Le tireur isolé – Sous le singe de l’hexagone

Les « tireurs isolés » sont une bande de frappadingues complotistes qui savent chercher la vérité qui se cache sous la vérité, surtout quand elle est ailleurs. Enfermés depuis Jérôme de Bontin dans une sombre cave malodorante, nous les avons libérés il y a peu de temps. Et du coup, ils viennent éclairer notre lanterne en nous montrant que la seule théorie valable, c’est celle du complot…

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Raymond Poulidor doit être content à cette heure-ci. À défaut d’avoir un palmarès conséquent, ce dauphin de la pédale est devenu une icône nationale. Pire, un symbole, une vérité derrière laquelle se vautre lamentablement tout un pays pour cacher ses faiblesses et son inconsistance. La France est un pays dont la mentalité profonde n’est plus à décrier : elle le fait si bien toute seule. Depuis le retour de l’AS Monaco au premier plan du football français, et désormais européen, le Rocher est noyé sous cette mentalité franchouillarde dégoulinante. Mais qui et quoi se cachent derrière ce déferlement discontinu de miasmes ? Nous avons enfin la réponse !

Avant toute chose, qu’est-ce donc que cette « mentalité franchouillarde dégoulinante » qui sert d’écran de fumée à toute cette histoire ?
C’est fort simple, il s’agit du principe quasi immuable qui régit la société française depuis 1789. Il est ici question du faible et du fort, des rapports entre grands et des petits, du positionnement adopté volontairement en contre-plongée et de l’élan populaire qui a suivi.
Car en France, si on aime les gagnants, on vénère ceux qui perdent.
En France, le « petit poucet » est cajolé, admiré, couvé du regard de la bienveillance.
En France, les loosers sont toujours pleins de panache, et les vainqueurs ont toujours de la chance.
En France, le petit « tiers état » au fin fond de son trou a la primeur devant le gros bourgeois et tous ses privilèges.
En France, le grand et gros, le beau et fort, celui qui est au sommet, celui qui réussit, celui qui gagne, celui qui a de l’argent, celui qui a du pouvoir, celui qui a du talent, celui qui a du succès, fini inexorablement par se faire défoncer la gueule.
En France, au lieu de vénérer les vainqueurs et chercher à se dépasser pour aller les rejoindre sur le sommet, l’idéal a atteindre consister à tirer à vue sur ceux qui sont « au-dessus », afin qu’ils puissent venir se vautrer dans la fange avec le reste de la plèbe.
En France, le président est élu pour servir de punching-ball national, le vainqueur d’une compétition sportive populaire est sujet à toutes les controverses et les moqueries à chaque pas qu’il fera de travers, celui qui gagne de l’argent le fait forcément de façon suspecte.

Nous avons eu la cabale contre les avantages fiscaux dès notre retour en L1, avec un cinéma qui a duré une année pleine, durant lequel nombre de présidents nous ont trainé dans la boue, nous les riches, pour au final nous extorquer sur la base d’un pet de mouche une somme exorbitante, dont ils ne savent même pas à quoi elle va servir.
Suite à cela, nous avons été raillés, et taillés en pièce par les soi-disant spécialistes du football, parce qu’à cause de cette patente payée à la Ligue, le président Rybolovlev a décidé la réduction drastique de la voilure financière, et donc du « projet » monégasque. Plus de stars, plus de paillettes, le « sous-effectif » de la Principauté est à nouveau trainé dans la boue, ils ne devaient rien faire en championnat et se faire torcher le fondement en Ligue des champions.
Qu’importe, Monaco est en quart de finale et en lutte pour le podium, voire le titre en cas de victoire en retard contre Montpellier.
Ces grands prédicateurs de l’impossible sont donc dans le faux depuis le début de saison, et au lieu de manger leur chapeau et de présenter leurs excuses, préfèrent s’enfoncer un peu plus dans la projection de miasmes, jetant des orties à la tête du cheptel. La question que nous devons tous nous poser est désormais POURQUOI ?
Pourquoi cet acharnement systématique, quoi que fasse le cheptel, qu’importe les résultats, et les arrangements à l’amiable ?
Pourquoi est-il toujours montré du doigt comme le méchant, comme le pas beau, comme celui qui veut gagner en trichant ?
Et puis surtout, comme dans toutes séries policières qui se respecte : à qui profite ce perpétuel procès à charge contre l’AS Monaco ?

Évidemment, la réponse n’est pas si simple, et il est parfois pervers que de chercher la vérité, surtout quand elle se trouve ailleurs que sous notre nez. Heureusement, ce n’est pas le cas ici.
Dans notre histoire, les principaux protagonistes de cette vindicte en sont aussi les principaux bénéficiaires, par un effet boomerang clairement établi.
Dans notre histoire, le professionnalisme, l’analyse, le jugement, toutes ces notions sont laissées au placard , replacé par la gloire, la renommé, la célébrité, et le temps d’espace cathodique qui va avec. Très important l’espace cathodique, c’est plus facile pour faire avaler n’importe quoi au troupeau.
Car nous ne sommes pas dupes, nous avons clairement compris le petit manège des Menes, Dugarry, Pedros, Jean Foutre et autres grands penseurs à la petite semelle, sombres journalistes qui ont jeté leur professionnalisme aux orties afin de conserver leur place supérieure dans la hiérarchie des bourreurs de crâne. En dénonçant l’AS Monaco comme le gros moche et méchant, ils ne font que jouer le jeu des mécréants de la bienséance populaire, celle qui décapitait des rois au 18e siècle, et qui dès lors ne survit que par ce mode de pensée. En balançant Monaco à la poubelle comme ils le font, ils se donnent le beau rôle vis-à-vis de la plèbe qui aime tant déféquer sur la tête des riches, des beaux et des forts. La populace voit ainsi en ces gens-là des sommités en la matière, car elles leur donnent des miasmes à avaler par tous les orifices. Cristalliser Monaco comme le méchant tricheur du foot français, c’est avoir l’assurance d’aller dans le sens des gens, et donc de garder son petit coin chaud de popularité préfabriquée.

Dernière preuve de ce complot anti-monégasque n’est autre que le vil José Mourinho.
Oui, une preuve irréfutable !
Oui, encore un entraineur portugais.
Oui, encore un homme à la solde du grand capital russe ou de la bourgeoisie espagnole.
Mais cette preuve appartient au passé italien du « Special One ». À l’époque, il a été champion d’Europe avec l’Inter en jouant le jeu le plus sale qui nous a été donné de voir, faisant passer les matchs de l’AS Monaco pour un spectacle du festival du Cirque. À l’époque, le cercle des complotistes de la presse française a pourtant hurlé au génie tactique. Eto’o jouant l’arrière droit en second, c’était fabuleux. L’Inter qui battait le Barça 3-1 avec trois buts en quatre occasions et 20% de possession de balle, c’était une régalade pour tous les estétes. Quand Jardim applique la même sauce avec une équipe nettement moins talentueuse que l’Inter de l’époque, et que ça marche pareil (enfin pour l’instant), cette même presse, ces mêmes prônes misères sont forcé de crier au scandale, à l’emmerdement, au jeu moisi…
Si ça, ce n’est pas une preuve de plus du complot qui nous étreint…

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