Une histoire de têtes… à claques

Dans le football d’aujourd’hui, les joueurs de devoir qui vouent un véritable attachement à leur club (formateur ou non) se font de plus en plus rares. A l’inverse, se multiplient les piètres professionnels qui souillent le maillot qu’ils portent et montrent un état d’esprit bien peu reluisant. Si l’AS Monaco a vu passer dans ses rangs un Lucas Bernard, elle a ainsi également accueilli (plus ou moins longtemps) de vraies têtes à claques, de pioches, de lard, de… ce qui vous passe par la tête. On n’a pas eu à se creuser la tête pour en trouver 10.

10. Frédéric Piquionne

8ih5xh16A l’époque de sa splendeur, il arborait une noble crinière sur la tête, et un maillot vert. Du coup, Jean-Michel Aulas s’est mis en tête de l’acheter, car il pensait que pour garder la tête, il lui fallait tout ce qui marchait bien chez les autres. Sauf que les Verts n’ont pas été trop d’accord pour le lâcher au vil voisin. Mais comme Piquionne est une tête de cochon, il s’est pris la tête avec les supporters, puis avec les dirigeants, histoire de faciliter son bon de sortie. A l’époque, il était question d’otage, de prisonnier, lui-même, la tête haute, déclarant qu’il n’était pas un esclave.

La direction monégasque s’est jetée la tête la première sur l’occasion. Il a débarqué en Principauté afin de jouer aux twin-tower avec Jan Koller, histoire de choper avec la tête les missiles sol-air qui servaient de base au fond de jeu du cheptel. Malheureusement, les Monégasques ont vite compris qu’il avait la grosse tête, et deux saisons fort moyennes plus tard, il a été renvoyé à Lyon, où il s’est bien vite transformé en tête de turc…

9. Jérôme Rothen

J_r_me_ROTHEN_Panini_Monaco_PSGIl devait signer à Nantes, c’était fait, il était quasiment dans le train. Mais Jean-Louis Campora, qui était encore une forte tête à l’époque, a intercepté le joyau et lui a collé la tête sur un contrat avec l’en-tête de l’AS Monaco. Malheureusement, les débuts du gaucher à mèches ont été assez moyens. Sorti de sa campagne troyenne, il a bien vite mis les pieds au casino, si bien qu’il n’avait pas toute sa tête au moment d’entrer sur le terrain. Cela a duré un an et les supporters se sont souvent demandé où le Cardinal avait bien pu avoir la tête le jour où il a coupé l’herbe sous le pied des Nantais.

Puis Rothen s’est mis à jouer, il a compris comment faire marquer Nonda, il s’est découvert une complicité rare avec son latéral gauche. Tellement rare que la rumeur veut qu’ils ont tout partagé, jusqu’au fond du plumard… Passeur, gagneur, il a surtout commencé à voir sa tête gonfler. Ligue des champions, équipe de France, l’été 2004 a été celui de trop pour cette forte tête. Quand le PSG s’est manifesté pour l’acquérir, il a foncé tête baissée. Quand le transfert s’est mis à traîner, il s’est pris la tête avec le président Svara, avec des mots doux et des noms d’oiseaux par téléphone interposé. Puis une fois au PSG, il a mis la tête sous l’eau et on ne l’a plus vraiment revu…

8. Mohamed Kallon

mohamed-kallon3Kallon est arrivé juste après l’épopée de 2004, à l’époque où l’ASM claquait plusieurs millions par tête de pipe en fin de mercato, alors qu’auparavant avaient été vendus les meilleurs éléments pour remplir des caisses vides. Le Sierra-Léonais a lui été acheté près de cinq millions d’euros, alors qu’il n’était pas vraiment au top après des histoires de prise de cocaïne. Il s’était jeté la tête la première dans la poudreuse mais avait été pris par la patrouille. Une fois à Monaco, il a été tranquille à ce niveau.

Tranquille, c’était son comportement quand il était sur le banc de touche, avec une bonne tête de vainqueur et un téléphone dans la main pour envoyer des textos… Pour qu’il ne tire pas une tête d’enterrement, il fallait le voir sur le terrain et être décisif, ce qu’il n’a pas trop mal fait au début d’ailleurs. Mais après, sa carrière a connu plusieurs tête-à-queue. Il a fini entre les Emirats Arabes Unis, la Chine et… son propre club. Après l’avoir racheté en 2002, il l’avait renommé… FC Kallon. Si avec ça il n’a pas la grosse tête…

7. Emmanuel Adebayor

25026714_1_Gros potentiel, mais forte tête. Voilà ce que l’on nous promettait à l’heure où la cigogne messine a paraphé son contrat en faveur du cheptel. Et les têtes pensantes qui nous ont affirmé cela avaient vu juste. A peine arrivé, et le voilà reparti. En voiture, et de nuit, jusqu’à Metz. On ne savait pas trop ce qu’il avait en tête ce soir-là, mais ce qui est sûr, c’est que c’est la tête dans l’airbag que nous l’avons retrouvé, après un accident des moins glorieux pour cette tête (déjà) de linotte.

