Mangez bio !

Salut c’est Manu ! Manu Flacdo, le roi du bio !

Cette semaine, j’ai été blessé. Et oui, ça arrive même aux meilleurs. Deux grosses blessures qui je l’espère ne vont pas ralentir ma progression cette saison.
La première, une douleur à la cuisse qui m’a obligé de déclarer forfait pour la rencontre contre les verts. Dommage, mon club formateur aurait bien mérité que je lui colle un petit salto des familles.
La seconde, une vive douleur à la main, qui m’a obligé de déclarer forfait pour mes tweets quotidiens et mon live du match. C’est con d’ailleurs, car étant donné que je ne l’ai pas joué, j’aurai eu plein de choses à dire sur le match.

Bon déjà, j’ai un peu gaffé à l’entrainement. Après la séance de jeudi, dans les vestiaires, je me suis approché de Ramdam, et je lui ai dit : fait gaffe, samedi, en face, ils seront tous verts…
Il m’a regardé, je l’ai regardé, il m’a regardé, je me suis remis une mèche, il a pris son téléphone portable. L’écran d’accueil c’était une photo de sa fille. Il a tapoté un truc, et une image est venue instantanément : @AndyShrekMousk
J’ai dit « waouh, c’est quoi ton forfait, ça va trop top tout vite là ! »
Il m’a dit « ça, c’est vert ? »
J’ai dit « Layin, vient voir Ramdam, il peut télécharger Look Lemon en deux secondes et demie ! »
Mais Layin n’a rien répondu, il avait déjà mis son casque sur la tête…

A l’époque, je n’étais pas sûr de jouer ou pas. Le coach me faisait faire des séances de footing attaché à une machine de mort. Mais j’étais positif, je voulais jouer. Sauf que le sourire banania n’a pas duré bien longtemps.
Le vendredi matin, le toubib m’a livré son verdict : « Manu, par prudence, tu ne joues pas demain.
— Par Toutatis, c’est la tuile !
— Par exemple, tu lis donc Astérix !
— Par hasard, je suis tombé sur un album l’autre jour…
— Tu connais le belge qui joue à Chelsea alors ! »

A ce moment là, Yannick passait dans le coin. Il a entendu belge, chelsea, tuile, pas forcément dans cet ordre d’ailleurs, et ses yeux se sont mis à frétiller. Puis tout le reste. D’ailleurs on a pu le voir sur son but samedi soir, il frétillais encore du bas ventre…
Sur ces entrefaites, je suis parti, maugréant dans la barbe que je ne vais pas tarder à me laisser pousser si ça continue.
En pénétrant dans le vestiaire, je marmonnais encore « putain, mais ch’uis vénert, chuis trop vert, chuis galère ! » Oui, moi quand je suis déçu, je slamme…

Et là, c’est le drame. Ramdam, qui n’était pas bien loin, m’entend.
« Porqué encore vert ? »
Du coup, il sort son téléphone. En fond d’écran, c’était une nouvelle photo de sa fille… Il en est dingue, c’est fou !
Il tapote un truc en spanish, et paf, une photo d’Hulk apparait à l’écran.
« Samedi, ça, vert ? »
Gavé, je réponds un peu rapidement « Oui oui, si si… » J’étais encore dans mon slam…
Et aussi sec, je prend la poudre d’escampette. De toute façon je n’avais rien à faire dans les vestiaires. En fermant la porte, j’entends un « poutamadré » qui ne m’a pas mis la puce à l’oreille.

Qui dit non convocation, dit non mise au vert… Pourtant, c’était tout à propos quand on joue une équipe comme St Étienne. Et donc pas de discours du mister coach, ni de petit dej’ à base de pâtes…
Bref, quand j’ai enfin retrouvé mes potes, ils étaient en train de s’échauffer, et moi, je faisais la grimace à peine arrivé en tribune. Pour rire, je venais de gouter une bière sans alcool à la buvette. Je préfère largement le jus de citron !

