[Montpellier-Monaco] Les trucs de la rencontre

Et de trois victoires ! Et dire qu’au lendemain du match contre Lyon, la presse se gargarisait de cette « crise » qui couvait au sein du club du Rocher, avec en tête de file le vil Denis Balbir qui a eu droit à sa petite visite dans notre clinique Psy pour la peine. Trois rencontres et 10 jours plus tard, voilà le cheptel invaincu, aux cages inviolées, et pour lequel le seul vrai reproche serait « et pourquoi diantre n’ont-ils pas marqué plus ? ».
Cette victoire à Montpellier, si elle accoucha dans la douleur d’un but au bout du bout du temps additionnel, n’en reste pas moins fort logique tant le système Jardim a encore mis au pas notre adversaire, avec une possession de balle et un nombre d’occasions nettement en l’avantage du cheptel. Alors oui, il a manqué de fraicheur et de spontanéité pour venir à bout de la meilleure défense de l’hexagone plus tôt dans le match, mais comment en vouloir à 11 gars qui enchainent les rencontres tous les trois jours avec un turn-over très limité. Volonté de garder intact le tout frais équilibre, ou faible nombre de solutions de rechange ? Les raisons de l’immobilisme de Jardim sont nombreuses, mais il faudrait tout de même faire attention à ne pas trop tirer sur la corde de certains joueurs…

Les hommes du match :

Fabinho : On a longtemps pensé que le maillon faible hier soir était Kondogbia, très en dessous de ses comparses du milieu. Mais la précision de certaines de ses ouvertures et son impact physique au plus fort de la domination Montpeliéraine nous a rappelé pourquoi il était sur le terrain. C’est donc vers Fabinho que nos interrogations se sont tournées. Le brésilien est clairement titulaire par défaut, Dirar a déjà suffisamment pris le bouillon à Lyon pour sortir de la liste des prétendants crédibles à ce poste. Et pourtant, on ne peut pas dire que Fabinho soit indiscutable. Frileux offensivement, ses rares montées se concluent souvent par des imprécisions techniques ou des centres dans le vent, il est aussi très emprunté défensivement, souvent à la rue dès que l’adversaire est un poil plus rapide, il a aussi tendance à se jeter et à commettre des fautes évitables. Le futur Maicon du début d’année dernière serait-il en train de doucement se transformer en un ersatz d’Igor Lolo made in Rio ?

Valère Germain : impossible de ne pas citer le héros du soir, buteur providentiel de la fin des arrêts de jeu, sur un service de son compère du centre de formation Layvin Kurzawa. Sauveur discret, il aurait pu, comme n’importe quel « jeune » de maintenant, ceux qui veulent se farcir la crémière avant même d’avoir compris que c’est elle qui vendait le beurre, fustiger son entraineur de ne pas le faire jouer plus souvent. Au contraire, il a embrassé l’écusson de son maillot (geste symbolique à la portée pourtant limitée, vu que n’importe quel mercenaire est capable de le faire sans vraiment comprendre le sens de la chose), mais surtout, on l’a vu discuter bras dessus, bras dessous avec son coach. Signe fort, qui montre que Valère est aussi attaché au club qu’il est utile.

Layvin Kurzawa : impossible de passer à côté le meilleur Monégasque du jour. Encore. Comme tous les soirs. Bref, Layvin devait passer un cap cette saison, il l’a fait, et avec brio. Infranchissable sur son côté (toutes les occasions chaudes adverses sont venues du côté opposé), il a apporté un vrai plus offensivement à chacune de ses montées, faisant souvent la différence par ses dribbles chaloupés et ses centres distillés. Moutinho a d’ailleurs failli ouvrir le score de la tête sur une de ses offrandes. Et c’est fort logiquement qu’il est à la manœuvre sur le but de son compère Germain.
Au final, le plus dur, ça sera probablement de le retenir en fin de saison…

En direct des vestiaires : 

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Le geste technique :

Le bombardement stérile de la surface adverse, par le Cheptel sauce Jardim : le technicien portugais avait annoncé la couleur, dès le début de saison : son équipe devait jouer sur les cotés, et ça allait centrer à gogo. Et c’est le cas, avec une grosse vingtaine de centres par rencontre. Si Berbatov (2 fois), Falcao ou encore Germain ont marqué sur des centres, en retrait ou au second poteau, il n’en reste pas moins que la stérilité relative de l’attaque monégasque découle du fait que pas grand monde n’est à la réception de ce bombardement continu de la surface adverse. Dimitar, souvent à l’origine des décalages, est la plupart du temps bien trop loin pour être au départ, et à la conclusion des actions, il ne reste que l’ailier opposé (Bernardo Silva bien souvent) ou le milieu en soutien (Moutinho) pour venir placer leur tête devant les golgoths adverses. Pas évident quand on mesure 1m60… Chose étonnante (ou pas), c’est à partir du moment où on a joué avec un second attaquant, et donc plus de monde dans la surface, que l’on a marqué, un énième centre trouvant cette fois-ci preneur…

Les réflexions du soir :

  • Tacle par-derrière sur Fabinho, il n’y a pas faute et en plus Montpellier récupère la remise en jeu. 5 minutes après, Fabinho pousse dans le dos son adversaire, il y a faute + le carton jaune… OK, donc les 50 millions en formation d’arbitres n’ont servi à rien…
  • El Tigre est parti palper ses manchuno-dollars en Perfide Albion, mais El Tigrou est resté, et se pose comme un cheveu sur la langue des défenses adverses…
  • 3 minutes de jeu, 2 ballons touchés, 1 but… Quelqu’un pour encore se plaindre du timming des changements de Jardim, ou bien ?
  • Et si en fait, la vraie recrue utile du mercato ça n’était pas cette grande gigue de Traoré, seul qui semble physiquement capable de faire quelque chose du million de centres que l’on a balancé depuis le début de saison ?
  • C’est donc officiel, Sainte Dévote a décidé que nous marquerions un but par match, quoi qu’il arrive !
  • Et Kurzawa qui marche sur l’eau et sur ses adversaires. C’est quand la prochaine liste de l’équipe de France ?