[Arsenal-Monaco] Les trucs de la rencontre

La coupe d’Europe va si bien au cheptel monégasque. Ce parfum enivrant, cette ambiance particulière, le focus d’un continent entier, tout cela offre à nos rouge et blanc un élan de surmultiplié, et alors qu’on les croit moribonds et juste à point pour l’abattoir, ils tombent le masque et se montre sur leur vrai jour : magnifiques et plein de panache. Oui, du panache, il n’en a pas fallut qu’un peu à ces joueurs pour s’imposer 3-1 en terres Londoniennes, chose qu’aucun club Français n’avait jamais fait avant. Du panache, et du génie, celui d’un petit homme chauve portugais, tellement décrié il y a six mois, et porté désormais aux nues pour une énième prestation tactique de haut vol. Mais aussi celui de ses 11 mousquetaires (et les porte-arquebuse sortis du banc), qui se sont livrés corps et âmes, avec talent et complicité. Du panache, il en faudra encore pendant 90 minutes lors du match retour, parce que même si la victoire est belle et l’avance confortable : rien n’est fait. Mais que ce fut bon !

Les hommes du match :

Kondogbia : le nouveau roi d’Angleterre, c’est lui. Nous avions des doutes quand à son retour après sa blessure, sachant qu’il enchaînait les performances moyennes et que sa place était sur un siège éjectable vu les performances de Bakayoko, mais en une rencontre, il a fait taire toutes les bouches. Pire, personne ne s’est rendu compte que Toulalan n’était pas là. Monstre de puissance et de technique, il a considérablement augmenté son volume de jeu, se démultipliant devant la défense en une sorte de muraille infranchissable. Mais plus encore, son utilisation du ballon fut remarquable, diable de précision qui sait combiner à merveille puissance et vista pour conserver et utiliser au mieux la gonfle. Et pour couronner le tout, c’est lui qui ouvre la marque… Thank you King Geoffrey !

Abdenour-Wallace : Difficile de dégager un homme de ce duo qui a malheureusement joué son dernier match ensemble avant un moment. Solide, puissant, intraitable au duel, les deux piliers de la défense monégasque ont encore une fois donner leur santé et leur corps pour protéger les cages de Subasic. Certes ils ont parfois été pris de vitesse par le jeu dans le dos des protégés d’Arsène Wenger, mais sans conséquences fâcheuses cependant.

Léonardo Jardim : On se répète, encore et encore, mais le grand bonhomme du match, c’est lui. Quel entraîneur pourrait s’en sortir de la sorte avec 6 titulaires sur le flanc face à un adversaire prétendument largement plus fort ? Si tout ce qu’il fait ressemble à du bricolage (Fabinho milieu récupérateur, Dirar titulaire et capitaine, Touré titulaire pour son second match pro) il n’en reste pas moins que l’équilibre est d’une très grande cohérence, et son travail en profondeur au sein de l’ensemble de son effectif porte enfin ses fruits : qu’importe les titulaires, qu’importe même leur place sur le terrain (il pourrait presque rendre crédible le fait d’avoir Martial en défense centrale), le bloc équipe est au dessus de tout, le collectif prime. Et quand en plus, ses joueurs ajoutent la dose de panache nécessaire, ça donne une victoire flamboyante !

Tous les autres : se borner à ne garder que 3 joueurs serait faire insulte aux autres, tant chacun a porté sa pierre à l’édifice. Avec en première ligne, le général Moutinho, qui à l’instar de son entraîneur, a essuyé nombre de critiques, et qui a étalé tout son talent et sa rage sur cette rencontre. Premier défenseur, premier attaquant, sa talonnade pour Martial montre à elle seule combien son apport peu friser le génie. Mention spéciale à Martial et Fabinho, autres cibles de la vindicte, et dont l’abattage fut précieux, avec en point d’orgue ce second but dont ils sont les principaux instigateurs. Berbatov a fait du Berbatov, tout en classe et en obscurantisme. Mais tellement précieux. Et que dire de Touré dont c’est le second match en pro, et qui s’en est sorti comme un vieux briscard. Idem pour Subasic, précieux pour calmer les ardeurs londoniennes. Mention plus passable pour Echiéjilé, plus limité quand il s’agit d’élever son niveau de jeu. Quand à Dirar, le capitaine d’un soir, son apport offensif est toujours aussi quelconque, mais il n’a rien lâché en défense, sécurisant son côté. Enfin, que dire des remplaçants ? YFC se procure trois occasions, et claque le but du paradis, bien lancé par Zorro Silva, toujours aussi précieux avec le ballon.

L’image de la rencontre :



Le chiffre qui veut tout et rien dire :

12 : C’est le nombre de litres de sueur transpiré par Pierre Menés mercredi soir devant sa télévision. A cela il faut rajouter les 3 litres de larmes qui ont longement perlées le long de ses joues, suite à la défaite de ses chouchoux d’Arsenal contre le grand-vilain-méchant-défiscalisé-au-jeu-tout-moche-et-chiant Monaco. 

Les réflexions dont on ne vous épargnera pas :

  • C’était quand le dernier grand match à élimination directe d’un club Français en C1  ? Il y a 10 ans, lors de Chelsea-Monaco non ?
  • En fait, la titularisation de Dirar, c’est parce que Jardim a vu qu’on était meilleur en jouant à 10 ?
  • Pas de public ? Pas d’équipe ? Apres cette première mi-temps, que vont pouvoir dire les croque-lardons de la presse franchouillarde ?
  • Et pendant ce temps là, Thiriez vient d’appeller Rybolovlev : « Dmtry, pas la peine de payer 50 millions, si tu restes en Ligue 1, on annule tout ! »
  • En fait Ozil, c’est une sorte de Dirar 2.0 non ?

Les titres auxquels vous avez échappé :

  • Arsenal, noyé dans son Jardim
  • Jardim arséne un grand coup sur la tête de Wenger
  • L’Emirate enfin rouge et blanche !
  • Et du coup, on garde Monaco en Ligue 1 ou pas ?
  • Un maillot bleu et noir, avec des gars en or dedans !