[Bastia-Monaco] Les trucs de la rencontre

2 buts la semaine dernière, puis 3 cette semaine. Le jeu offensif monégasque deviendrait-il pantagruélique ? Certes, nous avons affronté tour à tour deux des plus faibles équipes du championnat, et gageons qu’au moins une des deux sera dans la charrette Ligue 2 en fin de saison. Mais n’empêche, une victoire 3-1 à l’extérieur, ça ne nous arrive pas si souvent que ça, avec en plus une avalanche d’occasions, des prises de risques, et une maitrise relativement globale des évènements pendant 90 minutes. Un match abouti, enfin, voilà qui fait plaisir à voir, même si l’adversaire était loin du niveau des plus grands d’Europe.

Les hommes du match :

Tiémoué Bakayoko – Geoffrey Kondogbia : En l’absence du maitre Jedi Jeremy Toulalan et de la « star » Joao Moutinho, nous étions assez tendus à l’idée de savoir ce que pouvait donner ce duo de jeunes colosses dans un match où il faudra autant de dureté physique que d’expérience pour s’en sortir. Et ils s’en sont sorti ! Dans un milieu qui a moins souvent vu le ballon qu’à l’accoutumée, ils ont répondu au défi physique adverse sans sourciller, apportant parfois leur puissance lors des phases offensives. Le but de Kondogbia vient justement récompenser la prestation de ce duo des plus prometteurs.

Yannick Ferreira Carrasco : L’homme du match, c’est lui. D’un point de vue statistique d’abord, avec deux passes décisives et un but, difficile de faire mieux. Mais sur le plan du jeu, ce fut l’homme le plus dangereux sur le terrain coté monégasque. Tout en percussion et en vitesse, il a pris le dos de la défense adverse à chaque fois qu’il le pouvait, concluant ses actions par nombre de tirs. Bon, tout ne fut pas si parfait, parce qu’il y a eu pas mal de morts en tribunes, ses boulets partant un peu n’importe où, mais qu’importe, on se souvient tous que James Rodriguez était le joueur monégasque qui tirait le plus l’an dernier (et qui cadrait le moins). Et c’est tout le mal que l’on souhaite à notre poulet belge, d’avoir autant d’importance que le désormais génial meneur du Real.

Joao Moutinho : Le grand perdant du soir, c’est lui. Les pros et les antis Moutinho attendaient tous avec impatience le jour où il ne serait plus sur le terrain, afin de pouvoir pointer du doigt ce qui ne marche pas, et ce qui marche, quand il n’est pas là. Et nous avons vu. Outre le fait que quand Moutinho ne tire pas les CPA, ils sont nettement plus dangereux, force est de constater que le jeu monégasque porte nettement plus vers l’avant quand le meneur portugais est au chaud chez lui. Si le tombeur lusitanien est souvent le premier au pressing, s’il permet une bien plus juste conservation du ballon, il n’en reste pas moins qu’il oriente le jeu de façon très « latérale » et donc assez inoffensif. À Bastia, les monégasques sans leur stratège portugais se sont quasi-systématiquement projetés vers l’avant. Alors oui, ils ont perdu bien plus vite le ballon, et sans Moutinho, le jeu du cheptel est nettement plus risqué. Mais d’un autre côté, les occasions se sont amoncelées, et les buts aussi. À vouloir vaincre sans prendre de risque, on prend le risque de ne pas gagner du tout…

La boulette du match : 

Capture d’écran 2014-10-25 à 20.49.53

Le débat de la semaine :

Ces dernières semaines, nous nous sommes beaucoup interrogés sur l’apport de certains joueurs, et sur le positionnement tactique idoine que cherche encore Léonardo Jardim, après que ce dernier ait trouvé sa défense.
Toulalan préfère un milieu à 3, qui offre un meilleur contrôle du milieu du terrain, mais malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé le joueur idoine pour jouer seul en pointe.
Ce weekend à Bastia, le 442 carré a par contre donné beaucoup de gages de satisfactions. Beaucoup de buts et d’occasions, assez peu de situations dangereuses pour l’adversaire, malgré une possession de balle plus maigre, du jeu et des prises de risque.
Venez en débattre sur notre page Facebook.

L’image du jour :

IMG_1092_2

Le geste technique :

Le flirt avec le poteau, par Anthony Martial : Il nous avait déjà montré des prédispositions contre Evian, puis avait confirmé au plus haut niveau en refaisant cela en Ligue des champions contre Benfica. En guise de dix de der, il a réussi la passe de trois contre Bastia, avec un nouveau déboulé balle au pied, et une frappe au millimètre à l’extérieur du poteau adverse. Voir le ballon fuser à cette vitesse pour ensuite faire l’amour au poteau, c’est un art dans lequel Martial est passé maitre désormais.

Les réflexions du soir :

  • YFC pour Germain qui ouvre le score pour l’AS Monaco au bout de 4 minutes… Et là, tu la sens la puissance de l’Academy Munegu ?
  • Echiéjilé qui se fait enrhumer sur son coté, centre et égalisation Bastiaise… Et là, tu la sens l’importance de Kurzawa sur son coté ?
  • Fin de la mi-temps, la maitrise du jeu est Bastiaise, clairement, avec une possession de balle largement en leur faveur… Et là, tu la sens la qualité technique d’un Moutinho pour garder le ballon ?
  • Coup-franc de YFC déposé sur la tête de Kondogbia, et second but monégasque… Et là, tu le vois l’utilité d’avoir un bon frappeur de CPA ?
  • Des occasions, des buts, des CPA bien tirés et du jeu toujours vers l’avant… Et là, tu la sens vraiment utilité de Moutinho ?
  • Monaco 8e à 3 points du podium… Et là, tu la sens la monté en puissance des hommes de Jardim ?