Qu’es-tu devenu : Juan Pablo Pino

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Alors que l’AS Monaco faisait la nique à Jean-Michel Aulas en lui piquant l’esclave Piquionne sur lequel il lorgnait depuis un certain moment, dans l’ombre, les cacochymes du recrutement monégasque vont nous dégoter un illustre inconnu sorti tout droit du fin fond de la Colombie, de celle dont on fait les feuilles à rouler dans les cigarettes en forme de chapeau d’anniversaire. C’est ainsi qu’a débarqué Juan Pablo Pino

Son premier fait d’armes, au Parc des Princes, laissera planer de nombreux espoirs quant à ses qualités techniques. Rapide, doté d’un dribble aussi déroutant que chaloupé, une foi en ses capacités à en casser des briques avec son front, et d’une frappe assez lourde, il va surtout obtenir une confiance inébranlable de la part de son mentor, l’illustre ersatz d’entraineur, le légendaire Ricardo. Ce dernier va le mettre sur le terrain dès que possible, malgré des performances oscillant entre le transparent et le pathétique.
Hauteur de quelques buts, souvent des frappes de mule de fort loin, il était très régulier dans son quota de ballon perdu, proche de deux sur trois. Il a réalisé son meilleur match monégasque contre Bordeaux (une passe décisive, un but, et une défaite 3-4 de triste mémoire). Mais quand on parle de Juan Pablo Pino, le JPP à la feuille, on a une image qui revient en tête, ce but à la 94e contre Sochaux, arrachant une prolongation inespérée qui mènera le cheptel jusqu’en finale de coupe de France.
Grâce à ce but, simple et unique fait d’armes notable en plus de soixante rencontres avec le cheptel étalé sur 3 saisons pleines en 4 ans, sa légende va grimper au firmament dans nombre de référentiels monégasques, notamment chez les plus jeunes adeptes des jeux vidéos, qui ont vu en ce dribbleur au QI football proche de celui d’un bubon, une idole comme on en trouve sur PES ou FIFA.
Les autres supporters monégasques se souviendront de son sourire enjôleur, de sa coupe de cheveux inamovible, de son passage du coté de la maréchaussée monégasque, de son hygiène de vie douteuse, et le mettent bien volontiers au sommet de cette longue liste de souvenirs dispensables, aux côtés de Yohan Mollo, Dieumerci Mbokani, Cyril Domoraud et autres Fabio Santos.

Juan Pablo Pino est ensuite parti par la petite porte, comme tant d’autres, bazardé à Galatasaray où sa carrière ne décoléra pas plus. On le retrouvera en Arabie Saoudite, où il visitera là encore la maréchaussée, pour avoir exhibé son tatouage du Christ au milieu d’une foule d’enrubanné à rond de serviette. Il poursuivra son chemin de croix en Grèce, à l’Olympiakos, puis rentrera au pays pour une pige dans son club formateur.
Mais désormais, le caïd de Medellín joue à nouveau en Ligue 1, au SC Bastia. Enfin joue, là encore, très rare sont les témoins oculaires de l’avoir vu tripoter un ballon sur l’ile de beauté. Symbole de ce recrutement à la Monégasque de l’époque, d’un pari jeune pas forcément très travaillé, d’un gars pétri de talent, mais sans aucune base professionnelle, à l’éthique de travail bizarre, et au QI football hyper limité qui va avoir raison de la grande carrière qu’on lui a fait miroiter pour le faire signer au pied du Rocher.