Mille milliards de mille saltos

Salut, c’est Manu, Manu Flacdo,

Tu sais le leader du classement des buteurs, celui qui joue n° 2 dans l’équipe en tête au championnat.
Si certains ont pu s’inquiéter suite à ma défection de la semaine dernière, rassurez vous : TOUT VA BIEN !
Après un vrai non-match face à mes anciens potes toulousains, j’ai retrouvé les deux seules choses qui comptent pour moi : la joie de faire des saltos après un but, et ma place sur le banc.

C’est vrai qu’après mon match face à Montpellier j’ai eu du mal à m’en remettre. Mon premier triplé, ce fameux coup du chapeau dont tout le monde me parle. Cela dit, après le troisième but, je l’ai jamais trouvé, moi, le fameux chapeau.

Le reste de la semaine, se fut encore du grand n’importe quoi. C’est l’effet mercato m’a assuré le kiné. Perso, il y a aussi l’effet jeviensdeplanteruntriplé sur l’état de la chose vivant dans mon caleçon…

Même les mousquetaires s’y sont mis… Cela dit, j’ai hâte de les voir se pointer à la boutique pour demander un maillot « Flacdo ».

« Bonjour, monsieur, je voudrais un maillot.
— Extérieur ou domicile ?
— Extérieur. Le domicile je l’ai déjà, floqué Moutinho. Les mousquetaires me l’ont conseillé sur le dernier Cunta Balle.
— Hum, très bien. Un flocage ?
— Oui, Flacdo, numéro 29
— Euh, Falcao, c’est le numéro 9 monsieur
— Oui, mais ce n’est pas Falcao que je veux, c’est Flacdo… »

Ça risque d’être bien drôle !

Puis, il y a eu le match contre Toulouse. Comme c’est un club de potos, je me la suis joué profil bas…

Une petite occaz avec un dribble de malade pour montrer au Myster Coach qu’il ne m’avait pas titularisé pour rien, mais ensuite, c’est tout. Un match tellement horrible qu’au moment de ma sortie, après avoir tapé dans les mains de Valou, j’ai failli partir dans l’autre sens et re-rentrer sur le terrain. La force de l’habitude vous savez… Mais la grosse béquille que j’avais prise en début de seconde mi-temps m’a rappelé à son mauvais souvenir.
Match nul, pas de but pour personne, pas de spectateur, pas de salto… Un vrai cauchemar.

Ça m’a tellement tourneboulé, que j’en ai perdu l’usage de mes doigts. Pas de chronique, un demi-drame pour tous mes followers. Mais je tiens à vous en présenter mes excuses.

Durant la semaine, on a eu à nouveau droit à des rumeurs de mercato dans tous les sens. Forcément, c’est la dernière semaine. Alors les clubs vont se lâcher, et moi, je balise pour mes potes de banc.

Comme je n’ai pas claqué de triplé, et que le sélectionneur a préféré sélectionner le mangeur de Pépito à la pointe du banc de l’équipe de France, la presse s’est donc étalée sur le cas Florian Thauvin. Je suis certain qu’il y a plus de choses dans la rotule de Carvalho que dans le cerveau de ce petit jeune, qui fait quand même honte à la profession.

Du côté de chez nous, on a récupéré une nouvelle recrue. Kondogbia… Avec un nom pareil, s’il joue mal, je pense que son surnom va vite être trouvé. Cela dit, il est jeune, il a couté plus cher qu’une portion de socca, et donc du coup : où qu’on va le mettre ?

Ensuite, je me suis souvenu qu’il y avait Yacob qui pouvait jouer à ce poste-là. Et du coup, nouvelle grosse interrogation de ma part. Est-ce que ce petit jeune a les épaules assez larges pour supporter telle comparaison ?

Moi quand je me pose des questions, elles viennent comme mes buts face à Montpellier, par lot de trois. Pour la troisième, je m’inquiète encore un peu : Yacob, il est où ? Si vous avez de ses nouvelles, je suis preneur…

Mais place au match du week-end, le choc entre l’Ohème, premier au classement, et nous, second.
Jeannot, qui n’avait plus grand-chose à faire vu que son loft s’amenuisait comme un mister freeze sur le crâne de Raggi après un quart d’heure de footing, est venu me voir pour taper la discut. Jeannot, il est sympa, mais depuis que je lui ai dit que si je suis devenu footballeur, c’est parce que j’étais fan de la coupe de cheveux de Thierry Henry à ses débuts, il s’accroche à moi comme la puanteur sur un de ces fromages immondes qu’apprécie Andreas Wolf. Ce coup-ci, il est venu me parler des anciens duels contre l’Ohème, de ces matchs que l’on perdait contre une équipe où git pépé et où bat Zilboli… Je ne sais pas trop qui c’était ce joueur, mais il m’a foutu un coup de déprime notre petit pépé rouge et blanc.
En tout cas, je lui ai fait une promesse, et je la tiendrai !

