(Wagner) Love, Death & formol

Dimanche 23 aout de l’an de grâce 2020… Voilà 1 607 jours que je ne suis plus allé au stade en tant que simple supporter. C’était un Monaco-Bordeaux de triste nature, une défaite horrible qui sonnait le glas de mes amours footballistiques. Après une douloureuse expérience belge un peu avant et une piteuse élimination européenne, un penalty raté de Wagner Love m’avait obligé à faire une chose que jamais je n’avais faite en un quart de siècle de fanatisme : quitter le Louis II avant le coup de sifflet final. Fin d’une idylle, fin d’un cycle… Et pourtant, toutes les fins ne sont jamais vraiment définitives…

Tristesse, encéphalogramme plat et mea culpa

Ce 2 avril 2016 restait donc le dernier match en tribune de ma vie de supporter. J’ai poussé le bouchon un peu plus loin en ne regardant les rencontres à la télé qu’en cas de légitime défense, ou de prétexte pour une veillée fortement alcoolisée. J’avais même pondu un pamphlet pour expliquer à Vadim que sa politique rendait le football insipide et pénible à souhait. Bref, la flamme s’était éteinte. Alors évidemment, le boucan d’enfer en Principauté m’a réveillé une première fois le soir du titre. Liesse, champagne et filles de joie, je suis resté assez loin de tout ça néanmoins. Content, certes, mais fidèle à mon statut de chat noir bien sagement à la niche. Quelques matchs de ci de là à la télévision, et puis s’en va. Je me suis fendu d’un mea culpa de circonstance, bien conscient cependant que ce que nous avions sous les yeux n’était qu’une éclipse très (trop) lumineuse.

La purge, c’est mieux du champagne à la main

Depuis le 2 avril 2016, je n’avais pas posé mon prose à Louis II en tant que simple supporter. Certes, en bon Monégasque, j’ai succombé plusieurs fois à l’appel des buffets de Vadim, ces agapes gargantuesques qui nous font bien vite oublier la nullité du spectacle proposé, le nombre de tirs cadrés encaissés par Subasic, ou les dommages collatéraux suite au 134e dégagement en tribune des milieux récupérateurs. On a subit Ricardo et Guy Lacombe (même si la famille Lacombe s’est bien rattrapée ensuite du côté du basket) à jeun, force est de constater que subir Maître Jardim avec une demi-bouteille de roteuse dans le gosier, c’est nettement plus facile. Durant ce laps de temps, on aura quand même vu la première de Thierry Henry à domicile, et éclusé quelques purges retentissantes, dont la dernière en date, une défaite contre St Etienne malgré un but de Vinicius (mais qui se souvient de lui ?). Bref, seule une incoercible envie de champagne et de petits fours nous poussait au stade, le football était quasiment mort et enterré…

Retour en farce

Et puis d’un coup, paf, sans qu’on ne comprenne comment ni pourquoi, je me suis réveillé en tribune seconde. Il était midi et demi, et j’étais à jeun en plus. Sur le terrain, il y avait Henry et Youssouf Fofana. Des noms qui parlent à mon cœur, mais qui sentent quand même sévèrement le very Vad trip post Limoncello. Point de citron pour autant, mais une vague odeur de viande faisandée qui a macérée un peu trop longtemps dans du formol bas de gamme de chez Lidl. Pire, au milieu surgit un « Tchou -tchou » qui galope partout. « Est-ce bien Tchou-tchou Park ? » brule-pourpoint-je. Mais l’affluence autour de moi n’avait pas l’air de bien comprendre. Probablement que cette étoffe de tissus qui pendouillait sur mon pif ne devait pas vraiment faciliter les échanges verbeux. Mis à part ça, on a pris deux buts débiles, l’arbitre nous a encore bien ramoné le conduit, mais on est revenu au score. Sur twitter, un type qui ne me connait pas m’a traité de « gros bide ». Plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes.

Bref, après 1 607 jours de mort clinique, j’ai posé à nouveau mon fondement sur un siège jaune à Louis II. Mais honnêtement, je n’ai pas tout compris. Il est où est Wagner Love ? Et puis surtout, c’est quoi le COVID ?