Un petit suisside !

Salut, c’est Manu. Manu Flacdo, le numérobis devenu numéro un en l’absence du numéro un, et désormais numéro quatre sur l’échelle du Mister.

Je vais vous le dire de suite : je suis mal les gars. Mal, mais mal, mais mal… Un peu comme un citron oublié au fond de la corbeille, entassé sous des fruits comme le litchi ou la canneberge. J’en claque plus un. Non, pas un seul !
Depuis la fin du mercato, et l’arrivée de Bebert, je marque plus. Même pas une petite du museau ou du gros orteil. Rien !

A nice, je pouvais sauver la patrie et envoyer tout le monde à la douche plus tôt, mais non, que dalle. C’est même lui, d’un but à la noix, à défaut d’être à la moi, qui nous qualifie pour les quarts de finale. Écœurant.

Cela dit, le mister croit toujours en moi, alors que ma côte ne croît plus trop. Il me colle titulaire à Bastia, malheureusement, je n’ai pas vraiment pu jouer, car je n’avais pas le droit d’aller sur la pelouse.

Bon, je déconne, j’ai quand même joué. J’ai même failli ouvrir le score, et marquer ce fameux 10e but après lequel je cours depuis tant de temps…

Bref, je n’ai pas marqué. Mais James l’a fait. Sur un coup franc que j’ai provoqué en plus. Non, mais, tu croyais quoi toi, que j’étais sur le terrain pour cueillir des paquerettes ? Et ben pas seulement figure toi !

On repart de Corse avec les trois points. Et moi dans l’avion, j’ai un peu la gueule de bois. Un qui a la patate, c’est Jeremy Toulalan. Il a tellement la pêche, qu’il ne rentre pas en avion avec nous, mais à la nage.

Dès le lendemain, le mister coach nous parle de notre prochain adversaire, le Stade de Reims. Il nous vend un match compliqué, une rencontre difficile contre une adversaire jouant un beau football.
Il oublie quand même une chose, c’est qu’on les a rencontrés deux fois les Reimsois, et les deux fois, leurs défenseurs étaient à peine plus techniques que moi. C’est dire comment que ça joue bien là-haut !

Encore une fois, comme la doublette marche, à défaut de marquer, nous voilà titulaires avec El Tigrou. Martial nous montre tout son art depuis le banc, et Bebert fait la tronche sur le banc. Ah, on me dit qu’en fait, il ne fait pas la gueule, il est juste comme ça. Hum, ça ne me donne pas vraiment envie de le voir chafouin celui-là…

Ce match, on va le gagner. Encore. Difficilement. Encore. Enfin, même pire que les fois d’avant, car il a fallu un but de Toulalan et un autre de Layin en fin de match pour prendre les trois points. C’est dire si on en a chié sur le terrain.
D’ailleurs, comme Layin marque plus de buts depuis janvier que moi, je lui ai proposé que l’on échange nos places sur le terrain. Apparemment, jouer du côté de Suba le long de la ligne de gauche, ça permet de planter des buts.

Toujours pas de but. C’est la spirale infernale.
Alors pour me changer les idées, on est allé à Menton pour la fête des citrons.

Je n’ai vu que des vieux, des dentiers, des italiens, et personne capable de me dire comment marquer mon dixième but… Bref, dépriment, comme tout le reste.

Mais ce n’est pas le pire ! Alors que se profilait le retour aux sources, le match contre le club de mes débuts, lieu où je sais que je vais marquer, car j’ai déjà marqué tant et tant et tant (bon, pas tant que ça en fait) de buts, et ben ce match là contre St Étienne, le mister a décidé que j’allais être remplaçant…
Mon dieu, une corde, et vite !

Bon, on a perdu. Et je ne suis même pas rentré. J’ai voulu rentrer en courant à côté de Jeremy Toulalan, mais le mister coach m’a dit que ça allait me tuer.
Il n’a pas compris que c’était exactement ce que je voulais.

Pour me changer les idées, je me suis regardé le match de l’équipe de France. Celle que je devais intégrer en aout dernier, mais que personne n’a vraiment pensé à moi.
Donc je me suis regardé ça, histoire de me remonter le moral. Voir la presse se déchainer sur l’inefficacité de Benzema, ça ne pourra que me faire du bien à l’égo. Au final, j’aurai dû construire une montagne de citron en Lego. Car en plus d’un but de Benzema, j’ai vu un milieu défensif marquer un truc que même pas en rêve je les tente. Trop peur de me faire mal aux cheveux en retombant.

Le weekend d’après, on reçoit l’avant-dernier. Là encore je me dis que c’est la rencontre idéale pour me relancer dans la course au dixième but. Et là encore, je suis relégué sur le banc. Tristesse.

Je suis proche du suicide par insulte à Hervé Renard quand au bout de cinq minutes Bebert marque un but tout fait, comme je n’en ai jamais eu cette saison d’ailleurs.

Je tente de me rassurer en me disant qu’il a eu du bol. Mais en fait, non. Il ne court pas partout, mais il court juste. Il n’impressionne pas par sa coiffure minimaliste, mais par son placement et son jeu tout en toucher et en contrôle. Tient, sur l’action où il provoque le pénalty, moi au lieu de me retourner comme il l’a fait, j’aurai tenté de contrôler la balle avant de tenter un tir en pivot. Sauf que la balle serait parti à trois mètres, et au mieux, j’aurai provoqué un coup franc. Au pire, tout le monde se serait foutu de ma tronche.

Durant tout le match, j’ai essayé de retrouver mes repères. Car si Bebert passe numéro un, il faut absolument que je conserve la place qui m’est due, celle de numérobis.
Malheureusement, être sur le banc, c’est aussi subir quelques désagréments en provenance du banc adverse.

Mais être sur le banc, c’est aussi être le premier spectateur de la victoire des copains. Une victoire difficile, mais une victoire qui nous rapproche un peu plus de la ligue des champions, et moi-même un peu plus de la Première Ligue anglaise. Quant à Raggi, c’est plutôt du côté des Industries Marc Dorcel qu’il s’est encore rapproché ce soir.

Bref, mon dixième but, ce n’est toujours pas pour cette fois-ci. On est en mars, et ça commence à faire plusieurs mois que je l’attends ce dixième pion. D’un côté, plusieurs mois sans marquer, et personne ne remarquent rien. Falcao, un match sans marquer et la presse avait déjà fait les gros titres sur son inefficacité chronique.
C’est aussi pour ça que c’est lui le numéro 1, et moi le numéro bis.

Mais chez les mousquetaires, ils sont sympa, ils m’ont dit que mon efficacité allait revenir, et qu’elle n’était juste que partie en voyage.

Perso, j’y crois pas trop, mais bon, on verra.

Au pire, je passerai faire un petit tour chez le psy en fin de mois…

A plus mes petits citrons !