#MuneguFiction 2013 – Space Monopoly Royal

Nul à l’extérieur, victoire à domicile. C’est le rythme du cheptel depuis le début de saison, rythme qu’évidemment seul le PSG est capable de suivre. Chaque soubresaut de chacune des deux équipes est suivi d’un soubresaut identique de l’autre, dans les deux journées qui suivent, si bien qu’à la trêve hivernale, le cheptel ne devance le PSG qu’à la différence de but, et encore, pour un seul petit but d’écart.

Les Parisiens et les Monégasques sont tellement proches au classement, que leurs deux présidents vont passer les vacances d’hiver ensemble, dans une des suites luxueuses de l’hôtel que possède la fille de Rybolovlev en Suisse.
Là-haut, sur la montagne, dans le confort d’une suite grand luxe, à l’abri des regards indiscrets, et sous la douce chaleur d’un feu de cheminée, s’est joué l’avenir du PSG, de l’ASM, mais aussi l’avenir du Championnat de France, voire même de la France et du monde…
Après une tartiflette et un verre de genépi, Nasser Al-Khelaïfi proposa de passer au salon, pour deviser autour d’un bon cigare. Rybolovlev ne refusa pas, mais suggéra une bonne bouteille de vodka, le petit lait qu’il venait de boire l’avait mis en appétit.
La soirée avança, et le nuage de fumée de cigare remplit progressivement la pièce. La conversation tournée autour des investissements à grande échelle, de la défiscalisation, des Anstalts… Le tout dériva bien évidemment sur le football. Et le ton grimpa rapidement.
« Tu vois Dimitry, moi je vais devoir payer 75 % de son salaire en plus en impôts à cause du gouvernement français. Et toi, rien. Tu trouves ça juste ?
— Nasser, passe une année enfermée dans une prison russe, et après on parlera de ce qui est juste ou pas…
— Mais quand même, on parle de foot là, et d’argent. D’ailleurs, à ce sujet, on en était où de cet été ?
— J’ai acheté Falcao, tu as acheté Cavani.
— Oui, c’est ça.
— On fait quoi alors maintenant ?
— C’est à ton tour de lancer le dé, je crois.
— Da ! »
Nasser Al-Khelaïfi fit claquer ses doigts. Dans les 10 secondes, deux sous-fifres, tout en voile et en rond de serviette, sortirent de nulle part et vinrent déposer une sorte de grosse boite à chaussure Louboutin. Le patron du PSG fit signe à son homologue monégasque, qui appuya sur un petit bouton sur le côté de ladite boite.
Le couvercle se souleva, puis pivota, laissant apparaitre une sorte de jeu de l’oie, dont les cases dorées brillaient sur un fond représentant un ciel étoilé maculé de billets de banque provenant de tous les pays du globe. Un petit plateau se souleva depuis le centre du tableau, sur lequel reposaient deux dés de couleur pourpre, les chiffres étant eux aussi en or.
Rybolovlev les empoigna, et les jetât d’un geste sec.

« Un double ! » s’exclama Nasser, dépité.
Le pion de Rybolovlev, représentant le stade Louis II, se déplaça tout seul, pour se positionner sur une case qui s’éclaira à son arrivée, constellant le plafond de millier de symboles Euros. Puis les symboles se mirent à tournoyer, à se mélanger, et formèrent un joueur de foot au plafond. Son nom apparut ensuite : Hulk.

« J’achète ! s’écria Rybolovlev, le sourire aux lèvres.
— Ca se voit que tu débutes » rigola Nasser

Le plafond vira au rouge, et une alarme retentit…
« Damned ! Je n’ai plus la place pour des hors communautaires dans mon équipe…
— Tu vas devoir passer un tour… À moi ! »

Et la partie continua ainsi. À chaque double, les deux présidents se retrouvèrent en position de faire ou pas des achats. Certains achats étaient annulés par des gages. Au bout d’une heure, Rybolovlev avait acquis la Colombie et le Portugal, alors que Nasser, grâce à deux doubles cinq, avait obtenu l’Italie, le Vatican et Wayne Rooney.
Puis, Nasser fit un double-six, suivi d’un double trois. Rybolovlev vit ses yeux briller. Quand il lança ses dés, il fit un double un. Toutes les lumières de la salle s’éteignirent tout à coup, alors que le président du PSG hurlait de joie.
« Enfin, nous y sommes ! ENFIN !!! »
Le plateau de jeu se mit à tourner de plus en plus vite, aspirant toutes les choses légères qui se trouvaient dans la pièce, puis toutes les choses, légères ou pas. Rybolovlev, incrédule, et Nasser, hilare, furent aspirés dans une sorte de trou noir…
Quand il reprit connaissance, il se retrouvait au milieu d’une sorte de vortex spatial, flottant sur une sorte de plateforme à l’effigie de son pion dans le jeu. D’ailleurs, le jeu en lui-même flottait au milieu du vortex, comme si Rybolovlev avait été réduit à l’état d’insecte au milieu du plateau de jeu.
En face de lui, Nasser flottait sur un Parc des Princes miniature, regardant le vortex avec avidité.