En arrivant au stade, je me suis rendu compte d’un truc : mon téléphone ne passait pas, pas de 3G, pas de réseau, que dalle ! Selon Éric, et c’est une tête notre capitaine, ça serait à cause de ce foutu nouveau toit. Moi je ne sais pas, mais c’est relou cette histoire. En plus, j’étais sur le banc, donc j’avais largement de quoi faire… Mais bon, pas de réseau, pas de tweet. Et pas de tweet… Pas de tweet…

Bref, le match s’est quand même lancé.
Comme Delvin n’était plus là, c’est entre Marcel et Jessy que j’ai passé ma première mi-temps. Enfin neuf petites minutes, le temps pour Jerem de tenter un tacle avec la tête, et de se faire mal à la cuisse. Ne me demandez pas la relation de cause à effet, je la cherche encore. Si bien que la moitié de mon binôme de potes s’est vite envolé vers le terrain. A la place, Jerem est venu, se posant une poche de glace au niveau du service trois pièces. Comme au bout de dix minutes, il ne se l’enlevait pas, je me suis penché discrétement vers Marcel et j’ai chuchoté : « s’il la garde encore cinq minutes comme ça, elle va être tellement petite que ce soir, ça sera tricot et tisane pour Mme Tout l’allant. »
Marcel n’est pas comprit. Par contre, Jerem a dû m’entendre, car il m’a fait une tronche de six pompes de long. A moins que ça soit son air naturel.
Malheureusement, dès l’entrée de Jessy, c’est allé de mal en Pî. On a prit le bouillon un peu de partout, mais surtout à droite, à gauche, pour finir dans l’axe. Bref, une vrai cata. Comme Suba se signait à chaque fois que le gros type de devant qui a prit ma place en équipe de France tapait à coté, je me suis dit qu’on pouvait tous rentrer au vestiaire en couvent si la mi-temps était sifflé avec 0-0 en notre faveur.
Un qui stressait à mort, c’était le gars Marcel. Il regardait Jessy, puis Layin et Fabiano se faire déborder dans tous les sens, puis il revenait à Jessy, et tout en se bouffant les doigts, il murmurait : « pitié, je veux pas rentrer, pitié, non, c’est un enfer… »
Je lui ai tapé l’épaule : « T’inquiète bonhomme, si jamais les marseillais marquent, c’est moi qu’on va faire rentrer. Car c’est moi le numérobis derrière le numéro 1 ».
Il m’a regardé, je l’ai regardé, il m’a regardé, je lui ai fait un clin d’oeil, il a enfouit sa tête dans sa serviette. Pauvre bonhomme.
Les marseillais ont marqué. Et je suis pas rentré. Enfin, on est tous rentré aux vestiaires.

Dans les vestiaires, le Mister Coach nous a félicité. Un bon début de match, un but simplement encaissé sur corner, des bonnes séquences de jeu… On vient de se faire défoncer pendant 20 minutes, et le coach nous félicite. Sincérement, j’ai pas tout compris, mais ça fait plaisir.
Ensuite, il s’est adressé à Jessy, Joan et Mounir, leur a dit des trucs, montrant son tableau. Mieux bloquer les cotés, ne pas trop se concentrer sur l’axe, faire des prises à trois… J’ai pas tout compris. D’ailleurs c’est pour ça que j’ai pas fait milieu de terrain. Car je comprend vite, mais faut m’expliquer longtemps.
De retour sur le terrain, on a vite vu que les félicitations du mister coach ont porté leurs fruits. Deux minutes de jeu, Layin centre, Joan se tord le pied pour dévier la gonfle, qui arrive sur Ramdam dans les six mètres. But.
Ensuite, l’histoire est un peu plus floue, parce que le mister coach m’a demandé d’aller m’échauffer. J’ai vu les marseillais attaquer. J’ai vu Loucas faire péter son défenseur avec ses prints assassins. Et je me suis mis à genou quand Ramdam est tombé à terre. « Non Ramdam, ne te fait pas mal, c’est toi le numéro 1 qui coute soixante millions de patates douces. » J’ai eu comme une crise de panique. Andrea est venu me voir juste après : « Ma qué, tou fé quoi ? Tou dansé les Harlème chaike pour t’échauffer maintenant ? »
Puis on est venu me chercher, et le numéro 2 est entré à la place du numéro 1. Quand j’ai vu que c’était Joan qui menait le jeu, je suis devenu tout gai. Avec lui, il me suffit juste de courir plein gaz, et il allait faire apparaitre la balle dans mes pieds.
Première accélération, et premier tour de magie. Sauf que j’étais pas vraiment prêt, et le gardien s’est jeté sur la boule avant moi.
Seconde accélération, je suis parti un peu de biais pour anticiper le coup de mon Porthos préféré. Son ballon était nickel, j’y suis allé un peu à tAthos sur mon dribble, mais c’est passé, et tel un D’Artagnan des grands soir, j’ai embroché le spadassin gardien, et envoyé ces chiens Alanis…
Mille milliards de mille saltos… Qu’est ce que c’est bon !!!!!

Bref, j’en suis à 5 buts, qui rapportent 9 points. Une bonne raison pour danser toute la nuit non ?

Le seul problème, c’est qu’en rentrant à Monaco, pépé Jeannot m’a fait la gueule. J’ai marqué mon but, et tellement content, j’en ai oublié d’aller taper la casquette à Elie Baup… Je lui ai promis que je lui prendrais une casquette Flash McQueen à Carrouf dès que possible.
Le lendemain, l’Equipe a titré sur nous en gros plan… Je crois que ça n’a pas dû arriver depuis l’époque Ligue des Champions… A l’époque, j’avais 13 ans, et je jouais encore aux Pokemon… C’est dire…

Comme je l’ai dit en déambule, tout va bien. On se tire la bourre avec Leo Messi pour la première place des buteurs Européens, la routine quoi…

Allez ciao !

PS : n’oublie pas, tu peux me suivre sur twitter : @MFlacDo

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