Le match, je ne vais pas vous le raconter. Joan rate une occasion que même moi je l’aurai mis au fond. Car avec la baraka que je me paye en ce moment, j’aurai visé le banc de touche, et ça serait fini au fond. Puis Ramess a allumé tout le stade avec une passe que je n’étais même pas au courant que c’était autorisé de faire des choses comme ça à la défense adverse.
Derrière, Ya ouvre le score.
Mais mince, quelle passe ! Si Sall avait porté plainte pour viol, je suis sûr qu’il aurait gagné. Enfin, de l’autre coté, avec tous les attouchements qu’il a faits à Ramdam tout le match, c’est un prêté pour un pendu.
Ramdam justement, je l’ai trouvé tout bizarre durant le match. À la mi-temps, j’ose envoyer un texto à Jeannot. Il est au courant de tout, il devrait donc m’éclairer.
« Salut Jeannot. Il est si triste que ça le Ramdam de ne pas me voir sur le terrain qu’il déjoue autant ? »
J’ai à peine appuyé sur envoyé qu’une voix me susurre à l’oreille, me faisant sursauter « Non… »
Remis de mes émotions, je me retourne, pour constater qu’il s’agissait de Jeannot, l’œil torve, la mèche rebelle. D’où sortait-il donc ? Derrière moi, j’avais un petit monsieur chauve qui n’arrêtait pas de se lever et de s’assoir, comme si sa vie en dépendait. Et là, paf, c’est Jeannot qui débarque.
« Tu ne saurais pas par hasard qui a dit à Falcao qu’aujourd’hui, il allait affronter une équipe de Hulk ? Hein ? Hein hein ? »
Sur le quatrième « hein », il a son œil à une poignée de centimètres de mon nez. Je sens son haleine fétide, chargée de lait de chèvre.
Je bafouille un non, qui vaut tout autant qu’un oui en fait. Puis il enchaine.
« Non, parce qu’en prévision, il a passé sa nuit à faire des pompes. Quatorze mille trois cent deux il en a fait. Et demi !
— Et demi ?
— Oui, c’est Ramess qui l’a retrouvé allongé sur la moquette au petit matin, les bras encore en train d’essayer de pousser, le tapis trempé de sueur et de bave. »
À nouveau, je déglutis. Pauvre Ramdam… Puis j’enchaine.
« Cela dit, il a eu raison, vu le physique de Sall et des autres, ils ne sont quand même pas bien loin d’un Hulk non ? »
Jeannot fronce les sourcils. Quand il fait ça, il faut s’attendre au pire. Et y compris dans la région de la voute plantaire.
« Ben c’est un géant vert aussi non ? Il est grand géant, et il a un maillot vert. Le géant vert quoi, hum hum hum ! »
Un œil se ferme. Ça sent le citron moisi pour moi…
« Mais oui Jeannot, tu sais, le type qui vend du maïs à la télé… Hum hum hum »
Jeannot ferme le second œil, et se met à grogner. Puis d’un coup d’un seul, paf, il disparait… A la place, retour du petit bonhomme chauve, qui s’assoit, un verre de coca à la main. « Ne vous inquiétez pas m’sieur Flacdo, ça va bien se passer… »

Sur le terrain, ça ne se passe pas aussi bien que prévu. Mon pote Marcel cueille des figues molles, et on prend un but parce qu’il est mal positionné sur le hors-jeu.
Derrière, on attaque, Ramdam prend une gifle, on attaque, Ramdam prend un taquet, on attaque, Ramdam est foutu par terre, on attaque, Ramdam se fait pourrir par l’arbitre… Bref, la seule chose qui avance, c’est le chrono.
Mais c’est là que Mister coach sort sa botte secrète. Il fait entrer Loucas et Valère, qui était donc le numérobis du jour. Le petit Martial restera donc sur le banc pour exercer son art.
En tribune, ça gueule comme quoi il a fait ses changements trop tard ce coach-tout-pourri. J’ai pas bien compris en fait.
Puis, 5 minutes plus tard, tout le monde scandait son nom comme quoi il avait fait les ajustements qui fallait pour gagner le match, que c’était un grand homme avec la statut place de la Mairie. Là encore, j’ai pas compris…
Bah oui, parce qu’entre temps,  le petit Loucas a repris une passe de Ramess au second poteau, et il nous a fait gagner le match. Ensuite, il est allé faire sa pause de Dumbo l’éléphant devant les tribunes. Ya et Loucas qui marquent… Joan avait fait pareil au dernier match. Je suis absent une semaine, et c’est le bordel le plus total dans la hiérarchie des buteurs. Le numérobis, c’est moi, foie de citron !

Pendant ce temps là, les stéphanois étaient vraiment vert pour le coup… J’espère qu’ils retiendront la leçon de ce match. Car même si vous faites du catch à 3 contre Ramdam, pendant ce temps là, les autres, ils marquent et nous on reste premier…

Bonne semaine mes p’tits citrons !

Ciao !

PS : n’oublie pas, tu peux me suivre sur twitter : @MFlacDo

Une réflexion sur “Mangez bio !

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