En passant chez le psy

Bonjour, je suis le docteur LAMA. Vous me connaissez peut-être en tant que mascotte de la victoire du cheptel, mais ce n’est pas ma qualité première. Moi, ce que j’aime, c’est le cheptel, les meubles Conforama et la psychiatrie. Donc pour vous, je mixerais mes passions et chaque mois, je ferais des consultations psy, sur un canapé pour les acteurs du monde footballistique du Rocher… ce mois-ci, revenons sur le mercato !

À moins d’avoir vécu au fin fond d’une grotte depuis 3 mois, où si vous étiez resté coincé dans le SAV de chez Confo, vous n’êtes pas sans savoir que le mercato a pris fin le 31 août à minuit. La période des transferts estivaux est un moment particulier. Difficile pour certains, jouissif pour d’autres, indispensable pour beaucoup. Il peut laisser des traces… et quoi qu’il arrive, il faut nettoyer.

Les médias français :

Ooooh qu’ils ont été important cette année. Pas important dans le sens indispensable, non ! En fait, ils se sont octroyé une grande importance dans le mercato, par leur omniprésence et leur parti prix ! Oui oui, vous avez bien lu. Je mets un X au parti prix. Tellement le l’inflation des prix s’est envolée en 2017. Alors que le fair-play financier commence à montrer ses limites, et se voit de plus en plus contourné, le mercato a battu des records d’achats et de ventes. Les recordmans évoluent en Ligue 1, sauf que pour les médias, il vaut mieux acheter que vendre. Et comme inflation, ça rime avec fellation, comme dirait une ancienne femme politique, c’est pourquoi, le Paris Saint Germain a fait 94 % des unes de journaux, des sujets d’émissions et que Nivea a boosté ses ventes. Du coup, le X prend encore plus son sens. Avec la bagatelle de 58 unes relatant les transferts de Neymar et Mbappe, le journal l’équipe pourrait obtenir le hot d’or. Mais il faut bien avouer que la partouze journalistique ne se résume pas qu’à un journal. Canal n’est pas en reste. BeIn aussi. Mais pendant que les journalistes s’astiquent, le Qatar rit.

Diagnostic : Nous avons à faire à un délire érotomaniaque. Un amour délirant, dangereux et une subjectivité exacerbée. Dans le domaine de la santé, on parle souvent de déontologie et d’éthique. Ces deux mots ont subitement disparu du jargon journalistique à l’écriture d’un chèque de 222 millions d’euros. Je préconise donc une cure de jouvence plutôt que de jouissance. Je ne suis pas pour la censure, mais le contenu sensé. Réveillez-vous !

Les supporters :

Le foot est connu et reconnu pour ses supporters dont la mauvaise foi est aussi grande que le nombre de buts marqués par notre cheptel la saison dernière. La période du mercato les rend sensibles au monde extérieur. La moindre annonce, la moindre rumeur, le moindre détail fait part à l’imagination débordante et parfois l’interprétation. Si l’on ajoute à cela, l’effet de groupe, la bonne humeur peut vite laisser place à la colère ou de la tristesse. Le supporter rouge et blanc est lui d’autant plus exposé, sachant que le projet est basé sur le non-attachement aux joueurs. Mais la majorité du temps, beaucoup l’oublie. Et la fin du monde se rapproche un peu plus chaque jour…
Puis un nouveau joueur arrive, et les dirigeants deviennent des génies jusqu’à la nouvelle vente.

Diagnostic : vous l’aurez deviné, on a ici un trouble de l’humeur cyclique. Une bipolarité footballistique exacerbée par les réseaux sociaux. Je préconise donc de prendre sa souris, clic droit sur « déconnecter », ouvrir la porte, inspirer par le nez, expirer par où l’on peut, profitez de la vie, avoir des enfants, ne pas dormir de la nuit, avoir des troubles de l’humeur pour quelque chose d’important. De plus, au vu du projet, j’envoie de suite un courrier à Vadim pour que Lexomil devienne notre sponsor principal.

La Twittosphère :

Les réseaux sociaux nous ont confrontés cet été à l’émergence de nouveaux journalistes d’investigations. Chaque club, et plus particulièrement le nôtre, a vu des personnes « bien » informées se développer. La majorité ont sorti beaucoup d’informations approximatives, soit parce qu’ils connaissaient l’ouvreuse du cinéma de plein air, ou parce que « quand t’es caché derrière le ficus du bureau de Vadim tu n’entends pas très bien, vu que tu coupes ta respiration, toussa toussa ». Que ce soit le PSG, Monaco, et les autres, nous remercions tous ces apprentis informateurs qui nous auront gardés en haleine tout l’été, et même parfois qui nous auront fait rêver. Surtout ceux installés derrière leur écran Plazma, qui fantasment sur un certain numéro 7 portugais.

Diagnostic : N’oubliez pas de prendre vos traitements anti psychotiques. Le dédoublement de personnalité pour favoriser la culture du buzz a ses limites. Ne commencez pas à croire vos propres fabulations. Quoi qu’il arrive, sachez que vous pourrez toujours postuler sur l’Équipe TV, Gilles Favard arrive bien à y être chroniqueur TV. Tout est possible.