Vadim, merci ! (avec toutes nos excuses)

L’an dernier, presque à la même époque, nous claquions la porte du site et de l’AS Monaco. Trop d’investissement pour pas grand-chose. Chercher des idées, faire un article, rédiger une analyse directement après la rencontre… Tout cela n’était plus que perte de temps, denrée déjà fort rare, bien mieux utilisée sur des projets nettement plus passionnants qu’un club devenu aussi intéressant qu’une machine à barbe à papa. Las, nous avons tourné le dos à 15 ans de rouge et blanc. Et à l’heure où l’AS Monaco est champion de France, une première en 17 ans, nous n’avons qu’une imploration en tête : nous serions-nous trompé ? Oui, évidemment.

En avril dernier, nous nous étions donc quittés là-dessus, avec l’aval de nos parfaits visiteurs, quoiqu’un peu tristes pour la plupart.

Désormais, il n’y a plus rien, même quand Suba est nul, quand Love traîne son ivresse sur tout le front de l’attaque, quand Jardim aligne Bouba dans l’entrejeu… Tout cela n’est plus que platitudes et trou d’air à inspiration.

Les ambitions de la direction façon Arsenal de Wenger, à savoir « finir européen chaque année » ne souffrent d’aucune montée d’adrénaline consécutive à un parcours épique en coupe. Gagner des titres, c’est uniquement bon pour les supporters. Désormais, il faut avant tout équilibrer la balance budgétaire.

Que dire des deux dernières phrases ? Tellement juste alors que nous écrivions ces lignes. Et qui résonnent bizarrement ce soir.

Que dire de cette saison, tout bonnement hallucinante, sortie presque de nulle part, avec un tigre redevenu mordant, un MBappé qui a fait oublier tout le reste, un Glik en pièce maitresse, un Bernardo toujours autant Zorro, un Bakayoko ou un Touré qui ont pris 150 points à l’indice de progression… Des recrutements judicieux, et pas chers, une équipe équilibrée, et un Jardim qui peut enfin afficher sa philosophie de jeu. Inconcevable il y a un an. Et pourtant tellement logique…

Alors oui Vadim, nous nous sommes trompé. Tu as su, via un projet solide, conjuguer rigueur budgétaire et titre de champion. Tu as fait taire un à un tous tes détracteurs, les évènements ayant validé tous tes choix. Et même le fait d’engager Lacina Traoré doit surement rentrer dans ce stratagème machiavélique qui a abouti à ce titre de champion tellement inespéré il y a un an de cela. Voire même en début d’année.

Alors oui Vadim, merci. Merci de nous avoir donné tort. Merci aussi de nous avoir affublés du costume du chat noir, qui nous va bien, même qu’un peu chaud en cette saison. Aucun match depuis au stade (une première en 17 ans), seulement deux vu en intégralité à la télé (le 4-0 à Nice, et le 5-3 à Manchester…), et un titre de champion au bout. Notre sacrifice ne fut pas vain, et nous sommes prêts à recommencer dès l’an prochain.

Car ce club ne sera jamais une machine à barbe à papa. Et nous le suivrons du coin de l’œil, quoi qu’il arrive.

Merci Vadim… Merci pour tout.

Et daghe Munegu !