« J’ai fait un double, alors je relance les dés ! »
Deux énormes dés se mirent à tournoyer en l’air. Il obtint un quatre et un deux. Le fond derrière lui se transforma, pour devenir la vue aérienne d’une sorte de planète recouverte d’eau en tempête. Une voix retentit : vous êtes sur Kamino…
« J’achète ! hurla Nasser, la bave aux lèvres. En face de lui, Rybolovlev était dubitatif.
— On joue à quoi désormais là ? Je ne comprends pas trop.
— Lance le dé, et tu comprendras… »
Il fit un trois et un deux… Quand sa plateforme se stabilisa, une pluie d’étoiles filantes descendit du ciel… Les étoiles tombèrent en un seul point, un halo de lumière duquel émergeât une forme verte, dont les contours se définirent peu à peu…
« HULK ! » cria la grosse voix…
« Il est encore hors communautaire celui-là ? s’indigna Rybolovlev
— Il est ce que tu veux mon ami, répondit le président du PSG. Tu ne comprends pas, ici, nous sommes dans une dimension parallèle… Nous pouvons faire ce que nous voulons… À NOUS LE MONDE !!!! »
Sa phrase se terminera dans un ricanement sinistre qui glaça les os du président monégasque, pourtant habitué à en voir passer des pas mures…

Le reste ne sera qu’une lente descente au fin fond du paranormal le plus délirant que connu Rybolovlev… Sauf que tout était vrai…
La partie se termina quand Nasser fit deux doubles-six d’affilée. Le vortex se retira, et ils se retrouvèrent chacun dans leur fauteuil, comme si rien n’était arrivé… Sauf qu’ils venaient de franchir le rubicond, et que l’avenir n’allait plus être pareil…

L’ASM fort d’un contingent de recrue toutes aussi surdimentionnées les unes que les autres remportera les matchs suivant par une moyenne de 12 buts d’écarts. Le PSG fera de même, y compris en ligue des champions. Le choc de la 24e journée restera dans les anales…
Le PSG se présentera à Louis II avec une équipe composée de 11 Zlatan Ibrahimovic, et d’une armée de clone de Robin Leproux en tribunes. En face, Monaco alignait en même temps Hulk (tout vert), Dark Maul (tout rouge) et un duo Maradonna Pelé (tout en noir et blanc) à l’époque où ils avaient des cheveux et pas un pet de graisse… En attaque se trouvait un petit homme tout ébouriffé, flottant sur une sorte de nuage jaune, qui a passé tout son échauffement à jongler avec 7 boules de cristal orange. Tandis que sur le banc, le Capitaine Jack Sparrow éructait des ordres pour lui même, tout en sifflant une bouteille de rhum.
Le match sera une orgie d’actions d’éclat… Tout du moins durant la première demi-heure… Alors que les deux équipes étaient à 23 partout, trois Zlatan se mirent à faire du kung-fu face à un Hulk qui n’en demandé pas tant. Pelé et Maradonna furent muselé par le Zlatan défenseur central, alors que les Zlatan sur les cotés tentaient de déborder un Dark Maul qui les repoussait avec des éclairs de force.
Le pire dans tout cela, c’est que tout le monde trouvait cela normal, et que le public s’extasiait d’un spectacle aussi ébouriffant, même si parfois, des obus perdus venaient détruire certaines parties des tribunes.
Et alors que Hulk, d’un formidable coup de boule, donnait un avantage de deux buts à l’ASM, plus gros écart du match, le Zlatan coach sur le banc, fit rentrer 11 Verrati en renfort sur le terrain. Il y avait désormais 33 acteurs sur la pelouse, et le temps que Jack Sparrow fasse le changement idoine, le PSG était revenu dans la partie.
Il restait une poignée de secondes à jouer, et le score était de 59 partout. C’est à ce moment-là que le petit bonhomme sur son nuage jaune se réveillât. Il intercepta la gonfle après une passe de Verrati pour Verrati, et poussant un cri qui déchira le ciel du Louis II, déclencha une frappe d’anthologie. Un Kaméhaméha qui éventra la pelouse du Louis II, laissant une tranchée de 23 mètres de profondeur qui s’étirait jusqu’au port de fontvieille. Mais il venait de marquer le 60e but de l’ASM. But qui scellait la victoire du club monégasque, qui prenait ainsi 3 points d’avance au championnat.
La suite ne sera qu’une ultra domination de ces deux équipes. Quand elles ne gagnaient pas par forfait, elles collaient des trempes à tout le monde. Le PSG sera champion d’Europe, avec Zlatan meilleur buteur, Zlatan meilleur passeur, Zlatan meilleur gardien. Quant au club de la principauté, il sera champion avec le record de points de l’histoire de la L1, trois petits points devant le PSG.

Malheureusement, le 1er juin 2014, alors que Cristiano Ronaldo déclara qu’il signait au FC Vatican, le monde fut aspiré dans un trou noir, et plus personne ne sut vraiment ce qu’il advint ensuite…

Pendant ce temps là, au fond de la taverne, Ortho s’indignait : « je le savais ! Si on avait recruté Lucky Luke, je suis sûr qu’on aurait gagné plus facilement contre le PSG… Plus vite que son ombre il tire, c’est pourtant facile de ne pas se tromper ! »