Vu sa taille, tout le monde espérait qu’il soit fort de la tête. Mais en fait non, pas vraiment. Pas de timing et son physique de brindille qui ne plaidait pas vraiment en sa faveur. Par contre, la tête qu’il a pris, c’est bien celle des dirigeants, avec des demandes de revalorisations salariales plus fréquentes que le nombre de fois où il s’est lavé la tête. Il a dû essayer de se faire augmenter au moins (moins) huit mille fois (on a calculé de tête), pour au final finir par partir à Arsenal.

6. Eric Cubilier

cubiDepuis l’arrivée de Dmitry Rybolovlev à l’AS Monaco, il n’est pas rare de voir fleurir des plaisanteries sur d’éventuelles menaces discrètes par des grands malabars avec de gros muscles, un tête menaçante et un léger accent. Mais en Principauté, certains n’ont pas toujours pris des gants en ayant peur de cela, étalant en public leurs états d’âme sans la moindre retenue. C’est le cas d’Eric Cubilier. Le défenseur formé à Nice était encore sous contrat avec l’ASM lorsqu’il a adressé un message clair à ses propres dirigeants, bille en tête : « Je vais descendre et tous leur casser les dents ! ».

Cubilier en avait par-dessus la tête que l’ASM demande plus d’un million d’euros à Lens pour lever l’option d’achat de son prêt et ne réponde pas à ses appels. Pourtant, il est revenu à Monaco pour cette saison 2005/2006 et a même joué une dizaine de matchs. Les décideurs monégasques lui ont laissé passer cela. Fabrice Poullain, son ancien agent, était sa cible explicite. Passé de directeur sportif à directeur général durant l’intersaison, il a conservé dans son effectif un joueur prévenant que « ça ne va pas très bien se passer ». Il n’a visiblement pas eu peur de recroiser un effronté dans les couloirs du Louis II et qu’il lui fasse la tête au carré.

5. Nene

MONACO_NENE_230809C’était sportivement la tête d’affiche de l’équipe qui manquait à l’époque d’individualités de grande qualité. Il n’en restait pas moins une bonne tête de lard avec son caractère. Sur le terrain, Nenê c’était une patte gauche capable d’envoyer des missiles à tête chercheuse, mais aussi des gestes d’humeur à l’encontre de ses coéquipiers qui ne le servaient pas. Un sacré dribbleur aussi, dont les passes n’étaient pas automatiques et un peu à la tête du client (même si, vu certains coéquipiers, on pourrait ne pas le lui reprocher).

Si sur la durée totale de son contrat avec l’ASM, le Brésilien est parti une saison en exil, c’est aussi pour une raison peu reluisante. Le coquin y est allé de son petit tête à tête avec la fille de son coach, Ricardo. Celui-ci a visiblement tiré une drôle de tête en l’apprenant et il ne pouvait en rester qu’un. Un joueur, c’est plus facile à prêter qu’un coach, mais des fois on aurait aimé que ça ne soit pas le chemin le plus facile qui soit emprunté par les dirigeants… Par la suite, Nenê a pu faire profiter le club de son talent, mais pas forcément jusqu’au bout. A l’approche de la fin de son contrat, il s’est engagé pour la saison suivante avec le PSG et avait déjà la tête ailleurs. La situation en est arrivée à son paroxysme lors de la finale de Coupe de France contre Paris, perdue avec un Nenê qui n’est pas parti la tête haute.

4. Marco Simone

11618Tantôt tête de gondole, puis tête de lard, avant de devenir une tête à claques, puis de revenir en tant que grosse tête. L’éphèbe italien à la capillarité foudroyante a soufflé le chaud et le froid en Principauté.
Sous Claude Puel, il était la tête de proue, le meilleur joueur, excellent buteur et passeur, champion de France d’une fort belle manière. Puis vint Didier Deschamps, et les difficultés qui allaient avec. Dans un tête à tête avec l’ex-capitaine de la France qui gagne, il a fait la forte tête, s’est cru dans son bon droit en tenant tête à son entraîneur, avant de se prendre la tête avec le reste de ses coéquipiers et de se taper la tête contre la porte.

A cette époque, une légende du casino racontait que, tête de mule jusqu’au bout, quand il était remplacé en cours de partie, il quittait le stade avant la fin du match. Revenu en tant qu’entraîneur, il n’a pas démérité, même si son salut est passé par l’arrivée de Dmitry Rybolovlev. Remplacé par Claudio Ranieri, depuis, il ne montre plus que tête à la télé…

3. Mahamadou Diarra

MONACO_DIARRA_030211Il est arrivé pour sauver la maison rouge et blanche, bien mal en point et la tête non loin de la potence. En quelque sorte, c’est plutôt lui qui s’est sauvé des terrains. En cinq-six mois, il n’a disputé que neuf matchs. La raison, il était soit-disant blessé. Tellement souvent qu’il est difficile d’avoir en tête le nombre de symptômes dont il a souffert. Mais le Malien a eu de l’imagination en tout cas, il a été blessé de la tête au pied, vous vous souvenez peut-être de notre D. Maboul dans le numéro 4 de Cunta Balle.

