’avais eu si chaud en bas, c’est parce que Delvin avait posé son survet’ sur mes guibolles.
Sur le terrain, les occasions se sont multipliées. Notamment Ramess, au four et au moulin. Comme sa première frappe n’est pas rentrée, il a essayé de forcer le passage et de rentrer dans les cages avec le ballons. Ça n’a pas marché non plus.

Malheureusement, il devait pas avoir son portable sur lui, car l’action d’après, il a préférer donner un ballon cacahuète à Ramdam plutôt que de tirer. Bref, on est toujours à 0-0, mais on domine. Sur le banc, tout va pour le mieux, moi je m’amuse comme un petit fou. C’est ma façon d’évacuer le stress. Car il ne faut pas croire, mais on a beaucoup de pression quand on est sur le banc. Rien que d’avoir Mister coach juste devant qui gueule sur les copains, ça mets bien la pression. D’ailleurs, certains ont leur façon bien à eux de l’évacuer, la pression.

Le match se poursuit, mais on ne marque pas. Puis le moment fatidique arrive : c’est la mi-temps.

En rentrant jusqu’aux vestiaires, je suis tombé sur un écran de télé. Ils ont montré le résumé de la première période. Si on voit mieux certaines phases de jeu, ça rend tout de même pas aussi bien que depuis le banc.

Retour des vestiaires, début de la seconde mi-temps. Je vais pas vous faire de résumer, vous avez déjà vu le match. Et puis il s’est tellement rien passé que je me suis endormit. C’est Delvin, sympa, qui m’a réveillé d’un coup de coude :
« Hey Manu, faut aller s’échauffer »
Je n’ai rien répondu, mais je me suis levé. L’habitude, sans doute.
Quelques minutes d’échauffement, et là, le grand moment de ma soirée : je rentre. Je passe numéro 1 à la place du numéro 1. La joie. Elle fut courte, quand je compris que c’était Ramess qui sortait. J’étais donc numéro 1 à coté du numéro 1. Une sorte de numérobis quoi.
Par chance, j’avais développé une technique pour twitter en jouant, ce qui fait que j’ai pas perdu mon temps quand j’avais pas le ballon.

Comme Ramdam jouait à coté de moi, je me suis rapidement rendu compte de deux choses :
– La première, c’est qu’entre deux joueurs, c’est à lui qu’on donne le ballon. J’allais donc devoir m’arracher comme un sapajou pour toucher la boule.
– La seconde, c’est qu’en fait, c’est lui qui à plus ou moins prit la place de Ramess. Et ça c’est chouette.

Puis vient le grand moment. Mon heure de gloire. Ma tour de pise. Kuku déboule sur son coté, et centre. Je pense qu’il a pas dû regarder avant de centrer, car il a envoyé le ballon dans ma direction. Je suis à la lutte avec un défenseur. Le bordelais m’étreint. Le bordelais me bouscule. Je vois plus le ballon. Je suis un peu perdu. Comme d’habitude.
Par contre, je sens un truc qui m’a frôle la fesse. Le malotru, il a osé. C’est ma coiffure surement, ça fait très militant pro-mariage gay. Je me retourne aussi sec, prêt à lui expliquer que l’on ne me triture pas le postérieur comme cela, sans punité. Mais il n’était pas là. Il avait du fuir, surement. A la place, je vois le ballon. Pur réflexe, je bourine dedans. But !

Après avoir fait mon salto, je ne me sens plus. Tout va bien. Tout va vite. Je ne suis plus Manu Flacdo, je suis super Manu du Lac, chevalier rouge et blanc. Je me bats sur tous les ballons, même sur les ballons les plus désespérés.

Et toute l’équipe suit mon exemple. Loucasse, dans son style caractéristique, la tête dans les épaules avec juste les oreilles qui dépasse, chope un ballon dans un coin, balance un centre au poteau -1. Ramdam pousse le défenseur, contrôle de la nuque, se retourne, fait un dribble trop long, se jette pour taper dans la balle en taclant… But !
Si ça c’est pas un hommage à mon abnégation !

Avec ce second but de Ramdam, on les a mit FalK.O. Ramdam aussi était un peu caK.O., vu qu’on s’est tous jeté sur lui. Une poignée de minutes plus tard, le match est finit. On a gagné, j’ai marqué, que du bonheur. J’en pleurerai des rivières tient.

Le lendemain, dernière pensée pour ce très beau match, je feuillette l’Equipe pour voir ce que les professionnels en ont pensé. J’aime surtout les notes, le truc qui doit leur prendre le plus de temps, tant ça doit être fait avec une scientificité savante. Moi, par chance, j’en ai pas.

C’est lundi, je vais donc reprendre le chemin de la Turbie, en espérant avoir le temps pour vous livrer d’autres impression impressionnantes d’ici le match contre Montpellier.

Ciao !

5 réflexions sur “Il fallait bien commencer quelque part

  1. On l’a le futur meilleur buteur de la Ligue 1 ! Manu Flacdo est au top. Il va se régaler dimanche face à Montpellier

  2. Pingback: La revue de l’après-fin du monde | Jartagnan.com

Les commentaires sont fermés.