Tantôt un mal de tête, tantôt la tête qui tourne, tantôt une jambe, puis l’autre, puis la première à un autre endroit. Enfin toutes ses blessures, ça donne mal à la tête. Et au final, on peut se dire qu’il s’est bien foutu de notre tête le Diarra. Difficile de garder la tête froide lorsqu’on parlait de lui en se voyant en Ligue 2 quelques mois plus tard.

2. Alejandro Alonso

SPOPQRXXQ416_SH_ALONSO.jpgS’il y a un capitaine qui pourrait symboliser le Monaco qui joue mal, et qui perd ses matchs, c’est bien lui. Avec sa tête des mauvais jours, et son air chafouin, l’Argentin a glané ses galons de capitaine en jouant sur sa seule vraie qualité : l’esbroufe. A tête reposée et en analysant bien son comportement sur le terrain, personne ne saurait nous tenir tête en nous prétendant le contraire. Car derrière la façade et les premières impressions positives qu’il pouvait laisser auprès de certains, on a tous remarqué qu’il faisait semblant de défendre, qu’il faisait semblant d’aller au pressing, qu’il faisait semblant de faire des passes. Et donc au final, il a fait semblant de jouer au foot pendant toutes ces saisons.

Je vous vois hocher la tête, mais ne nous y trompons pas. Il a retourné la tête de plus d’un supporter, mais même Guy Lacombe s’est au final rendu compte de la supercherie. Sentant le vent tourner, il a fait la mauvaise tête, se plaignant sans fin dans la presse, argumentant que c’était la faute de Marc Keller qui ne voulait pas qu’il joue, exposant au grand jour la vie du groupe alors que le club n’avait plus que la tête hors de l’eau.

1. Dieumerci Mbokani

soccer-dieumerci-mbokani-joins-monacoAvec celui-là, Monaco l’a bien cherché. C’était à une époque où les dirigeants ne connaissaient pas encore la notion de mentalité pour cibler un recrutement. Il était de notoriété publique, comme on dit, que le Con(golais) était de ses joueurs qu’on dit « difficile à gérer », une forte tête. Arrivé avec des matchs de suspension à purger, il n’a pu faire ses débuts qu’à la toute fin du mois d’août. En attendant ? Il a profité pleinement des plaisirs de la Principauté. Et pas seulement piquer une tête au Larvotto… Avant même qu’il ne porte le maillot à la diagonale, ça ne sentait pas bon. Et ses prestations sur le terrain, avec un but et une passe en 10 matchs, n’ont pas donné envie à l’ASM de conserver bien longtemps un joueur sans grand envie et qui s’était même fait exclure de sa sélection nationale.

Le montant déboursé pour le faire venir (7M€, les yeux de la tête à l’époque !) a longtemps été un problème pour limiter la perte financière en l’envoyant loin du Rocher. Mais après un prêt de six mois dès la première saison, il est parti définitivement. Une libération pour beaucoup. Lui a tout de même réussi à dire par la suite qu’à l’ASM « il y avait un racisme anti-blacks », avec une explication sans queue ni tête. En somme, il a été la victime. On marche sur la tête !

Prix spécial. Yohan Mollo

img-l-as-monaco-decuve-1317396077_620_400_crop_articles-145291On finit en beauté, avec la tête de gondole de ce top, celui qui est la tête de Turc de nombreux supporters asémistes, et il a tout fait pour. Mollo, c’est la tête de noeud par exemple, celui dont on se dit qu’il a les têtes de lecture endomagées. Prêté à Caen mais toujours sous contrat avec l’ASM, il a quand même réussi à dire, lors de sa visite au stade Louis II, « j’emmerde tout le monde ». Il avait peut-être une idée derrière la tête, mais c’était pas très inspiré. Il y avait de quoi être révolté pour tout supporter monégasque, avec l’envie de lui mettre du plomb dans la tête à ce petit merdeux. Mais on ne peut pas lui enlever une chose, il a toujours gardé la tête sur les épaules. Non, on déconne.

A peine avait-il débuté en pro qu’il voulait une juteuse prolongation et faisait la tête tant qu’il ne l’avait pas, passant même sur les plateaux télé pour évoquer sa pauvre situation. Et puis vu qu’il n’en a fait qu’à sa tête, il a quand même réussi à partir la tête haute, ou pas. Un coup de Trafalgar dont il en a le secret encore. « Monaco c’est mon club de coeur », « je veux rester », blablabla. Puis à la toute fin du mercato, un casier vidé ni une ni deux, et un départ bille en tête à Grenade pour le Cristiano de Monaco. Il nous a pris pour des jambons, cette tête de cochon.

Quoi de plus belle image pour clôturer cet article que sa tête de déterré dans les vestiaires samedi dernier. Son club à lui, son employeur, venait de gagner une victoire de prestige, et lui, dans les vestiaires, au lieu de faire la fête, a fait la tête. Parce qu’il n’était pas titulaire, parce qu’il n’est même pas rentré… Personne ne sait vraiment ce qui se passe dans ce crâne souvent sujet à des tempêtes, mais pour sûr, à part du vent il n’y pas grand monde qui se bouscule là-dedans…